‹ Sur le peuplement entomologique de l'Asie CentraleChapitre 21 sur 74 · ESSAI D'ÉTUDE RÉGIONALE DE, LA CHINE CENTRALE · texte numérisé non relu

ESSAI D'ÉTUDE RÉGIONALE DE, LA CHINE CENTRALE

Dans l’état actuel de l'exploration de l'Asie Intérieure, il est absolument impossible de prétendre donner un catalogue complet des espèces animales et végétales et de leurs extensions précises. IL s’en faut que même la région de Pékin ait été explorée complètement au point de vue entomologique et, à quelque cent kilomètres de cette ville, on trouve des localités où sans doute aucun naturaliste n'a encore accédé. Pour ce qui est de l'intérieur, c’est d'immenses plages blanches que laissent entre eux les itinéraires pourtant nombreux des voyageurs et, en dehors d’eux, c'est la topographie même qui n’est encore dégagée qu'avec la plus extrême imprécision et avec des erreurs qui, pour certains points, peuvent atteindre et dépasser le demi-degré. Mais les travaux du siècle dernier et du début du xx° ont cependant atteint déjà une densité et une précision suffisantes pour permettre de dégager quelques faits généraux du peuplement et mettre en évidence les tendances les plus importantes.

En passant en revue les principaux travaux sur la Chine du Nord et la Chine Centrale il nous sera permis de les souligner.

Il est nécessaire cependant de mentionner d'abord un certain nombre de matériaux des plus importants et encore inédits dont le dépouillement pourra donner un grand enrichissement de nos connaissances sur l'Asie. Ce sont :

1) Les matériaux des Missions Soviétiques en Mongolie extérieure, notamment ceux des missions du grand naturaliste et explorateur Kozlov, dont nous devons regretter la perte récente, et l'étude des matériaux des Musées d'U. R. S. S. dont la publication éclairera les régions encore très mal connues de la Mongolie septentrionale, notamment les régions de Kobdo, d'Uliassutai, de Khiatka, du Tarbagatai et des Semirietche (Monts des sept rivières).

2) Tous les matériaux zoologiques encore non publiés des Missions d'Andrews en Mongolie, promettent une abondance de renseignements faunistiques sur la région de Chap Ser (Mongolie sud-orientale), les deux itinéraires majeurs de Mongolie, celui de Kalgan à Urga et de Kalgan à Uliassutai, ainsi que les districts si mal connus de l’Altai Oriental.

3) La partie non publiée des apports des Missions Sven Hedin en Mongolie Intérieure, c’est-à-dire l'itinéraire de Kalgan à Shandei Miao et Mao Meihsien à travers le Gobi Méridional (itinéraire de 1927-1928) et le dernier voyage de Sven Hedin en 1933, reprenant en direction du Turkestan chinois l'itinéraire de Victor Point.

4) L'énorme matériel, pour la plus grande part inédit, des itinéraires du R. P. Licent, rassemblant au Musée Pei Ho-Hoang Ho à Tien Tsin des collections botaniques et zoologiques de tous les ordres, récoltées par lui au cours de 20 années d'exploration en Chine orientale et septentrionale et couvrant le Jéhol, la Mandchourie, le Grand Khingan {limite naturelle orientale du Plateau Mongol proprement dit), la région du Dalaï Nor, la majeure partie des bassins des fleuves Hoang Ho et Pei Ho, l'Ordos, le Kan Su oriental, et la région du Ku Ku Nor jusqu'au TFsaidam Thibétain et aux frontières du Sin Kiang méridional. Il m'a été possible, dans une courte semaine de travail à Tien Tsin, grâce à l'accueil du R. P. Licent, de prendre la mesure de cet énorme ensemble documentaire actuellement en cours d'étude sous sa direction et de m y référer pour un certain nombre de localités et de distributions.

Les conclusions de ce travail, en l’absence du dépouillement de ces matériaux, ne sont donc pas une étude définitive, mais bien plutôt une mise au point temporaire de l'état de nos connaissances actuelles, sur des régions encore mal connues de l'Ancien Monde, mise au point destinée d’abord à apporter une contribution à la connaissance de cés régions et qui cherche à faciliter les travaux ultérieurs.

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