‹ Sur le peuplement entomologique de l'Asie CentraleChapitre 16 sur 74 · A AT ES · texte numérisé non relu

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c) par l'Etsin Gol et la région de Sou Tchéou, une prise de contact avec les glacis de Kansou, zone de tränsition botanique entre la Chine proprement dite et les régions isolées de l’intérieur ;

d) le môle des Pei Chan, frontière de Turkestan Chinois.

C) Le tronçon oriental dans le Turkestan Chinois, nous mettant en rapport avec des unités diverses :

a) La ligne des oasis du Nord, de Hami à Aksu, de la dépression sérindienne occupée essentiellement par le bassin du Tarim.

b) La plaine dzoungare, région de mélange entre les influences mongoles et les influences aralo-caspiennes.

c) Les Monts Célestes, entrevus plus qu'explorés à Bie Ango où nous entrons en contact trop court et trop limité avec la flore et la faune des hauts massifs de l'Asie Centrale. Ces régions diverses nous mettent en présence de deux zones majeures:

1) Une zone septentrionale, rencontrée à l'Est, aux environs de Pei ling Miao, à l'Ouest autour d'Urumchi, où nous retrouvons des tendances botaniques semblables, caractère steppique avec présence des mêmes espèces végétales, Sighi, Iris, Calligonum, etc...

2) Une zone méridionale, caractérisée par l’extension est-ouest parallèle à la première, mais formée d'éléments différents, Zizyphus, Asclepias, Apocynum grandiflorum, Alhagi, ete... et faisant sauter aux yeux l'évidence d'une continuité géographique intime entre la région du Kansu et les oasis du Sin Kiang méridional.

3) A la limite des deux, une aire désertique continue où se manifestent au hasard des lignes d’eau, les influences et les pénétrations d'éléments végétaux venus de ces deux zones, avec prédominance des influences méridionales dans le Gobi, des influences septentrionales dans le Pei Chan et en tous cas caractérisée par le rappel constant, tout le long de la route de tendances botaniques prodigieusement uniformes au point que dans cette partie de l'Asie on pourrait aller jusqu’à dire : même milieu, même flore :

Dunes : Sarcozygium.

Glacis el rochers : Calligonum, Atraphaæis.

Terres douces : Zygophyllum, Iris.

Terres salées : Nitraires et Saxaouls.

Loess : Alhagi, Sophora.

puissante monotonie des peuplements d'Asie Centrale, étendant de Kalgan au Sin Kiang les mêmes espèces végétales, immuablement semblables sur des milliers de kilomètres.

Le Populus euphratica, en Asie Centrale :

Comme le signale plus haut la note du P. Teilhard de Chardin, la présence en peuplements épais, sous forme de forêts galeries du Populus euphralica — bifolia, sur les berges de tous les grands cours d’eau du bassin du Tarim, est un des éléments les plus caractéristiques de la végétation de cette contrée.

Jusqu'à ces derniers temps, les comptes rendus descriptifs de voyage en Asie Centrale, quand ils abordaient cette question se plaisaient à signaler le caractère énigmatique de la présence de cet arbre au port singulier dans cette région de l’Asie et la discontinuité remarquable de son aire de distribution géographique.

Décrit de Mésopotamie sur les bords de l’Euphrate, retrouvé successivement par Przewalsky, Bonvalot, Dutreuil de Rhins et Grenard au Lob Nor, par Potanin sur le bas Etsin Gol, les peuplements du Populus de l’'Euphrate ont été également signalés de tous les oasis du Sahara Central, celui de Kufra en Tripolitaine, ceux du Sud Tunisien et du Sud Algérien, et à Haçi Safsaf (Bourcart). Sahara Central, Mésopotamie, Lob Nor, voilà certes une opposition frappante entre une aire d’immense étendue et une singulière discontinuité. Mais en tenant compte des autres localités connues de cet arbre, nous allons voir cette discontinuité faire place au contraire à un problème de continuité qui est l’un des faits les plus marquants des peuplements de l’Eurasie.

Dans les matériaux de l’herbier du Muséum le Populus euphralica Oriv. est signalé des localités suivantes :

Chien Fou Teng (Kan Su) Cha Tchéou (15 août 1908) (Pelliot-Vaillant).

Kutchar (mêmes auteurs).

Tarim (Bonvalot et Henri d'Orléans).

Mongolie Orientale : Lob Chotan Choria (Przewalsky).

Songorie (Kar et Kir).

Ordos (Przewalsky).

Perse (Ballanger).

Himalaya Oriental (altitude 11.000 pieds) (Hook et Thomson).

Mésopotamie et Tigre.

Syrie, Côte Orientale de la Mer Morte.

D'autre part, ce peuplier m'a été signalé des bords du Syr Daria par M. Hacquin, directeur du Musée Guimet, où il l'a observé au cours de ses voyages archéologiques en Afghanistan et en Perse, et également connu par les Mongols (Princesse Nirjidma de Torghout) autour des points d’eau de la plaine Dzoungare située au-dessous de la limite approximative de 1.000 m., qui est également celle à laquelle on le rencontre aux

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Ordos, sur l'Etsin Gol, le Su Lo Ho et les fleuves du bassin du Tarim. Dans ces conditions, quelle que soit sa dissociation actuelle, du fait de l'évolution désertique de ces contrées, il est impossible de ne pas voir la continuité relativement récente des peuplements de cet arbre, caractéristique de la partie méridionale des steppes de l'Ancien Monde avant l'aggravation du régime désertique de ces contrées.

Fig. 7. — Carte de distribution du Populus euphratica Ouiv.

1 : Centre de distribution principal occupant les bas cours du Tarim, du Konche et de l’'Aksu Darya, le voisinage du Lob Nor, les bassins inférieurs de l'Etsin Gol et du Su lo Ho. 2 : Ordos. 3 : Dzoungarie chinoise. 4 : Syr Daria. 5 : Perse septentrionale. 6 : Himalaya occidental. 7 : Mésopotamie. 8 : Syrie. 9 : Oasis de Koufra. 10 : Sahara central et septentrional.

Cette extension (Afrique du Nord, Asie Centrale, Indhoustan occidental) mise en parallèle avec la distribution des Tamarix dont l’aire, plus étendue vers le Nord et l'Est, accompagne et englobe l'aire de distribution du Toghrak, jalonne au contraire fort bien la large continuité des peuplements méditerranéens (au sens large) sur toute la partie moyenne de l’Ancien Monde, de Mongolie au Sahara à travers l'Asie antérieure. Cette même aire, nous allons la voir de façon aussi frappante, couverte par les distributions de certains groupes d'insectes coléoptères, notamment les tribus de Ténébrionides caractéristiques commun de la région Médi-

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terranéenne et de l'Asie Centrale (Blaptinae, Akidiinae et surtout Pimeliinae).

Avant d'en terminer avec la question du Populus de l'Euphrate nous en signalerons l'étude spécifique qu’en a -faite Dode dans son travail sur le genre Populus (sous-genre Turanga où il subdivise l'espèce euphratica Ouv dans les jordanons suivants : Ariana Dove (Perse), maurilanica Dove (Oran), diversifolia Scur (Altaï), euphratica Ouv s. str (Palestine, Judée, Mésopotamie, Otamié, Kurdistan, Perse), Bonnetiana Done (Sud Oranais, oasis du Sahara), c'est, ajoute Dode, le peuplier du Sahara et en Lifwinowiana Done (Perse, Mongolie, Nord de l'Inde) le Toghrak de l'Asie Centrale.

Sa présence dans l’ouest de l'Himalaya à l’altitude de 11.000 pieds (3.300 m.) signalée par Hook et Thomson est sans doute la traduction de l’action de l'élévation de température sur la forêt de cette contrée entraînant le relèvement en altitude des diverses zones climatiques sur les chaînes de montagnes des régions subtropicales pour chercher en quelque façon la latitude en altitude.

En signalant la découverte par Sven Hedin de restes fossiles de Populus voisin de l’euphratica dans le Sin Kiang Méridional, nous poserons la question de l'origine possible de cette espèce dans la contrée même où elle reste caractéristique de la flore, et dont elle serait partie essaimant largement, à la conquête du monde méditerranéen occidental.

Le Chameau sauvage.

Avant de quitter cette région du Tarim à laquelle la forêt galerie de Toghrak et de Tamarix imprime entre les murs blonds des dunes du Taklamakan un caractère si spécial, nous signalerons en passant une des questions laissées en suspens par les premiers voyageurs au Lob Nor (Przewalsky, Bonvalot), celle de l'existence en petites hardes de 19 à 20 têtes d'un Camelus bactrianus sauvage dans le bassin du Tarim. Bien qu'ils ne les aient pas rencontré lui-même, Bonvalot, dans son ouvrage de Paris au Tonkin à travers le Thibet inconnu, n'hésite pas à trancher la question en faveur de l'existence de cette espèce sauvage sur la foi des témoignages des habitants de cette région et un fragment de peau qu'il avait rapporté. Pourtant il demeurait un élément de doute sur la question de savoir s’il s'agissait bien de l'espèce sauvage du Chameau de Bactriane ou bien de chameaux « marrons » ainsi que les désignent les caravaniers, c'est-à-dire de chameaux domestiques évadés et retournés à l'état libre. Cette question doit être considérée comme tranchée de façon définitive par Sven Hedin qui apporte en faveur de l'existence d’une forme authentiquement sauvage de Camelus bactrianus ferus décrit par

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