‹ Sur le peuplement entomologique de l'Asie CentraleChapitre 32 sur 74 · ÉTUDE DES PIÈCES GÉNITALES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES PIÈCES GÉNITALES

L'étude des pièces génitales pour la distinction spécifique des hyménoptères a été utilisée par Ch. Pérez pour un grand nombre d'hyménoptères térébrants (Tenthredinae, Ichneumonidae) dans de nombreux travaux, Travaillant à son tour sur les Coléoptères, le Pr. René Jeannel, dans sa thèse chez les Catopides et ses travaux sur les Trechinae, l’a utilisée pour l'étude de la différenciation des lignées, en parallèle avec leur distribution géographique pour dégager l’histoire et les voies des peuplements.

Les Genitalia des Coléoptères ont fait l’objet d’un travail d'ensemble de Sharps et Muir, tandis que M. de Peyerimhoff s’en est servi pour l'étude des Pachychile (Tentyriinae) du bassin de la Méditerranée Occidentale et du Nord de l'Afrique.

La technique de l'étude des Genitalia (dissection et inclusion dans la glycérine pour l'examen au binoculaire) a été mise au point par le professeur R. Jeannel.

Utilisant cette technique, j'ai disséqué un certain nombre d'appareils génitaux de Pimelinae, d'une part, puis des quatre autres tribus mentionnés dans ce travail (Adesmiinae, Akidinae, Blaptinae, Tentyrinae). J'aurais souhaité faire une étude comparative des organes génitaux des différents genres d'Asie Centrale, mais cette étude s'est heurtée à des obstacles de deux sortes :

1) la rareté du matériel et l'impossibilité de disséquer les exemplaires les plus rares qui avaient été confiés par des Musées étrangers ;

2) l'extrême prédominance des femelles sur les mâles, la proportion atteignant par exemple chez les Pimelia et les Platyope celle de 8 à 10 pour un (ÿ

Ces conditions m'ont contraint à me limiter à donner quelques types de pénis d'espèces ou de genres caractéristiques des diverses tribus considérées.

Ces types sont figurés sur les planches ci-après.

Nous devons signaler d’abord avec Sharp et Muir, et avec M. de Peyerimholf, le caractère primitif de l'organe des Tenebrionidae. Ces auteurs signalent en effet d’abord que l'organe des Tenebrionidae n’a pas subi l’évolution par torsion et retournement si caractéristique de l'organe

des Adephaga (R. Jeannel), mais que le conduit éjaculateur est resté en haut et que l'organe est dans la”position primitive. D'autre part Peyerimhoff signale la faible évolution de l'organe g* chez les Pachychile et l'homogénéité de sa forme dans ce genre où il imite la forme grossière d’une plume à écrire.

C’est cette forme que nous retrouvons chez les organes de Tentyria figurés ci-contre, fig, 15 et 16. — Tentyria grossa Bessur et Tentyria laevigala STE.

Une comparaison entre les organes (3° des diverses tribus considérées nous montre que le type général de l’organe des Mélasomes varie peu, et seuls s’en écartent sensiblement les Blaps où la pièce centrale est beaucoup plus volumineuse, élargie et lancéolée à l’apex, compliquée de replis, tandis que les paramères se réduisent relativement, devant plus ténus, et plus grêles, les lobes spatulaires terminaux étroits, atténués et glabres.

La comparaison des dessins est à ce sujet plus éloquente que toute description, mais il y a encore plusieurs points importants sur lesquels il est important d'attirer l'attention.

Chez les Adesmia où l'organe est relativement long et étroit, le pénis est très grêle, aciculé, terminé par une pointe aiguë qui dépasse souvent l'abdomen des (jf comme une fine épingle. Les paramères de l'aspect général de celui des Pimelia est glabre à son bord postérieur, alors qu'il est cilié chez les Pimelinae ce qui peut être interprété comme un caractère plus primitif. Il est intéressant à ce sujet de signaler combien l’organe des Adesmia est voisin de celui des Pimélines dont elles se rapprochent également par l'aspect général, ce qui ferait apparaître la souche des Adesmiinae comme avoisinant celle des Pimeliinae.

Chez les Afkidini nous noterons au contraire l’élargissement du lobe médian, les lobes spatulaires des paramères et l'extrémité péniale également ciliés, mais les paramères relativement réduits, ce qui tend à les rapprocher du type Blaps.

Le type le plus primitif des organes considérés semble bien être celui des Pimeliinae. Il présente un pénis en ellipse allongé présentant deux parties, un lobe postérieur excavé en cuiller, et la pointe en ogive plus ou moins aciculée donnant passage au conduit d'émission, Nous devons signaler chez les Pimeliinae deux apophyses latérales pointues, subparallèle au corps de l'organe et qui font défaut chez les autres tribus considérées. Ces organes sont de très petite taille chez Przewalskia dilatata et inanquent dans l'organe de Platyope gobiensis Friv. Ils sont présents dans les autres espèces ou genre de Pimeliens étudiés.

L'organe femelle que nous avons figuré chez Ocnera hispida Forsx., Platyope gobiensis Friv., et Pferocoma Loczyi Friv., est formé essentiellement d’un anneau membraneux chitinisé et terminé par deux pièces coniques, fortement chitineuses.

DISTRIBUTION DES BLAPTINAE

La tribu des Blaps, de distribution paléarticque, répandue sur la partie Nord de l'Ancien Monde, sur une aire de répartition qui dépasse largement tant au Nord qu’au Sud l'extension des Pimélies et des Akis, comprend dans cette région 12 genres et 339 espèces, dont 189 pour le seul genre Blaps K. qui couvre à lui seul toute l’aire de répartition, et 109 pour le genre Prosodes EscascH., étroitement localisé aux régions circa-Pamiriennes de l’Asie Centrale, les autres genres ayant plutôt le caractère de sous-genre dans cet ensemble massif beaucoup plus homogène que celui des Pimeliinae. Ce sont des insectes de formes allongées, presque jamais globuleuses, de tégumentation sombre beaucoup moins épais que les téguments des Pimélies et paraissent à la fois moins variables et moins évolués.

La tribu des Blaplinae a son exact correspondant en Amérique du Nord dans la tribu des Æleodinae de Blaisdell, qui sont les Blaptinae américains. Les formes des Æleodes calquent de façon extrêmement curieuse celles de nombreux genres de Blaptinae tels que les Dila et les Tagona d'Asie Centrale, mais ce n'en est pas moins une lignée distincte, aucun Æleodes ne se trouvant en Asie et aucun Blaps en Amérique du Nord. Le genre Æleodes EscascH. comprend 123 cspèces et il compte en outre # genres et 32 espèces dont le genre Nycterinus Escascx. du Chili.

L'une des formes les plus primitives des Blaps et des Æleodes, semble bien être le Leptomorpha chinensis, des environs de Pékin, décrit et figuré par Faldermann en 1835, qui n'est pas rare dans les montagnes du Tcheli et du Jehol (Abbé David) et que nous avons capturé au nombre d’une dizaine à Lung hu tai (10 avril 1931).

Le Leptomorpha chinensis dont l'aspect allongé et aplati rappelle une Solskyia, semble bien être un des représentants les moins évolués de ce groupe. C’est un insecte de taille médiocre, 16 mm., étroit, allongé, déprimé aux élytres longuement ovalaires et faiblement strié. C'est un Blaps en miniature et très peu dilfférencié. Cet insecte nous montre les caractères suivants : une tête aplanie, allongée, large en avant, à l’ouverture buccale énorme laissant largement apercevoir latéralement et en dessous les piècés buccales, plus encore que chez les Akis au lieu d'être étroitement fermée comme chez les Pimelia. Cette tête progressi-

vement rétrécie derrière les yeux est bien dégagée du prothorax. Le bord antérieur de la tête est largement échancré et laisse voir le labre étroit et parallèle, régulièrement arrondi à son bord antérieur. Les mandibules sont grandes, étroites, falciformes, peu saillantes en avant du labre. Le labium est petit, étroit, triangulaire et porte les palpes labiaux courts de trois articles. Les palpes maxillaires sont plus longs, dépassant largement la bouche. Les deux premiers articles sont courts, robustes, le dernier article élargi sécuriforme. Les antennes, insérées latéralement très près de l'insertion des mandibules, sont longues et très grêles, aux premiers articles fins et allongés. Elles sont filiformes et très distinctes des antennes moniliformes des Pimelia. Le premier article est court, robuste, le second article, réduit à un anneau, est beaucoup moins atrophié que chez les Pimélines, le 3°, comme toujours le plus long de l'antenne, est grêle, légèrement renflé à l'extrémité, aussi long que les deux suivants réunis, mais ceux-ci sont également grêles et longs ainsi que les deux suivants, et la réduction ne porte que sur les quatre derniers qui sont courts, ovalaires, subdilatés, finement ciliés de courts poils roux. Le dernier est aciculé mais en ovale pointu, ni triangulaire, ni pyramidal. Son extrémité se termine en fine pointe en éperon. Les yeux sont situés latéralement assez en arrière de l'insertion des antennes, ils sont très étroits, allongés, nullement saillants. Le pronotum très peu évolué, plus long que large, est rectangulaire aux bords antérieurs et postérieurs droits. Les élytres aux épaules effacées sont longuement ovalaires, étroits, subdéprimés, marqués de neuf stries très fines, finement ponctuées. De l'épaule à l’apex une fine arête humérale à peine saillante isole les replis pleuraux réfléchis, engainant l’abdomen, replis très étroits et s’atténuant vers l'arrière. Les membres sont très longs, ce qui est général chez les Blaps où par surcroît ils deviendront robustes. Dans cette espèce ils sont extrêmement grêles. La structure des hanches est extrêmement différente de celle des Pimélies. Elles ne sont ni globuleuses, ni transverses et très profondément enfoncées dans des cavités cotyloïdes fermées, à ouverture étroite. Cette disposition entraîne le développement des trochanters, en anneau, très visibles à la base des fémurs, ceux-ci sont très longs, extrêmement grêles à la partie proximale, subépaissis vers l’extrémité. Les tibias, très longs, encore plus grêles, sont presque aussi longs que les fémurs. Les tarses sont grêles et longs, ils atteignent en longueur la moitié des tibias, aux articles triangulaires, sont égaux à l'exception du dernier article des tarses postérieurs plus long que les deux suivants. L'onychium est grêle, armé de deux ongles longs, vigoureux, subarqués. Le Leptomorpha a été rangé parmi les Blaps et toute l’évolution morphologique principale de la tribu se fait dans ce genre, dont les genres dérivés ne sont que des développements extrêmes. La grande homogénéité des Blaptinæ en rend l'étude difficile et elle a été surtout tentée par Allard et Reitter. Leur travail a surtout tendu à isoler des sous-genres dans ces ensembles coinpacts.

L'étude des Blaps révèle deux tendances principales dans l'évolution de ce groupe : la première représentée surtout dans les lignées du Thibet et de l'Asie Centrale est une tendance à la contraction aboutissant à des formes de petites tailles, très trapues, ayant grossièrement la forme générale des Asides. D'où le nom d’Asidoblaps donné par Fairmaire à un de ces genres.

La seconde est un développement qui porte sur la taille et les principales parties de l'insecte, notamment les membres qui s’épaississent souvent et deviennent très robustes. En outre, il se manifeste un certain nombre de différenciations comme le remarquable dimorphisme sexuel des Prosodes, l'allongement des Dila, la grande taille des Uroblaps méditerranéens ou la contraction secondaire des Gnaptor qui sont des Blaps d'Asie Mineure fortement condensés.

Nous allons passer en revue rapidement ces deux tendances.

Blaptinae de petite taille fortement condensés : Cette série d'insectes comprend un petit nombre d'espèces localisées en Asie Centrale et dont les principaux représentants sont les Tagona Fiscn, Tagonoïdes Fair et les Asidoblaps décrits par Fairmaire et spéciaux au Thibet méridional.

Les auteurs (Solier, Allard, Reitter) y ont fait des coupures génériques basées sur la présence d’un ou deux éperons aux tibias antérieurs. Un seul éperon : Tagona du Turkestan et Gnaptor d’Asie Mineure ; deux éperons tous les autres Blaptinae.

Nous donnerons ici une description succincte des représentants de ces différents genres :

Les Tagona représentent une lignée occidentale des Blaplinae. Ils sont représentés par trois espèces d'Asie Centrale : longicollis Brancs d'Ashabad, T. macrophtalma Fiscu. et rugipleuris Rerrr. du Turkestan. La collection Fairmaire au Muséum contient un exemplaire du T. macrophtalma dont voici la description. C'est un insecte de petite taille, 13 mm., de forme assez condensée, mais qui paraît grêle car il est fortement comprimé latéralement. Ses membres sont longs, aux tibias et aux tarses grêles, les fémurs au contraire renflés et robustes. La tête est assez longuement développée devant les yeux, le clypeus faiblement échancré à son bord antérieur laissant dépasser le labre large et grand, semi-circulaire en avant.

Les antennes manifestent déjà une évolution par rapport à celles des Leptomorpha. Le premier article est robuste, le second court, le troisième aussi long que les deux suivants réunis, les quatre suivants subé-

A. Rexmonp. 13

gaux. Les quatre derniers sont globuleux, plus épais que ceux qui les précèdent et le dernier plus gros, terminé en pointe, est nettement pyramidal. Les yeux sont énormes, en ovale large et court, fortement saillants sur les côtés de la tête où ils forment comme deux lobes latéraux. Le pronotum, légèrement bombé sur le disque, est plus long que large, aux bords antérieurs et postérieurs coupés droits, les angles antérieurs effacés, les angles postérieurs faiblement lobés postérieurement. Les élytres sont oviformes comme ceux de certains Tentyriines, fortement atténués vers l’arrière, et comprimés latéralement. Le disque est lisse, ne présentant ni stries ni carènes, à l'exception d'une mince crète humérale continue de l'épaule à l’apex isolant les pleures réfléchis. Les membres de cet insecte sont particulièrement intéressants.

Le prosternum est fortement étiré en-dessous, présentant une forte apophyse intercoxale droite d’abord, puis coudée à son extrémité. Les hanches massives, globuleuses, sont fortement rapprochées de part et d'autre de cette saillie intercoxale ; et l'articulation des membres antérieurs dispose de ce fait d’une liberté plus grande que chez Leptomorpha. Les fémurs antérieurs, grêles à la base, s’élargissent aussitôt après et ne se rétrécissent que faiblement vers leur extrémité distale, prenant ainsi un aspect en massue. Les tibias antérieurs sont droits, grêles, faiblement élargis vers l'extrémité et terminés par un éperon unique, à lame large et acérée, en forme de poignard. Les tarses sont très longs aux quatre premiers articles triangulaires subégaux, l'onychium aussi long que les trois précédents armés d'ongles longs et grêles. Les membres postérieurs et moyens ont la même structure générale, mais les hanches ne sont pas saillantes, les tibias sont armés de deux courtes épines et les tarses sont beaucoup plus longs que l'allongement de chaque article y compris l’onychium.

De ce genre on peut rapprocher les Agnaptoria Retrr de Chine centrale et du Turkestan chinois avec deux espèces de Reitter : À. rubripes et A. Seidlitzi dont le plus curieux est À. rubripes.

De taille notablement plus petite (10 mm.) que T'agona macrophtalma Fiscu., cet insecte s’en distingue à première vue par son pronotum plus large et sa forme parallèle beaucoup plus ramassée semblant un Blaps en miniature. Il présente également la particularité exceptionnelle chez les Blaptinae dela coloration testacée des fémurs et des tibias de ses trois paires de pattes, d'un beau rouge ocracé. La tête, extrêmement condensée, est profondément enfoncée dans l’échancrure prothoracique, disposition que nous retrouverons chez les Tagonoïdes et certains Blaps. Le clypeus est semi-circulaire, faiblement échancré à son bord antérieur et le labre étroit ne le dépasse que peu. Les antennes sont très courtes, moniliformes, au 3° article à peine aussi long que les deux suivants et ceux-ci courts, globuleux, jusqu'aux articles terminaux, le dernier très court, allongé en forme de trapèze. Les yeux sont petits, ronds, insérés contre le bord du pronotum ; celui-ci est large, fortement aplani, quadrangulaire, légère-

ed :

ment échancré au bord antérieur, aux angles marqués, ainsi que les angles postérieurs. Les élytres, nullement comprimés, latéralement sont peu bombés, au disque lisse avec une carène humérale isolant les pleures très étroits. Les membres sont courts aux fémurs non renflés, aux hanches nullement saillantes, les tibias sont courts, subarqués, fémurs et tibias d’un beau roux testacé immaculé, les tarses antérieurs et moyens assez courts, l’onychium plus long que les autres articles, les tarses postérieurs plus allongés, l’article basilaire plus long que l'onychium.

Les Tagonoïdes Fairm. comprennent onze espèces du Yunnan, du Kansu et du nord des Indes. Ces ont des Blaptines du Thibet et de l'Himalaya. Nous prendrons comme exemple le T'agonoïdes Delavayi Farw. du Yunnan.

À l'exemple des autres espèces, c'est un insecte de petite taille, 12mm., au corps peu bombé, de forme brève, aux élytres finement rugueux rappelant par la forme et l'aspect certains carabes de montagne.

Le Tagonoïdes Delavayi a la tête fortement déclive, peu allongée, au clypeus faiblement échancré en avant. Les antennes, dépassant de fort peu le bord postérieur du pronotum, sont moniliformes à l'exception du 3° article aussi long que les deux suivants ; les autres courts,*globuleux, s'épaississent progressivement vers l’extrémité jusqu’au dernier, le plus large et pyramidal. Les yeux sont ovales, normaux, insérés derrière l'insertion de l'antenne. Le pronotum, plus long que large, est également plus étroit en avant, et légèrement rétréci vers l'arrière présentant son plus grand élargissement au tiers antérieur. Les angles postérieurs sont bien marqués. Les élytres faiblement bombés sont longuement ovalaires, se terminant en pointe déclive vers l'apex. Ils sont grossièrement ponctués et finement ruguleux, avec une carène humérale n'’atteignant pas l’apex et isolant des replis pleuraux courts et peu réfléchis. Les membres sont analogues à ceux des T'agonia mais plus courts, avec des fémurs robustes et renflés, des tibias grêles avec deux éperons très inégaux aux tibias antérieurs, des tarses longs, de même structure mais plus robustes que ceux des T'agonia, avec de petites bosses sous les trois premiers articles des tarses antérieurs. Les autres Tagonoïdes sont très voisines du T. Delavayi et s’en différencient par des nuances dans la forme générale, qui est par exemple large et ovalaire chez T. ampliata Fairu., subdéprimée, parallèle, aux élytres striés chez T. zabriformis Fairm., à aspect de carabique, ou bien large, parallèle, aux élytres finement rugueux et subtilement tricostés chez Tagonoïdes Somerssmithi Fairm., ces. deux dernières espèces du Nord des Indes.

Le genre Asidoblaps a été créé par Fairmaire pour deux espèces du Yunnan qu'il caractérise par la présence d'une dent épineuse aux fémurs antérieurs. Les types de ces deux espèces sont dans la collection Farmaire, au Muséum, et la présence de cette dent épineuse cache mal la non-homogénéité de ces deux espèces.

Par sa structure générale, sa taille, sa forme .contractée, l'Asidoblaps

glyptoptera ne se distingue en rien d’un Togonoïdes et est très voisin du Tagonoïdes Somers smithi. EE

L'Asidoblaps Davidis de taille nettement plus grande, 15 mm., de forme plus robuste et plus élargie, se rapproche beaucoup des Blaps et des Prosodes, et notablement de ces derniers par ces quatre tibias postérieurs en lame comprimée. C’est une lignée thibétaine des Blaps et des Prosodes dont l'aire de répartition principale est beaucoup plus au Nord.

L'Asidoblaps Davidis Fair. est remarquable par sa tête beaucoup plus étroite que l’échancrure antérieure prothoracique dans laquelleelle s'enfonce profondément. Cette tête est relativement petite, étroite, peu allongée. Le labre est transverse, médiocre, Les antennes, de la structure de celles des Tagonoïdes, ont les quatre derniers articles nettement plus larges que ceux qui les précèdent. Ces yeux sont en ovale étroit. Le pronotum, aussi large que long, est nettement rebordé et canaliculé sur ses bords latéraux, fortement échancré à son bord antérieur, avec les angles antérieurs saillants, le bord postérieur rectiligne. Les élytres sont largement ovalaires, rapidement déclives et fortement atténués vers l’apex. Ils sont roussâtres, portant les vestiges de deux côtes discales et trois rangées de tubercules confus très atténués. Les membres sont vigoureux, assez longs ; les antérieurs notamment nettement plus longs que chez les Tagonoïdes, les tibias postérieurs encore plus longs et atténués en lame, les tarses postérieurs également très longs par l'allongement des quatre articles et plus particulièrement le premier et l'onychium. Cet insecte a le facies d’un Blaps sensiblement contracté.

Nous abordons à présent les genres de grande taille souvent allongée, qui présentent la réalisation la plus complète du type Blaps, comme les Pimelia chez les Pimelinae.

Les auteurs (Solier, Allard) y ont déterminé une coupure naturelle tirée de la forme des tibias moyens et postérieurs qui sont arrondis (Blaps et Dila) où comprimés en lames (Prosodes d'Asie Centrale). Ces deux genres, qui comprennent l'immense majorité des Blaptines sous une grande homogénéité d'ensemble, groupent des formes sensiblement différentes traduisant des évolutions diverses que les auteurs se sont efforcés de dégager en y distinguant de nombreux sous-genres. Ce travail a été accompli pour les Blaps par Motchulsky et Allard, pour les Prosodes par Reitter, qui ont abouti aux résultats suivants :

Le genre Blaps F. avec 189 espèces, le genre Prosodes EscuscH. avec 109 espèces appartiennent à cette catégorie de genres si communs en entomologie, genres puissants, à répartition large et homogène comme les Carabes, les Dorcadions, les Pimélies, à la fois homogènes par la continuité des formes et riches en différenciations secondaires qui représentent, sous les conditions présentes, des genres en quelque sorte épanouis, en pleine différenciation, et qui constituent les éléments les plus caractéristiques de la faune foncière régionale d'une contrée ou d’un groupe de contrées, Présents presque partout dans la limite d'une aire, rares nulle

part, riches de localisations secondaires et de formes évolutives, ces genres sont les bases mêmes d'une étude de faunistique d’une région. Il n'est pas possible de refaire pour les Blaps l'étude faite pour les Pimelinae. Il est nécessaire, par une revue rapide des sous-genres, d’en tra- . cer les traits résumés :

: Etudiés par Motchulsky, Allard, Fairmaire et Reitter, ces auteurs y ont distingué une dizaine de sous-genres.

Ces sous-genres peuvent se grouper en deux sections principales :

La première division comprend des Blaps de grande taille, aux élytres fortement convexes et les plus évolués.

Ils se distinguent en outre par leur plantule, apophyse lamellaire située à la partie inférieure de l'onychium, en dessous des angles en triangle ou en forme de dents, graduellement rétrécie d’arrière en avant, l’épistome avancé en espèce de dent à chacun de ses angles antérieurs, le prothorax convexe presque près de la base.

Ce sont les plus grands des Blaps, aux élytres en général terminés par un long prolongement caudal. Ils comprennent trois sous-genres : les Uroblaps Morscn., les Lithoblaps Morscu. et les Rhizoblaps Morscu. et couvrent uné aire analogue à celle des Pimelia, de l'Asie Centrale jusqu'au pourtour méditerranéen.

La deuxième division à plantule courte, épistome tronqué, au prothorax et aux élytres nettement déprimés sur le disque, comprend les Blapisa Morscu., Platyblaps Moïscu., Blapimorpha Morscu., Dineria Morscu., Agroblaps Morscu. et Leptocolena Motscn. et couvre les parties montagneuses ou septentrionales. de laire de répartition. Ce sont les Blaps les moins évolués et les plus primitifs du genre. Nous renvoyons pour leur étude aux auteurs Motchulsky, Reitter et Allard.

Les Prosodes ont fait l’objet d’une analyse par Reitter qui les a étudiés en deux monographies, l’une parue dans le Deutsche Ent. Zeitchrift, 1893, l’autre dansle Wiener Entomologischer Zeitung en 1909, où il les a divisés en 23 sous-genres basés sur la structure des membres ou la costulation des élytres.

Aux Blaps, nous devons rattacher les Dila Fisca. d'Asie Centrale et les Gnaptor Bizc. d'Asie Mineure qui sont des cas extrêmes de l’évolution des

- Blapinae. Les Dila représentés par 7 espèces du Turkestan et de l'Iran sont des insectes de grande taille et de formes allongées, les Gnaptor, au contraire, de structure ramassée, sont de formes très globuleuses.

DISTRIBUTION DES TENTYRIINAE

Les Tentyriinae montrent, nous l'avons vu, une distribution très particulière et tout autre que celles des trois groupes paléarctiques que nous venons de recenser. Ils couvrent, comme les précédents, la région méditerranéenne, mais ce n’est pas au Nord qu'ils la débordent comme les Pimeliinae, mais au Sud de l’aire couvrant en effet, outre le bassin méditerranéen et l’Asie Centrale, toute la région élhiopienne avec quelques genres de distribution gondwanienne présents à Madagascar, aux Indes, et jusqu'en Malaisie. Il n’en reste pas moins que le plus grand nombre des genres et des espèces actuelles couvrent l'Afrique dans sa partie éthiopienne et dans sa partie méditerranéenne.

Une revue rapide des genres et des espèces donnera un aperçu de cette répartition.

Les Tentyriinae comptent 73 genres et 550 espèces se répartissant ainsi :

GENRES ESPÈCES RÉGIONS Orocina 3 Turkestan.

Syachis 2 Kachmir.

Ascelosodis 9 Kachmir.

Gnalhosia 18 Mongolie.

Colposcelis 14 Mongolie. Analolica 45 Asie Centrale.

Tamena Turkestan.

Psammocryptus 1 Turkestan.

Microdera 33 Asie Centrale.

Scylosoma 3 Mongolie.

Hypsosoma D Chine du Nord.

Melaxumia 1 Mongolie.

Scythis 13 Asie Centrale.

Scylodonta 1 Thibet.

Alcinoe 2 Transcaspienne.

Dengitha a Transcaspienne Crypticoïdes 1 Thibet.

17 genres 151 espèces

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