LEURS RAISONS
À. — Lorsqu'on dose colorimétriquement l’hémoglobine par le sulfocyanure ferrique, il faut évidemment éviter tout apport étranger de fer; aussi, comme WonG le recommande, nous nous sommes assuré que tous nos réactifs étaient parfaitement exempts de fer quand nous avons entrepris l’application de sa méthode.
Pour cela, nous avons simplement recouru à la réaction
LR = colorée servant de base à cette méthode (54); nous n’avons ainsi décelé de fer que dans l’acide sulfurique concentré courant que nous avions d’abord utilisé, d’où notre emploi constant, par la suite, d’acide sulfurique pur Poulenc, type Congrès (d — 1,83), qui s’est toujours montré exempt dé fer.
Mais, cette question des réactifs réglée, un apport de fer étranger, parfois important, peut encore se produire de façon tout à fait fortuite et entraîner de sérieuses erreurs par excès: c’est celui dû à la filtration du précipité tungstique à travers des papiers-filtres imprégnés de ce métal.
Au cours des dosages dont nous avons résumé les résultats ci-dessus (tableau II), WoxG n’ayant donné aucune indication spéciale relative au papier-filtre qu’il employait, nous ne nous étions nullement inquiété de tels apports. Or, nous utilisions dans ces dosages des papiers-filtres F, (filtres définis dans le tableau IIT) qui abandonnaïent une notable proportion de fer. Nous nous en sommes heureusement bientôt rendu compte en pratiquant, avec des réactifs chez lesquels nous venions de constater l’absence complète de fer, des dosages à blanc en suivant tous les détails de la technique de WonG. Nous obtinmes en effet ainsi — ce qui démontrait bien l'apport inopiné de fer dû à la filtration — une nette coloration rouge de sulfocyanure ferrique en nous servant des papiers-filtres F,, et plus généralement, de tous les papiers-filtres courants, tandis que nous ne pouvions mettre aucune trace de fér en évidence si nous supprimisns
la filtration.
(54) Cette réaction étant très sensible, et sa sensibilité pouvant encore être augmentée par concentration du sulfocyanure ferrique — Jorsqu’il s’en forme — dans quelques gouttes d'oxyde d’éthyle.
Nous avons eu la curiosité de déterminer approximativément quelle pourrait être, dans l’étude d’un sang, la quantité de fer attribuée en trop à ce sang à la suite d’une filtration à travers les divers papiers-filtres courants. Nous l'avons fait en nous conformant aux conditions habituelles de la technique de WonG, c’est-à-dire en filtrant, dans des dosages à blanc, 25 cm° environ de liquide à travers chacun des papiers examinés dont nous utilisions un disque de 10 cm. de diamètre; sur 20 cm° de filtrat, nous faisions alors la détermination colorimétrique habituelle. Nous avons aussi calculé, d'autre part, la quantité absolue de fer ainsi abandonnée par ces filtres.
Nos résultats sont rapportés dans le tableau II.