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de manipulations préliminaires longues et ingrates. Mais, une fois montées, les méthodes spectrophotométriques permettent de doser le chromoprotéide sanguin très rapidement et avec une grande précision car notre œil apprécie les différences d’éclairement avec assez d’exactitude (26) (ce qui rend minime l'erreur faite sur la mesure optique, mesure qui — comme en colorimétrie — est la moins sensible). On peut, par suite, évaluer lerreur relative maximum donnée par les dosages spectrophotométriques à environ 5 %, et parfois même à 2 % (BRANLY [13], de SAINT- MARTIN [115]) lorsqu'on opère avec un appareil convenable et dans de bonnes conditions.
En résumé, on voit que si l’on ne tient pas compte des difficultés de leur montage, les méthodes de dosage de l’hémoglobine basées sur la spectrophotométrie sont très recommandables (27) ; elles ont malheureusement l'inconvénient d'imposer encore, en dehors du travail préliminaire, la possession d’un spectrophotomètre; aussi, on ne peut généralement recourir à elles que dans quelques laboratoires privilégiés.
Avant d'en terminer avec les méthodes physiques, nous devons signaler qu’on a aussi utilisé, pour doser l’hémoglobine, des méthodes réfractométriques et des méthodes opacimétriques; ainsi, on peut citer les méthodes de HowaRrb [53] et de SroppaRD et ApaIR [122] parmi les premières, et
(26) Et en particulier, mieux que les différences de teinte.
(27) On sait que la spectrophotométrie permet aussi — ce qui en fait surtout l'intérêt — de doser séparément chaque corps coloré d'une solution de plusieurs colorés, et par exemple, de plusieurs composés hémoglobiniques.
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celles de MANTEGAZzA et de BIZZOZERO [11] parmi les secondes.
Ces applications de la réfractométrie et de l’opacimétrie à la détermination des hémoblobinémies étant totalement dépourvues de précision et, par conséquent, d’intérêt, nous nous bornons à les signaler.
$ 2. METHODES GAZOMETRIQUES.
Ces méthodes sont basées sur le fait que l’hémoglobine engendre facilement les composés tels que l’oxyhémoglobine ou surtout que la carboxyhémoglobine dans lesquels une molécule O? ou CO correspond exactement à un atome de fer, et qu’on peut ensuite dissocier complètement ces composés par une action convenable.
Elles se divisent en deux groupes selon qu’est utiisce la formation et la dissociation de l’oxyhémoglobine ou ceïles : de la carboxyhémoglobine.
Voici en quoi consiste le principe de ces méthodes :
A. — Dans celles du premier groupe, on transforme complètement en oxyhémoglobine (simplement par une bonne aération) l’hémoglobine d’une volume connu du sang étudié, puis on soumet cet oxyhémogiobine à l’action du vide barométrique, combinée ou non à celle d’un ferricyanure ; ceci suffit pour dissocier entièrement cette oxyhémoglobine; on déduit alors facilement l’hémoblobinémie cherchée de la mesure de la quantité d’oxygène dégagée, compte tenu de la minime proportion de ce gaz qui était, d’autre part, dissoute dans le plasma.
Quelques méthodes de ce groupe font toutefois exception à ce mode opératoire, loxyhémogiobine n’y étant plus dis-
sociée, mais dosée directement par un réducteur convenable ce qui revient à réaliser indirectement la précédente mesure d'oxygène.
B. — Dans celles du deuxième groupe, on fait agir sur le sang non plus l’air mais l’oxyde de carbone; c’est alors la mesure du volume de CO donné par dissociation ultérieure de la carboxyhémoglobine formée qui permet le caleul de l’'hémobloblinémie, ce qui évite la correction de tout à
l'heure.
Les plus connues des méthodes gazométriques de dosage de l’hémoglobine sont:
I. — D'une part, quelques méthodes relativement anciennes telles que:
1° Celle de GRÉHANT [40], méthode type du premier groupe, qui est actuellement complètement tombée en désuétude en raison de sa faible précision et de ce qu’elle exige pour chaque dosage beaucoup trop de sang (30 cm“).
2° Celle dans laquelle on dose l’oxyhémoglobine par une solution convenable d’hyposulfite de sodium, selon le procédé indiqué par SCHUTZEMBERGER et RissLER [118] pour doser l’oxygène; bien qu’elle soit très précise lorsqu'elle est correctement appliquée (28), cette méthode est cependant rarement utilisée car elle est peu pratique.
3° Celle de HALDANE [42], basée sur la dissociation de l’oxyhémoglobine par le vide et le ferricyanure de potassium, et s'appliquant à l’aide d’un petit appareil volumétrique approprié (29). Cette méthode est d’une assez grande exactitude, mais elle a l'inconvénient de nécessiter environ 25 cm° de sang par dosage, ce qui est souvent gênant.
4° Celle de Niccoux, dans laquelle on passe par l’intermé-
(28) Erreur relative moyenne de 1 % (LAMBLING [70]). (29) Appareil mis au point par le même auteur.
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diaire de la carboxyhémoglobine, le CO libéré étant dosé avec l’eudiomètre du même auteur [92]. Meilleure encore que celle de HALDANE (30), la présente méthode a malheureusement, elle aussi, le défaut de demander beaucoup de sang (20 à 25 cm° par détermination).
IL. — D'autre part, des méthodes utilisant « l’appareil volumétrique » de VAN SLYKE ou son « appareil manométrique » (perfectionnement du précédent), et qui par suite sont modernes, ces deux appareils n’ayant été inventés et mis au point qu’assez récemment [133, 134]. Les plus importantes d’entre elles sont :
1° Celle de LuNDsGaARD et MÔLLER [78], dans laquelle on mesure, grâce à l'appareil volumétrique, l'oxygène dégagé par 2 cm de sang sous l’action du vide et du ferricyanure de potassium.
2° Celle de VAN SLYKE et NEILL [136], simple amélioration de la précédente.
3° Celle enfin de VAN SLYKE et HILLER [135], utilisant de préférence l'appareil manométrique, et dans laquelle c’est un sang préalablement saturé non plus d’oxygène mais d'oxyde de carbone que l’on soumet à l’action du vide et du ferricyanure de potassium.
Toutes ces méthodes modernes présentent le gros intérêt d’être en même temps très pratiques — et cela, d’autant plus qu’elles ne demandent que 0,2 à 2 cm* de sang par dosage —-et d’une remarquable précision, leur précision atteignant en-effet 0,25 % (d’après PETERS et VAN SLYKE [99]). Aussi, elles ont à peu près complètement supplanté les méthodes gazométriques anciennes.
Ce que nous venons de dire des méthodes gazométriques
(30) Elle ne donnerait pas, en effet, selon FonNTÈs et THIvor.- LE [38], plus de 2,5 % d’erreur,
modernes de dosage de l’hémoglobine les fait, de ‘prime abord, apparaître comme idéales; rien n’est pourtant moins vrai en réalité.
En effet, ce que toutes les méthodes gazométriques, tant anciennes que modernes,dosent véritablement dans un sang, c’est la quantité maximum d’oxygène (où, ce qui revient au même, d'oxyde de carbone) que l’hémoglobine d’un volume donné de ce sang — 100 cm‘ par exemple — est capable, in vitro, de fixer; autrement dit, c’est, en toute rigueur, la « capacité respiratoire » de ce sang. Etant donné les propriétés de l’hémoglobine (voir pages 14 et 35), cette capacité respiratoire R devrait évidemment, quel que soit le sang considéré, correspondre exactement à l’hémoglobinémie H de ce sang; or, on s’est souvent rendu compte (de SAINT-MARTIN [116]) qu’en pratique cette correspondance n’était pas toujours assurée et que l’on pouvait n’avoir entre R et H qu’une proportionnalité variant selon les espèces animales et surtout selon les conditions physiologiques; aussi, comme l’a dit le premier de Saint-Martin (loc. cit.), « toute méthode de dosage de l’hémoglobine basée sur la détermination de la capacité respiratoire du sang peut être radicalement fausse ».
Toutefois, certains travaux plus récents tels que ceux de PETERS [100] et de FonNTÈSs et THIvoLLE [35], infirmant les observations précédentes, assurent que pour tout sang normal on aurait entre R et H une concordance absolue et répondant en particulier exactement à l’équivalence de la molécule d'oxygène (ou d'oxyde de carbone) à l’atome de fer. Quoi qu’il en soit, lorsqu'il s’agit de sangs pathologiques, le chromoprotéide sanguin pouvant être plus ou moins altéré, et par suite, pouvant avoir plusieurs de ses
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propriétés modifiées (31), la phrase de de SaINT-MARTIN citée ci-dessus garde toute sa valeur comme on l’a reconnu nctamment, dans l’anémie infectieuse (PraszEcx [106]). Remarquons néanmoins que pour FonTÈs et THIVOLLE [37] s’il est vrai que certaines méthodes gazométriques (et par exemple celle de HALDANE [42]) soient fréquemment inexactes lorsqu'on s’en sert pour déterminer l’hémoglobinémie des sangs anormaux, il n’en serait pas de même pour celle de Niczoux [92] qui resterait très juste dans tous les cas; cette dernière méthode présente malheureusement, nous l'avons déjà signalé, l'inconvénient d’exiger beaucoup de sang.
En définitive on voit qu’il est toujours préférable de rejeter les méthodes gazométriques quelles qu’elles soient lorsqu’on veut mesurer une hémoglobinémie proprement dite, surtout si le sang n’est pas normal (32); par contre, lorsqu'on s'intéresse aux capacités respiratoires elles-mêmes, ainsi qu’il arrive souvent en physiologie, on doit autant que possible faire appel aux méthodes gazométriques modernes qui sont alors les méthodes par excellence.
Dans les recherches cliniques, le dosage de l’hémoglobine ayant surtout pour but de déceler les états anémiques et
(31) Sans qu'aucune de ces modifications porte, bien entendu, sur les valeurs f, car toute perte de fer par l’hémoglobine ne peut se produire qu’au prix de la destruction de ce chromoprotéide.
(32) Selon BrcarT [10], souvent le chromoprotéide sanguin arrive même jusqu’à présenter, dans le cas de sangs pathologiques, des anomalies de ses propriétés optiques. De ce fait, tout dosage d’hémoglobine réalisé par l’une quelconque des méthodes physiques est alors complètement faussé; par suite, toute méthode physique devrait également être écartée lorsqu'il s’agit de mesurer des hémoglobinémies proprement dites, et seules les bonnes méthodes ferrométriques seraient susceptibles de toujours en assurer l’exacte détermination,
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d’en suivre l’évolution, les méthodes gazométriques seront donc à délaisser; seules, en effet, les modifications des hémoglobinémies proprement dites traduisent vraiement limportance réelle de l’anémie.
$ III. —— Méthodes basées sur le dosage du fer.
On sait (nous l’avons déjà rappelé page 12) que la proportion de fer trouvée à l’analyse de l’hémoglobine d’une espèce animale donnée est constante. On sait aussi que tout le fer existant dans le sang est, pratiquement, de nature hémoglobinique; en dehors du fer de l’hémoglobine, le sang ne renferme en effet que les proportions tout à fait négligeables de ce métal qui correspondent: pour une part, au «-fer circulant plasmatique » — dont le taux n’atteint que 2 mg. par litre dans les appréciations les plus larges (Fox- TÈS et THIVOLLE [36], HENRIQUEZ et RocHE [49] et ne dépasse même pas 0 mg. 2 par litre dans celles d’ABDERHAL- DEN et MÔLLER [3] —., et pour l’autre, aux infimes traces de fer que possèdent les leucocytes. Dès lors, on voit qu’il suffira de connaître le pourcentage f du fer dans l’hémoglobine d’un sang donné pour pouvoir déterminer par ferrométrie l’hémoglobinémie de ce sang.
Il y a longtemps que la teneur en fer f relative à chacune des principales espèces animales à hémoglobine a été établie avec une précision qui, d’abord assez relative, est rapidement devenue très suffisante pour permettre des dosages d’hémoglobine corrects; aussi, on a fréquemment dosé le chromoproteide sanguin de ces espèces par ferrométrie et les méthodes préconisées pour ce faire abondent dans les publications. Naturellement, comme on ne dispose toujours du. matériel sang que d’une façon limitée, et com-