‹ Sur le peuplement entomologique de l'Asie CentraleChapitre 20 sur 74 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

L'ensemble du voyage nous a permis de prendre contact avec les unités principales de la Chine intérieure, celles des bassins fermés sans écoulement à la mer : la Mongolie, le désert de Gobi, le Sin Kiang, les Mont du Ciel gravis le 3 août 1931. La structure générale du pays, les aspects de la végétation, les caractères principaux de la flore et de la faune nous sont apparus aux saisons favorables de juin dans le Gobi, de

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juillet au Sin Kiang, d'août dans les Tian Chan. La route du retour, à travers les éclipses des longues étapes de nuit nous aura fait sentir le caractère très dur de l'hiver chinois, la destruction de la flore et de la faune entomologique, la vie précaire des mammifères, troupes de gazelles éparses au Sin Kiang et Kan Su ou troupeaux de milliers de têtes rassemblées contre le froid et la menace des loups en Mongolie herbue, dans les steppes autour de Batkhalin, de Pei Ling Miao, de Bol Tai Miao et de Shara Muren. C'est cette précarité de la vie en hiver, ce long sommeil du désert pendant les mois d'octobre à mai, qui accusent, au printemps mongol, le contraste de l'épanouissement simultané des plantes et des insectes avant la fournaise des mois de juillet-août. Régime continental aggravé qui imprime à la végétation et à la faune des bassins d’Asie Centrale leur caractère résiduel, où ne survivent avec des modes d’adaptation très nets aux conditions défavorables de sécheresse, que des groupes privilégiés, en petit nombre, parmi quantité d'autres que le désert repousse ou extermine. Vie temporaire, au ras du sol, avec des faunes et des flores spécialisées à la vie dans les bassins steppiques ou désertiques, aux sols pauvres, ou chargés de sel, de salpêtre ou de magnésie des bassins d’évaporation, faune et flore limitées aux groupes et aux espèces qui peuvent tolérer ces conditions spéciales et en général défavorables à la vie, mais groupes privilégiés alors par leur adaptation même, qui leur assure l'exclusivité du peuplement de ces régions ingrates, ce qui explique, avec les extensions généralisées d'espèces végétales couvrant des dizaines de milliers de kilomètres carrés, l’extraordinaire explosion des éclosions printanières et la pullulation des peuplements en mai, où chaque herbe est une fleur, où parmi les graviers courent les insectes en vie, où le violet des prairies d’iris répond à l’orangé des bassins en fleurs des Zygophyllées et du Sarcozygium, aux collines couvertes des fleurs roses des Afraphaxis et aux terrasses que colorent en mauve les corolles épanouies de l'Xedysarum, Huit jours d'épanouissement fugace entre deux saisons de mort, floraison du Plateau Mongol et des Gobis brûlés de l'intérieur, passage souverain du printemps sur ces terres de glace et de feu.

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