MECANISME
Nous allons rapporter rapidement l’idée actuelle du mécanisme de ce genre de mort, afin de nous éclairer sur les modifications anatomo-pathologiques qui la caractérisent.
Les phénomènes de ce genre de mortsont identiques, que l’immersion du corps soit complète ou incomplète, la tête seule, ou même la figure, étant plongée dans le liquide. .
On peut distinguer deux sortes de mort par submersion : la mort subite due à une syncope, invoquée par Brouardel, Lacassagne, et démontrée par Corin en 1900 dans les expériences avec Polis, où il montrait que celte syncope est due à un arrêt de la respiration par un réflexe inhibiteur ayant pour origine une irritation périphérique (eau froide). Le sujet dévant se trouver dans un état préparatoire dénommé par Corin : « faiblesse irritable » consistant en une dépression du centré respiratoire ou une excitation des centres médullaires, conditions réalisées, par exemple, dans l’ivresse ou après une commotion cérébrale.
La mort commuue, rapide, due à la submersion
banale est réalisée par un mécanisme très complexe.
Après avoir invoqué comme cause la replétion de l’éstomac par l'eau avalée (Paul d'Egine) l'accumulation du sang dans les cavités droiles du cœur (Coleman Sprengel). L’apoplexie résultant de la gêne respiratoire (Littré), la conception se fit jour que la mort était due à une asphyxie expliquée d’abord par une occlusion des voies aériennes par la glotte et lépiglotte (Detharding, Beau). On admit ensuile que l’eau pénétrant dans la bouche et les narines produirait un simple obstacle mécanique. |
Mais Sylvius, puis Morgagni, par leurs expériences, montrent la pénétration de l’eau dans l’appareil pulmonaire.
Hoffmann distingua trois périodes au cours de la submersion : un premier stade d’apnée réflexe et un deuxième stade de dyspnée avec de forts mouvements respiraloires et des convulsions désordonnées, enfin, un dernier stade asphyxique, avec arrêt complet de la respiration, perte de connaissance et des réflexes, et après quelques inspirations terminales, accompagnées de convulsions, la mort survient.
Brouardel et Loye, en 1889, voient au contraire cinq phases pendant-celle submersion :
Une première phase de surprise, avec une ou deux inspirations durant 5 à 10 secondes ;
Une deuxième phase de résistance à la respiration par immobilisation due, disent-ils, à une action volontaire s’ajoutant à une action réflexe, d’origine périphérique, durant une minute ;
Une troisième phase de grandes inspirations avec arrêt des mouvements généraux, qui durent une minule ;
Une quatrième phase d’apnée avec perte de la sensibilité et des réflexes, et enfin une cinquième phase formée des trois ou quatre dernières respirations, pendant une ou deux minutes environ.
Margulies ne dislingue au contraire que deux phases : la première : stade de résistance suivi d’une phase de passivilé.
Mais une discussion survient à propos de la détermination du moment de l’inondation pulmonaire, après les expériences de Paltauf, Brouardel et Loye, Wachholz et Horoskiewicz, Revenstorfet Bougier ont admis que l’eau pénètre entièrement avant la phase agonique plus des quatre cinquièmes pénétrant entièrement pendant la phase dyspnéique, contrairement à l'opinion d'Hoffmann, Seydelet Margulies assurant que le liquide ne pénètre qu'aux dernières inspirations. Toutes les expériences que nous avons faites confirment lPopinion générale.
Actuellement, après la découverte de la dilution du sang et du choc alvéolaire (Etienne Martin), on peut dire avec Leclercq, Muller et Marchand, que cette mort est due à un mécanisme compliqué comprenant une asphyxie avec privation d'oxygène, avec, en outre, un choc alvéolaire dû à la pénétration brutale de Peau dans les poumons provoquant des déchirures alvéolaires, et enfin l'apparition soudaine dans l’organisme d’une hydrémie produisant une augmentation et une dilution
FoURAULT 3