GENRES A EXTENSIONS MÉDITERRANÉENNES
(Ocnera, Thriptera, Pachyscelis, Stalagmoptera, Pimelia.)
Les genres suivants ne sont plus limités à l'Asie Centrale. Il s’agit de genres dont l'extension vers l'Est s'arrête à la région de Pamir et qui ont, au contraire, plus ou moins largement peuplé l'Iran et le bassin méditerranéen. Ce sont des genres beaucoup plus stables que ceux que nous venons de passer en revue, formés d'espèces de taille au moins moyenne, souvent grande, robustes. Ils ont pour caractère commun leur homogénéité et à l’intérieur du genre les espèces se distinguent souvent les unes des autres par l’ornementation ou la granulation tégumentaire, en particulier les élytres souvent ornés d’épines ou de tubercules, caractères importants pour la différenciation des espèces, mais secondaires dans le genre.
Comme pour les groupes d'Asie Centrale, nous allons les passer en revue successivement :
Genre Ocnera Ficu. : L’aire d'extension des Ocnera part de la région de Pamir, couvre l'Iran et les régions du Sud du bassin méditerranéen jusqu’à l'Afrique mineure. Leur peuplement au Nord de la Méditerranée est au contraire très limité. Le genre Ocnera est dans l’ensemble très homogène et se distingue à première vue des Pimélies par sa forme allongée, ovalaire ou parallèle, très différente de l'aspect globuleux ou sphérique des Stalagmoptera, de la plupart des Pachyscelis ou des Pimelia.
Une des formes les plus primitives serait l'Ocnera protensa Fairu, de la région de Kachmir. C’est un insecte de taille médiocre, 16 à 17 mm., par rapport aux espèces plus développées de ce genre notamment en Afrique du Nord et atteignant couramment de 25 à 30 mm. Elle est grêle, allongée, aux élytres longuement ovalaires. La tête est large, très développée, assez longue, élargie en avant des yeux. Le bord antérieur de la tête est sinueusement échancré devant le labre. Celui-ci est large, transverse, fortement granuleux. Les antennes sont msérées très en avant, près de la base des mandibules, au-dessous d’une forte carène latérale saillante. Les deux premiers articles sonts courts, le troisième assez long, les autres sont courts, triangulaires, subégaux entre eux, donnant à l'antenne un aspect moniliforme. Ils sont fortement ciliés de poils dres-
sés dirigés vers l'extrémité. Le dernier article pyramidal est fortement pointu vers l'avant. Les yeux situés latéralement derrière la carène susantennaire sont ovales, assez gros. Le pronotum des Ocnera est en général en anneau es régulier. Chez O. protensa il est en anneau étroit, plus long que large, réculièrement arrondi, non renflé sur le disque. Les angles antérieurs et postérieurs sont effacés. Le bord antérieur est droit. Le bord postérieur en arc ouvert vers l'arrière. Les élytres sont étroits, allongés, longuement ovalaires, leur tégumentation est régulièrement granuleuse, granulations fines et confluentes donnant à Jl'élytre un aspect finement réticulé. Les réticulations groupées en 20 côtes très fines et parallèles confluentes vers l'arrière. Il n’y a pas de côte numérale. L'élytre est régulièrement recourbé vers les épipleures, et les fausses épipleures ne sont pas séparées du disque de l’élytre, régulièrement incurvé latéralement. La réticulation élytrale détermine des rangées de pointes régulières sur les stries intercostales. Les membres sont robustes, assez longs mais beaucoup moins développés que chez les Ocnera ne Les hanches antérieures sont sphériques, séparées par l’apophyse intercoxale large, non prolongée vers l'arrière mais marquée à sa partie postérieure d'une petite carène sinueuse. Les hanches intermédiaires sont triangulaires, les dernières longuement transverses (structure générale des Pimeliinae). Les fémurs des trois paires sont longs, cylindriques, ceux de la paire postérieure faiblement arqués près des hanches et plus allongés, atteignant le dernier tiers de l’abdomen. Les tibias sont droits, cylindriques, faiblement élargis vers l'extrémité armée de deux épines courtes et acérées. Les tarses sont robustes, cylindriques, formés d'articles courts brièvement ciliés de poils roux. Les onychium courts armés d'ongles robustes.
Ce type général se retrouve chez la plupart des Ocnera qui se caractérisent surtout par une plus grande robustesse générale, une taille plus grande, un plus grand développement de toutes les parties du corps, notamment le corselet en anneau globuleux, au disque renflé sur sa partie supérieure, par les élytres plus courts, plus renflés, plus brièvement ovalaires. Ce développement sera plus marqué chez les espèces méditerranéennes que chez les formes d'Asie Centrale. Celles-ci nous montrent un certain nombre d'espèces de taille moyenne aux élytres costés ou lisses, au pronotum au disque peu renflé.
Telle est par exemple Ocnera triangularis Fausr. de Transcaspienne qu, à part la tégumentation élytrale, se rapproche beaucoup de O. protensa. Sa taille atteint 18 mm. La tête au disque lisse, très finement ponctuée, est longuement prolongée vers l’avant. Le labre, débordant fortement en avant de la tête, est aussi long que large, carré, faiblement retroussé à son bord antérieur. Le ou est lisse, An à sa partie supérieure, en anneau non bombé sur le disque. Il est nettement plus long que large, les angles antérieurs et postérieurs atténués, cilié de jaune d'or à son bord antérieur droit, largement échancré en arc de cercle au
bord antérieur. Les élytres sont longuement ovalaires, mais plus bombés et plus parallèles que chez O. protensa Faim. Le disque est lisse, très finement granuleux, marqué de trois très fines côtes granuleuses, à peine visibles, l’une d'elles dessinant une côte humérale de l'épaule à l’apex et isolant de fausses épipleures. Les membres sont plus longs, plus grêles que chez O. profensa, les tarses postérieurs grêles, allongés, longuement ciliés de roux.
Telles sont également les Ocnera Menetriesi Kraarz, de Transcaspiennes et O. pilicollis Farbermanx de Russie méridionale et des steppes Kirghizes des environs de la Mer Caspienne. Ce sont des espèces déjà beaucoup plus grandes : 25 mm. de longueur pour O0. Menetriesi, 25 à 35 mm. pour O. pilicollis, caractérisés par une tête très large, un corselet au disque renflé, fortement globuleux, les élytres en ovale long mais beaucoup plus large que chez les espèces précédentes, au disque visiblement et fortement costé. Si voisines soient-elles, ces espèces n’en présentent pas moins des différences importantes dans la longueur relative des membres beaucoup plus robustes et plus longs chez O. pilicollis, aux tarses antérieurs aux premiers articles triangulaires, les angles antérieurs des articles prolongés en pointe vers l'avant, aux tarses postérieurs plus longs par l’allongement du premier article plus long que les deux suivants réunis. Les élytres sont plus ramassés, plus larges chez O. pilicollis, les côtes élytrales plus fines, moins élevées, moins nettement marquées que chez O. Menetriesi aux côtes élytrales élevées et saillantes.
Chez les Ocnera des lignées iraniennes et méditerranéennes, nous trouvons une homogénéité de structure beaucoup plus grande, due à la réunion des caractères suivants, une tête beaucoup plus large, un disque prothoracique fortement renflé d'aspect sphérique, une tégumentation granuleuse des élytres, la partie supérieure du corps fortement ciliée de poils dressés, la forme générale du corps oscille entre deux tendances ; un corps allongé, parallèle O. Habelmanni Kraarz d'Egypte et d'Arabie et O. Genei Sor. d'Égypte, ou des formes beaucoup plus abrégées aux élytres largement ovalaires, O. selosa Fiscx. Transcaucasie ou O. hispida d'Afrique du Nord. Il convient de signaler la présence d'O. lima Prra- GNA à la fois en Égypte, en Grèce et en Sicile, et celle dé O. hispida Forsk sur tout le pourtour méridional de la Méditerranée orientale, Afrique du Nord, Arabie, Syrie et Sicile qui peuvent s'interpréter comme des extensions récentes de ces espèces à large distribution dans des régions tardivement disjointes du bassin méditerranéen.
Genre Thriptera Sox. : Les Thriptera sont, si possible, un genre encore plus homogène que les Ocnera dont elles paraissent extrêmement voisines. Elles s’en rapprochent notamment par la forme de la tête et du pronotum en anneau au disque fortement renflé, par leur tégumentation grenue, et la présence de longs cils dressés sur le corps qui dans de nombreuses espèces apparaît hirsute et velu. Elles s'en distinguent essentiellement par leur corps plus condensé, aux élytres non parallèles,
mais en ovale court et beaucoup plus élargi et par leurs membres généralement robustes mais plus courts que chez les espèces du poure Ocnera. Ge genre est représenté par une vingtaine d'espèces dont l’aire, étendue de Margelan et du Turkestan Russe à l'Afrique du Nord, se superpose presque complètement à celle des Ocnera moins la Russie du Sud, la Grèce et la Sicile. C'est comme le précédent un genre 1rano méditerranéen.
UZZZA Thriptera
Fig. 18. — Distribulion des genres Ocnera et Thriptera.
Un des types de ce genre pourrait être le Thriptera pastor ReiTrer du Turkestan. Cette T'hriptera est de taille médiocre, 16 à 17 mm., de forme assez parallèle et allongée. La tête est courte, petite, beaucoup moins développée que chez les Ocnera, au bord antérieur non sinueux. Le labre est court, beaucoup moins saillant en avant. Les antennes sont plus courtes, au 3° article moins long que les deux suivants réunis. Les articles # et 10 sonts courts, triangulaires, fortement ciliés de cils divergents. Le dernier article pyramidal est réduit. Les yeux situés latéralement derrière l'insertion des antennes sont en ovale allongé, de dimensions moyennes. Le prothorax en anneau globuleux hérissé de poils noirs dressés. L'élytre est en ovale allongé, subparallèle, la partie supérieure du disque aplanie, finement granuleuse, ciliée de courts poils
noirs insérés sur de petits tubercules pointus. Les membres sonts courts, les hanches antérieures globuleuses fortement écartées l'une de l'autre, les fémurs courts atteignant à peine le bord latéral du pronotum, les tibias plus courts que les fémurs, les tarses antérieurs courts, l'onychium normalement développé et armé d'ongles arqués; les tarses moyens et postérieurs grêles beaucoup moins longs que chez les Ocnera. Dans la même région, Th. longipilis Rerrr. est beaucoup plus contracté en ovale plus court et plus large. Les antennes sont plus courtes, le pronotum plus lisse, beaucoup moins granuleux, finement cilié de poils de couleur d’or aux bords antérieur et postérieur, les élytres sont subglobuleux rappelant de loin ceux des Pimelia ornés de fins granules disposés en ligne régulière. Les membres, notamment les tarses antérieurs et moyens sont plus longs et plus grêles, ciliés de fins poils noirs assez longs. Les tibias antérieurs sont élargis triangulairement à leur extrémité distale. 6
Ces tendances aboutissent soit à des Thriplera subparallèles, tels Thriplera crinita KiuG d'Egypte ou des Thriptera subglobuleuses comme les Th. Varvasi Soc. et Th. villosa Des. d'Afrique du Nord. Une des formes les plus évoluées est le Th. debilicornis Kraarz des déserts d'Egypte, de Tripolitaine et du Sahara septentrional. C’est un insecte d'assez petite taille, environ 15 mm., de forme globuleuse, aux élytres ornés de stries fines, régulières et parallèles et recouvert sur toute sa face supérieure d’un abondant revêtement de longs poils noirs dressés. La tête est de dimension moyenne, faiblement transverse, le labre assez large et saillant sur l'avant de la tête. Les antennes sont assez longues, très grèles, le 3° article est plus long que les 3 suivants réunis, les autres sont subtriangulaires, assez courts, ciliés de poils noirs divergents. Les yeux, situés en arrière de l'insertion des antennes, sont assez gros, ovales, très saillants sur les côtés de la tête. Le corselet, peu renflé sur le disque est en anneau sphérique. Les élytres en ovale, très courts, faiblement renflés sur le disque sont marqués chacun de dix côtes très peu saillantes, parallèles, séparées par des stries larges, peu creusées et remplies d’une pubescence grise de poils couchés, serrés les uns contre les autres. La face supérieure de la tête, le pronotum et les élytres sont couverts d’une très abondante pubescence dressée de poils longs (1 à 2 mm.) extrêmement visible et analogue à celles présentées par les Earophanta. Les membres sont courts, recouverts également d’une abondante pubescence noire dressée extrêmement abondante et longue sur les fémurs et les tibias. Reitter a créé le genre Æuthriptera pour le Th. grisescens de Fairmaire, insecte aux téguments finement granuleux et velus de l'Afrique Mineure (Algérie et Tunisie) et le distingue des Thriptera par la ciliation des tarses moyens et postérieurs très longue mais localisée à leur bord externe. L'Euthriptera grisescens se rattache aux Thriptera à corps allongé et subparallèle. La tête est volumineuse, large et allongée, le labre carré, avançant fortement en avant de la tête. Les antennes sont courtes. Le prothorax en anneau globuleux est assez fortement
rétréci en arrière. Les élytres sont longuement ovalaires, subaplanis sur le disque. Ils portent sur le disquë deux côtes eisules peu élevées allant du bord antérieur à la région apicale, et, alternant avec celles-ci, trois côtes secondaires beaucoup plus fines et moins distinctes s oréténé avant le dernier tiers de la longueur de l'élytre. Une côte humérale très nettement marquée va des épaules effacées à la région apicale, isolant assez nettement de fausses épipleures qui portent également une carène pleurale et deux fines côtes granuleuses situées l’une au-dessus, l’autre au-dessous de celle-ci. Les élytres et l'abdomen de l'insecte sont couverts d’une fine pubescence gris jaunâtre couchée remplissant sur l’élytre les zones intercostales. La tête, le pronotum et l’élytre sont recouverts en outre de poils roux abondants et serrés, dressés et très longs, 2 à 3 mm. Les membres sont longs, tout particulièrement les tibias postérieurs. Les tibias moyens plus courts sont nettement subarqués. Les tarses sont robustes, les tarses antérieurs assez courts, les tarses moyens et postérieurs plus longs mais beaucoup moins que chez les Ocnera et très longuement ciliés de poils roux très souples sur leur bord externe.
Pachyscelis Soc. : nous abordons à présent les genres les plus voisins des Pimelia sensu stricto, genres qui accompagnent ce groupe aussi bien dans son évolution morphologique que dans ses destinées géographiques, rnais beaucoup moins nombreux en espèces et moins largement distribués que le genre principal et achevé des Piméliens et qui nous apparaissent ainsi comme des genres satellites de la grande lignée méditerranéenne des Pimélies. Ces deux genres d’ailleurs, entrée homogènes, évoluent curieusement en deux sens différents : les Pachyscelis tendent par une contraction progressive à une forme nettement sphérique, les Sfalagmoptera, au contraire par l'aplatissement de leurs élytres vers une forme hémisphérique.
Les Pachyscelis sont représentés au Turkestan Russe par le P. pygmaea M£ENETRIER, espèce intéressante par ses caractères primitifs notamment une structure allongée et parallèle analogue à celle des Ocnera dont elle se distingue absolument par la structure des membres et leur brièveté. Le Pachyscelis pygmaea est un insecte remarquable par sa tête au disque bombé, nettement séparé du clypeus par un sillon continu allant d’un œil à l’autre, le clypeus largement semicirculaire est échancré à son bord antérieur d’où émerge le labre saillant, en forme de trapèze élargi vers l'avant. Les antennes, insérées juste à la base des mandibules sous une forte carène tranchante formée par le bord latéral du clypeus, sont grêles et courtes et n’atteignent pas en arrière le bord postérieur du pronotum, caractère général chez les Pachyscelis. Le 3° article est long, les suivants se raccourcissent vers l'extrémité, les 9° et 10e sont Fersen triangulaires, le 11° et dernier est réduit à un petit article globuleux inséré ds le D conte caractère également commun à tous 1 Pachyscelis. Les yeux sont gros, lue situés latéralement et insérés entre la carène susantennaire et le bord antérieur du pronotum.
Celui-ci est en anneau globuleux nettement plus large que long, coupé carrément à son bord postérieur. Les élytres sont longs, parallèles, régulièrement bombés latéralement sans pleures distinctes. L'élytre est régulièrement arrondi vers l’apex. Les membres sont extrêmement caractéristiques et présentent une structure que nous retrouverons chez les Pimélies. Les tibias ne sont plus cylindriques, mais triangulaires, notamment les tibias antérieurs fortement carénés à leur bord externe, caractère qui les apparente non aux Ocnera mais aux Trigonoscelis. La carène latérale des tibias est fortement dentée, et l'angle externe élargi en pointe acérée. Les tarses des trois paires sont courts, régulièrement moniliformes. Les hanches antérieures sont énormes, globuleuses et le procès sternal nettement marqué les dépasse en arrière en pointe triangulaire large et brève. Le disque céphalique, le corselet et les élytres sont couverts de petits tubercules grenus et ciliés de poils roux, épars et couchés, caractères qui se retrouveront à un degré variable chez les autres espèces du genre. |
Très voisin mais plus large et de taille plus grande est le P. nitidula KRaarz de la même région du Turkestan Russe. Sa tête robuste est plus allongée, le disque moins saillant. Les antennes plus robustes ont la même structure que celle du P. pygmaea. Le corselet est plus large et plus bombé sur le disque. Les élytres au contraire sont plus larges et plus aplanis à leur face supérieure. Les membres sont plus longs, plus robustes et notamment les fémurs antérieurs nettement élargis à l’extrémité distale. La tuberculation fait défaut sur le disque de la tête et elle est formée de tubercules beaucoup plus petits, lisses et moins saillants que chez P. pygmaea. La contraction du corps s’accentue chez les autres Pachyscelis qui montrent des formes massives aux élytres élargis et bombés, tels P. villosa DraPiez à la tuberculisation éparse, de Grèce, Asie Mineure, Syrie, ou P. metopotapha Fiscu. de Perse, aux élytres marqués de tubercules larges, aplatis et disposés en ligne régulière, pour aboutir à des formes absolument globuleuses, tels que P. chrysomeloïdes Ocivier de Syrie et Liban ou P. rotundata Kraarz. Ce dernier insecte est particulièrement remarquable par sa forme sphérique. La tête forte et large est profondément enfoncée dans l’échancrure antérieure du prothorax. Celui-ci, extrêmement élargi et contracté, est fortement transverse, beaucoup plus large que long, et vient achever vers l'avant la large voussure des élytres. Ceux-ci, sphériques et aussi bombés que ceux des Timarcha, sont densément recouverts de tubercules arrondis, extrémement nombreux, serrés les uns contre les autres. Les fémurs antérieurs sont extrêmement renflés, les tibias courts et nettement triangulaires. Les autres paires de membres sont extrêmement courtes et robustes, les fémurs et les tibias de la dernière paire à peine plus longs
que les intermédiaires. | Aux Pachyscelis semblent se rattacher les espèces de très petite taille
D] A. REymono. 12
— ATS —
du genre Pachyscelodes : P. Henoni Sex, P. semiasperula Faïrm. et P. tuberculifera Lucas de la région d'Alger. bas Les Stalagmoptera Sousky, très voisines des Pachyscelis et des Pimélies par leur structure ramassée et leur forme d'ensemble, semblent cependant représenter une lignée distincte assez voisine des Pferocoma. Elles s’en distinguent cependant nettement par leur prothorax, non réduit à un anneau globuleux beaucoup plus étroit que les élytres et par la forme
IF
= P2ch yscelis [TD Sés/agmopters
Fig. 19. — Distribution des genres Pachysceis et Stalagmoptera.
de ceux-ci, non élargis en disque circulaire. Elles s’en rapprochent au contraire beaucoup par la tête, par la structure des membres courts et grêles, aux tibias antérieurs nettement triangulaires, et par la structure élytrale où se retrouvent fréquemment les trois côtes des Péferocoma et des Centrocnemis, type structural que nous retrouverons si souvent dans l’élytre des Pimelia.
Les S{alagmoptera sont connus par une dizaine d’espèces localisées au Turkestan Russe, patrie des Lasiostola, Centrocnemis et de nombreux Ptérocomes où ils constituent un genre homologue et voisin des Pimelia sensu striclo.
Une des formes achevées pourrait être le Sfalagmoptera tuberculato-
costata SocsxY de la région de Tachkent. C'est un insecte de taille assez grande, 20 à 23 mm., caractérisé par une tête robuste, large, courte, transverse au clypeus sinueux largement ouvert sur le labre transverse également échancré à son bord antérieur, les antennes sont courtes, moniliformes à l'exception du 3° article à peine plus long que les deux suivants réunis. Les yeux situés latéralement derrière l'insertion des antennes sont brièvement ovalaires. Le pronotum très court, cas général chez les Stalagmoptera, est fortement transverse et fortement bombé latéralement. Les élytres sont trapus, fortement ramassés aux épaules nettement marquées par un lobe arrondi engainant le prothorax, ont le disque marqué de deux fortes côtes larges et saillantes apparaissant formées de tubercules serrés les uns contre les autres. La côte humérale est également très nette, continue de l'épaule à l’apex arrondi et isolant de fausses épipleures réfléchies sur l'abdomen comme c’est le cas chez les Pterocoma. Les membres sont de longueur moyenne, les tarses assez courts aux articles cylindriques. Les hanches antérieures sont sphériques, volumineuses et le procès intercoxal est nettement marqué entre eux en apophyse recourbée. Les autres Stalagmoptères diffèrent du précédent par la taille. Le canon des dimensions des diverses parties du corps, la tégumentation des élytres, costés, tuberculés ou régulièrement striés, mais le genre Sfalagmoptera n’en reste pas moins un des plus homogènes des Pimelinae d'Asie Centrale.
Les Pimelia F.: Nous arrivons à présent au genre central, le plus nombreux et le plus achevé de la Tribu des Pimélines.
Les Pimelia : dont l’aire d'extension va du pied du Pamir jusqu'aux îles Canaries, aux massifs abyssins et au Sénégal sont de beaucoup le genre le plus nombreux de la tribu des Pimélines. Ils comprennent avec plus de 150 espèces les trois septièmes des formes spécifiques de ce groupe. L'étude de leur répartition couvre l'Iran, le bassin méditerranéen, les déserts du Nord de l'Afrique. Poursuivie dans le détail avec la distribution d’autres genres méditerranéens (Akis, Blaps, Tentyria), elle pourra fournir des arguments précieux à l'étude du peuplement biogéographique de ces contrées.
Le genre Pimelia a fait l'objet d’un très important travail de H. Senac en 1884 et 1887, où il a reconnu un certain nombre de divisions naturelles dans le grand ensemble des 150 espèces de Pimélies. Il ÿ a reconnu les sous-genres suivants : Podhomala Sor.., isolé comme genre distinct par Solier et Reitter, sont des Pimélies de petites tailles du Turkestan Russe et de Russie Méridionale aux élytres marqués de côte latérale saillante d’une disposition analogue à celle des Pferocoma.
Piesterotarsa Mors. aux tarses comprimés latéralement sont des Pimélies de grande taille, très évoluées dont l’aire de distribution de l'Iran à l'Afrique du Nord, s'étend surtout aux régions sud du bassin méditerranéen. On les trouve en Russie Méridionale et au Nord-Ouest des Indes. Elles ne sont pas représentées sur le littoral nord de la Méditer-
ranée, ni dans les îles. Leur extension semble être postérieure à la dison pontienne du bassin méditerranéen.
Les Pimelia s. str., groupe le plus nombreux, 65 espèces aux tarses simples, aux orme souvent globuleuses, aux élytres moins armés, couvrent tout le bassin méditerranéen. C'est ce groupe qui a peuplé les îles méditerranéennes et l'archipel canarien et c’est de lui que ressortent les Pimelia senegalensis OL. du Sénégal, et P. Hildebrandti Har. des massifs abyssins. C’est le groupe le plus nombreux, le plus simple, le plus répandu et sans doute le plus ancien.
Il existe en outre dans l’ensemble des Pimélines un petit nombre de sous-genres secondaires, comptant chacun un très petit nombre d'espèces et qui sont des évolutions divergentes du grand ensemble des Pimelia. Ce sont les sous-genres suivants :
Melanostola Sex. Pimélies de grandes tailles aux élytres lisses, aux fines parallèles, représentées par une espèce de Syrie, P. bajula Kk., et une espèce d'Afrique du Nord, P. gibba F.
Aphanaspis Worr. Deux espèces des îles désertiques de l'archipel canarien.
Gedeon Reicne. Genre très aberrant, aux élytres lisses, aux formes parallèles, à la tête extrêmement dilatée, localisé à la Perse méridionale, la Mésopotamie et l’Arabie.
Amblyptera Sos. Pimélies sphériques, aux épaules saillantes en avant, au pronotum {rès raccourci et transverse.
Ecphoroma Sor. de même aspect avec un pronotum trapézoiïdal plus large en arrière qu’en avant, ces deux derniers sous-genre de l'Espagne et du Maroc.
Les Piesterotarsa sont représentés en Asie Centrale par trois espèces très voisines les unes des autres, de taille médiocre et assez peu différenciées. Ce sont les Pimelia cephalotes PALLAS, de Tureménie, du Caucase et de la Russie Méridionale, Pimelia capito Ravne des mêmes régions et des steppes des Kirghizes, et Pimelia cursor Menrrrier, de la Transcaucasie de l’Arménie et de la Perse. Leurs différences me faibles sont dans la taille, les dimensions relatives du corselet et de la tête et la granulation des élytres. Si ce ne sont pas des divisions subspécifiques de la même espèce, ce sont des formes étroitement apparentées. Le type moyen en serait P. capilo, espèce de taille variable 15 à 23 mm., de forme ovale allongée. La tête est large, quadrangulaire, transverse, et le labre carré est nettement saillant en avant d’elle. Les antennes courtes, sont moniliformes, le 3 article long, les autres courts, nettement triangulaires, ciliés de poils divergents. Le dernier article pyramidal est court. Les yeux sont gros, ovales, situés latéralement. Le pronotum en anneau sphérique est très oran ponctué, et cilié de poils d’or aux bords antérieurs et postérieurs entiers. Les élytres sont globuleux, ovales, au disque densément couvert de petits tubercules aigus serrés les uns contre les autres, et leur donnant un aspect granuleux plus net-
tement accusé latéralement. Les pattes sont robustes et assez longues, les hanches antérieures globuleuses, le procès prosternal faisant une barre entre elles, n’avançant pas en arrière et échancré en son milieu. Les fémurs antérieurs sont parallèles, les tibias antérieurs nettement triangulaires, leur angle terminal externe prolongé en un lobe marqué. Les tarses antérieurs sont courts, aux quatre premiers articles triangulaires. Les fémurs moyens et surtout postérieurs sont plus longs, les tbias triangulaires en coupe sont marqués d'une gouttière à leur face postérieure. Les tarses moyens et postérieurs sont comprimés latéralement, la compression portant seulement sur le premier article basal, les suivants normalement triangulaires. Le P. cursor MEx, est beaucoup plus petit, 14 à 17 mm. Les élytres plus fortement tuberculés surtout le disque présentant les vestiges de trois fines carènes que nous retrouverons chez de nombreuses espèces de Pimelia. Le P. cephalotes est plus gros, 17 à 25 mm. aux élytres tuberculés sur tout le disque avec une côte latérale crénelée. Le Pimelia (Piesterotarsa) indica SEN., du même groupe, estsensiblement différent. C’est une forme de grandetaille, 29 mm., de forme allongée et lisse, aux élytres finement carénés latéralement, se rapprochant des Piesterotarsa d'Égypte. La tête est grosse et très large, le labre carré avance fortement en avant. Les antennes sont assez longues dépassant nettement le bord postérieur du pronotum, le 3° article est très long, les autres sont longuement triangulaires. Le dernier article pyramidal est renflé. Le pronotum est globuleux, très large et renflé, au disque lisse, luisant, marqué de points épars. Les élvtres sont renflés, ovoïdes, en ovale allongé, au disque marqué de trois côtes très fines, les deux internes presque indistinctes, l’externe fine et crénelée. L’élytre porte en outre une côte humérale crénelée, de l'épaule effacée à la région apicale, isolant les replis pleuraux. Les membres sont longs, robustes, L’angle externe des tibias antérieurs est en lobe peu saillant. Les tibias antérieurs sont très longs (environ la moitié de la longueur de l’élytre) marqués dorsalement d’une profonde gouttière aux bords crénelés. Les tarses moyens et postérieurs sont fortement comprimés latéralement, la compression portant sur tous les articles à l’exception de l’onychium robuste aux ongles longs et grêles.
Dans les régions méditerranéennes, les Piesterotarsa sont représentés par un certain nombre d'espèces beaucoup plus différenciées et dont les élytres se font remarquer par une ornementation très variable d’épines ou de tubercules. Les espèces les plus marquantes à ce point de vue sont les Piesterotarsa angulata F. et P. angulosa Or. d'Egypte et de Syrie. La P. angulata F. notamment est une espèce de grande taille, 22 à 31 mm., de forme plus contractée et plus globuleuse que Pimelia indica. La tête est globuleuse, transverse, le labre peu saillant en avant. Les antennes sont grêles, aux articles 4 et 10 brièvement triangulaires. Les yeux ovales et gros sont situés très près de l'insertion antennaire. Le pronotum est très court, large, aux côtés fortement renflés et très fortement rétréci en
arrière. Les élytres brièvement ovalaires le dépassent largement sur les côtés. Ils sont hérissés de tuberculeStrès gros et acérés disposés en ligne régulière et leur donnant un aspect épineux d'un marron d'Inde. Ces épines forment sur chaque élytre trois lignes principales où apparaissent des vestiges de carènes continues, avec lesquelles alternent quatre lignes de petits tubercules secondaires beaucoup plus petits et moins acérés. En outre une carène humérale dentée en scie va de l'épaule à l’apex. Les membres sont longs et robustes, l'angle externe des tibias antérieurs est fin et aigu. Les tarses antérieurs courts, les tarses moyens et postérieurs très comprimés sur toute leur longueur et ciliés de poils bruns extrêmement longs et denses dressés au-dessus et au-dessous du tarse. |
Le P. angulosa OL. est extrêmement voisin de P. angulata el sen distingue par l’atténuation des tubercules, beaucoup plus fins, plus rares et réduits aux trois carènes élytrales, les rangées intermédiaires ayant disparu.
Chez Piesterotarsa retrospinosa Luc. d'Algérie, la tuberculisation est plus dense, mais les épines plus rares et situées seulement sur les carènes dorsales à la partie postérieure du corps, le disque de l’élytre étant couvert de tubercules de tailles très inégales, serrés les uns contre les autres et disposés en ligne irrégulière.
Dans la même série se rencontrent encore les Pimelia consorbrina Luc. et P. confusa Sex. d'Alger et de Tunis, aux épines élytrales encore plus rares, plus ténues et plus éparses sur les côtes dorsales indistinctes. Une espèce particulièrement belle et remarquable est P. Latreillei So. qui se situe dans la même série des Piesterotarsa à élytres épineux. Ces élytres portent en effet trois séries d'épines fines et aiguës, dirigées vers l'arrière et rangées en ligne selon les côtes élytrales entre lesquelles apparaissent des rangs réguliers de petits tubercules noirs et plats, mais l’élytre est orné en outre d’une pubescence d'un gris jaunâtre clair formée de poils couchés et couvrant toutes les régions intercostales, pubescence qui se retrouve sur le disque céphalique, les côtés du pronotum et toute la face ventrale de l’insecte où elle est absolument continue. Des cils longs et fortement dressés couvrent les bords supérieurs et inférieurs des tarses moyens et postérieurs fortement aplatis.
Une autre série de Piesterotarsa est constituée par les Piesterotarsa à élytres tuberculeux dont l'exemple achevé est le P. Letourneuxi SEx. de la région d'Alger.
Chez cette espèce dont la forme et la structure générale ne se distinguent pas sensiblement de celles de P. angulosa, l'ornementation élytrale prend un aspect absolument particulier. L'élytre présente trois côtes complètes plates et peu saillantes. Les deux côtes externes sont formées de forts tubercules aigus alignés. Le disque de l’élytre et la côte interne sont recouverts d'énormes tubercules plans, de taille inégale et de forme irrégulière, grossièrement circulaires et luisants, nullement épineux. Cette disposition se retrouve chez les Pimélies du Tripolitaine décrites par le
Pr. Schuster de Vienne qui interprète ces tubercules comme une évolution des épines de P. angulata.
De cette série se rapprochent les Piesterotarsa papulenta Reicne, Prophetei Sen., urticata KL. d'Égypte, à élytres costés et tuberculeux.
Les Pimelia sensu stricto de formes plus primitives et d’une ornementation en général moins complexes vont nous montrer une évolution et des localisations géographiques plus générales. Nous y trouvons deux groupes principaux, le premier composé d'espèces de petite taille, globuleuses, aux élytres plus ou moins visiblement tricostés et dont le type est Phneié bipunctata F. des côtes françaises de la Méditerranée. Ce sont des espèces de ce groupe qui ont peuplé le bassin occidental méditerranéen, telles P. costata Warz., l'Espagne, P. cribra Sos., les Baléares, P. PayraudiLarr., Corse, P. sardea Sor.., la Sicile, la Sardaigne et Malte, P. rugulosa Gerw., l'Italie, la Sicile et la Sardaigne. Ces espèces sont très voisines les unes des autres et la variété tient surtout dans la tégumentation élytrale plus ou moins verruqueuse ou plissée dans les régions intercostales. Ce ne sont pas des différences majeures et bien plus des morcellements géographiques dus à l'isolement dans une espèce unique, que des différences profondes.
Un autre groupe d'espèces est constitué par des Pimélies de grande taille, non plus globuleuses mais discoïdes, parfois allongées aux élytres encore tricostés, dont les types sont Pimelia grandis K1. et P. grossa K. de formes discoïdes. À ce groupe appartiennent les P. senegalensis Or. du Sénégal et P. Hildebrandti Har. d'Afrique Orientale et des massifs abyssins.
Une mention spéciale doit être faite pour les Pimélies de l’Archipel des Canaries, archipel de peuplement ancien, et qui est habité actuellement par onze espèces de ce genre qui ressortent de groupes divers, très différents les uns des autres et d'aspect également tranché.
Ces espèces ont été étudiées par Sénac (Annales de la Société Entomologique de France, 1892, p. 107) dans une note sur le voyage de M. Ch. Alluaud aux Iles Canaries.
Un groupe spécial aux Iles Canaries : le groupe Aphanaspis caractérisé par la position anormale de l’écusson est spécial aux plages de la Grande Canaries, P. auriculata Wozr. et P. granulicollis Wozc. des environs de La Palmas.
Un groupe de petites Pimélies globuleuses présentant des côtes latérales crénelées sur le disque des élytres ont peuplé toutes les îles du groupe central et occidental, à l'exception du groupe oriental désertique (îles Lanzarote et Fuerte Ventura), peuplées exclusivement par P. lutaria. BRLL.
Ce sont P. laevigata BruL., dans l’île de Palma, P. costipennis WozLL. de l'île de Hierro, et P. Alluaudi Sex. pour l'île de Gomera dans le groupe
oriental, P. radula Sor. dans l’île de Ténérife et P. sparsa BRLL. avec sa
variété serrimargo WozL. dans la Grande Canarie.
Une Pimélie de grande taille, aplanie, du groupe de Pémelia grossaK., le Pimelia ascendens Wok. est connue à la base du pic de Ténérife.
Enfin le Pimelia canariensis BrLL., du sommet du pic de Ténérife, est extrêmement voisin de P. lutaria BriL. et comme elle spécial à l’habitat aride. Le peuplement des Canaries est donc formé d’espèces analogues à celles de l'Espagne et du Maroc, provenant de groupes divers et dont l'isolement a déterminé l’endémisme.
Les autres sous-genres de Pimelia sont des coupures d'importance mineure déterminées par des caractères morphologiques aberrants dans ce groupe.
Ce sont, nous l'avons vu, les Melanos{ala, Pimélies de grande taille, extrêmement robustes, voisines des Pimelia obsoleta Soc. et P. pilifera SEN., mais chez lesquelles les côtes dorsales sont devenues presque indistinctes et dont il ne reste que les vestiges d’une côte latérale subépineuse et crénelée, la tête est large, aux antennes robustes, aux articles terminaux nettement triangulaires. Le pronotum globuleux est aussi long que large. Les élytres, très renflés, sont d’un ovale oblong, très finement réticulés et paraissant à première vue lisses et luisants. Les membres sont robustes, les tibias antérieurs triangulaires, l’angle externe étant peu développé. Les tibias moyens sont creusés d’une gouttière profonde, les tibias postérieurs ont la face dorsale simplement aplanie et granuleuse. Les tarses sont robustes, assez courts, peu ciliés de poils très courts.
Le groupe des Aphanaspis des Canaries est très voisin de ces formes au point que Brullé les a confondus. Elles s’en distinguent notamment par le pronotum moins renflé, plus large et moins long, par les antennes plus grêles, par les élytres beaucoup moins massivement parallèles en ovale plus court. Les tibias postérieurs sont plus longs et plus grêles, les tarses postérieurs nettement moins robustes et plus longs. Chez les Aphanaspis l’écusson très petit disparaît sous le bord postérieur de l’écusson, caractère qui a été Jugé suffisant pour l'isolement d’un sous-genre qui paraît assez peu distinct.
Les Amblyptera sont des Pimélies de la région bético-rifaine, Espagne méridionale et Maroc avoisinant le détroit de Gibraltar. Ce sont des Pimélies extrêmement globuleuses aux élytres en ovale très court et presque circulaire. La tête est étroite, semi-cireulaire. Les antennes très courtes n'atteignent pas le bord postérieur du pronotum. Les 3° article lui-même est court et ne dépasse pas les 2 suivants réunis. Les articles 4 à 10 sont très courts, triangulaires. Les deux derniers sont nettement dilatés. Le dernier, pyramidal, est court et globuleux. Le pronotum est nettement transverse, très court, aux bords latéraux saillants en forme de lobes. Les élytres marqués de tubercules vermiculés et confluents portent les vestiges de trois côtes qui deviennent nettement saillantes dans la variété, A. Haroldi Sex. de l'Amblyptera rugosa du Maroc. L'aspect général se rapproche beaucoup des Pimelia lutaria et P. canariensis de la partie orientale et désertique de l'archipel
des Canaries, et du sommet du Teide. Chez celles-ci aussi le pronotum est large, transverse aux bords latéraux lobés. Les élytres en ovale très court et presque circulaire ont les épaules en lobes huméraux s’avançant vers l'avant. Le disque de l’élytre finement vermiculé porte des côtes larges, planes, peu saillantes. Les Pimélies des Canaries ont l’élytre couvert dans ses parties intercostales d'une pubescence grise couchée qui fait défaut chez les Amblyptera mais se retrouve chez l'Ecphoroma hemispherica So. du Maroc. Les antennes des P. lutariaet P. canariensis sont sensiblement plus longues et plus grêles que chez les Amblyptères. La structure des membres aux tarses allongés, aux tibias antérieurs triangulaires est très voisine chez ces espèces. Le peuplement des Canaries semble s'être fait par diverses lignées de Pimélies, les unes caractéristiques de l’Afrique mineure, groupe de Pimelia derasa Ku. et P. tunisea FAIRM., donnant les Aphanaspis et les Pimelia du groupe sparsa BrLL. ayant peuplé tout l’archipel, ou P. grossa F. d'Afrique voisine du P. ascendens de la base du pic de Teide, les P. lutaria BrLiL. et P. canariensis BRL. relevant des Pimélies betico-rifaines du groupe des Amblyptères et contemporaines de la solidarité de l'archipel canarien avec la région marocaine, Le sous-genre Ecphoroma Sor., très voisin d’'Amblyptera, ne contient qu’une espèce de petite taille, 13 mm., de la région de Mogador. La tête est courte, transverse, le labre rectangulaire, étroit, s’en détache nettement en avant. Les antennes sont extrêmement brèves, atteignant tout au plus la moitié du prothorax. Celui-ci est très court, exagérément transverse, près de trois fois aussi large que long. Les élytres hémisphériques aux épaules lobées largement avançantes ont leur bord antérieur sinueux. Leur disque marqué de trois fines côtes peu saillantes sont fortement ciliées à leur bord externe. Le disque densément vermiculé. Les membres sont courts et grèles, les tarses antérieurs très courts, les moyens et les postérieurs longs et presque filiformes. Ce sont des Amblyptera en miniature.
Le dernier sous-genre des Pimélies, les Gedeon REIcHE, comprenant des espèces de la Perse méridionale et de l’Arabie, constitue une lignée extrémement aberrante dans l'ensemble générique des Pimelia. Ce sont des Pimélies de formes parallèles, à tête et à pronotum extrêmement volumineux, aux élytres allongés de l'aspect des Ocnera, dont la structure des membres les distingue absolument. Les tibias sont en effet nettement triangulaires comme chez toutes les Pimélies au lieu d'être nettement cylindriques comme chez les Ocnera. La tête est énorme, bombée, globuleuse, au bord antérieur sinueux d’où émerge le labre échancré à son bord antérieur, Les antennes insérées sous une forte carène sont courtes, le 3° article nettement plus court que les 2 suivants réunis et les articles suivants s’élargissent progressivement vers l'extrémité terminée par le 11° article globuleux. Les yeux sont ovales, très petits, situés tout près de l'insertion antennaire. Le pronotum en anneau bombé se dilate vers l'avant où il est nettement plus large qu'à l'arrière. Les élytres sont parallèles au bord antérieur coupé droit, régulièrement arrondi latéralement sans trace
de côtes et le disque couvert de petits tubercules très serrés, Ils sont couverts surtout latéralement d’une très fine pubescence jaune clair formée de poils courts, et d'une pubescence plus longue de poils roux dressés, Les membres sont robustes, assez courts, du type des Pimelia. Les fémurs sont robustes, parallèles. Les tibias antérieurs nettement triangulaires, avec leur angle externe aigu. Les tarses antérieurs sont courts. Les tarses moyens et postérieurs un peu plus longs, grêles, ciliés de poils très courts, rares et doux.
Les Gedeon sont une lignée très aberrante du genre Pimelia ayant par convergence réalisé l’aspect des Ocnera. On n'en connaît que trois espèces, deux de Perse méridionale, une d'Arabie. Sénac a également réuni aux Pimélies le genre Podhomala isolé par Solier et ensuite Reitter et groupant cinq espèces très voisines de Russie Méridionale et du Turkestan. Ce sont des Pimélies aux élytres fortement carénés, très courts et rappelant un peu l'aspect des Ptérocomes, notamment Péerocoma Loczyi Friv. Ces cinq espèces sont d’ailleurs extrêmement voisines. Une des plus caractéristiques est P. serrata Fiscu., de Transcaspienne. C’est un insecte de taille moyenne, 17 mm., de formes élégantes, aux membres longs et grêles, aux élytres fortement costés. La tête est globuleuse, peu développée. Le labre est petit, dépassant la tête en avant. Les antennes très grêles, sont longues et atteignent le premier quart de l'élytre. Cette longueur est due pour une large part à l'allongement du 3° article atteignant la longueur des trois suivants. Les articles intermédiaires sont allongés, à l'exception des trois derniers courts, triangulaires, y compris le dernier brièvement pyramidal. Les yeux situés latéralement peu derrière l'insertion des antennes sont gros, ovales. Le pronotum en anneau globuleux, présente des angles antérieurs aigus avançant sur les côtés de la tête (caractère de Ptérocome). Les élytres en ovale allongé se terminent en ogive. Ils présentent sur le disque une côte interne très fine interrompue, n’atteignant pas l’apex, et une carène médiane extrémement forte, saillante, séparant le disque en deux zones, une dorsale plane, légèrement excavée, une latérale déclive, disposition générale chez les Podhomala. La carène humérale crénelée forme le rebord latéral de l’élytre de l'épaule arrondie à l’apex. Les membres sont longs, extrémement grêles, cylindriques, à l'exception des tibias antérieurs très courts, élargis triangulairement à leur extrémité. Les tibias postérieurs sont extrêmement longs. Les tarses des 3 paires, subégaux, de couleur testacée, très finement ciliés de poils roux et souples, assez longs.
Nous eiterons à côté de cette espèce Podhomala Fausti Kraarz de taille plus grande, 18 à 20 mm., à la côte interne réduite à une fine ligne à peine distincte, à la carène médiane beaucoup plus saillante en forme de crête large isolant une plage dorsale très largement excavée et P. Heydeni Fiscu. aux élytres rugueux, de taille plus petite, 14 mm., chez qui la carène médiane estau contraire très peu saillante, la côte interne marquée par une ligne visible et Le disque élytral nullement excavé. Ces lignées divergentes
de Pimelia d'Asie Centrale montrent combien le type des Pimelia oscille autour des formes réalisées par les genres primitifs de l'Asie Centrale (Centrocnemis, Lasiostola, Pterocoma) apparaissant ainsi comme les types moyens de la tribu.
Il ne nous reste plus qu'à nous occuper de deux genres aberrants d'Afrique du Nord qui sont, l'un le géant, l'autre le nain des Pimélies. L'un, la grande Prionotheca coronata, aux élytres hérissés d’épines rayonnantes, l’autre, les Leucolaephus aux origines problématiques.
Habitant les bords de la mer Rouge, Aden, le Sinaï, l'Égypte, et répandu en Afrique du Nord jusqu’à la région d'Alger, le Prionotheca coronala OL. est le géant des Pimeliinae. Sa taille varie en effet de 30 à 40 mm., ses membres extrêmement longs, les fémurs postérieurs atteignant 15 mm., et les tibias 16 chez l’un des plus gros exemplaires ; cette espèce, outre sa taille, est particulièrement remarquable par sa forme discoïde et par la couronne continue d'épines acérées entourant le bord externe des élytres. Sa forme discoïde et ses épines rapprocheraient à première vue le Prionotheca Soc. des Pimelia (Piesterotarsa) du groupe angulata F. avec lequel elle cohabite. L'étude des caractères l'en éloigne absolument et la rapproche des Ocnera. Ces caractères sont surtout la structure des antennes et des membres, absolument différents de ceux des Pimélies et au contraire absolument analogues de ceux des Ocnera. La tête est extrêmement large, massive, sinueuse à son bord antérieur (caractère d'Ocnera) d'où émerge un labre très large, faiblement sinueux en avant. Les antennes insérées sous une carène saillante sont assez grèles, érès lonques, dépassant très notablement en arrière le bord postérieur du pronotum et atteignant le premier tiers de l’élytre. Les articles ne sont nullement triangulaires, mais filiformes, décroissant progressivement vers l'arrière en longueur. Le premier article est robuste, le second extrêmement petit, réduit à un anneau court, le troisième extrêmement long, autant que les deux suivants réunis, eux-mêmes aussi longs que les trois qui les suivent. Les derniers articles sont noueux, et le dernier article pyramidal petit et court. Ces articles sont très finement ciliés de poils courts. Les yeux sont très gros, en ovale allongé, faiblement réniformes et situés latéralement très près de l’insertion des antennes. Le pronotum est en anneau globuleux, court, sensiblement plus large que long. Les élytres, au bord antérieur coupé droit, sont largement discoïdes, au disque bombé et d'une coupe qui varie suivant les exemplaires d'un ovale très court à un ovale plus long. Le disque est bombé régulièrement, discoïde, non sphérique. Ce disque porte, rangés en lignes régulières, sept rangs de petits tubercules pointus et la côte humérale de l'épaule à l’apex est ornée de 22 épines extrêmement acérées, triangulaires, longues pour certaines de plus de 1 mm., entourant latéralement complètement le disque élytral, au-dessus des replis pleuraux réfléchis engaînant l'abdomen. Cette disposition est unique chez les Piméliens à ce degré, mais nous avons noté chez les Ptérocomes, les Ster-
noplax et certains Ocnera, la tendance à la crénation des côtes dorsales et plus particulièrement He côtes humérales. La couronne épineuse si étrange des Prionotheca n’est à tout prendre qu’une exagération de cette structure. Les membres, d'autre part, de Prionotheca, ni courts, ni aux tibias élargis triangulairement des Pimélies, sont absolument des membres d'Ocnera. Ils sont robustes, surtout quant aux fémurs, aux tibias allongés ne présentant ni carènes, ni gouttières, de coupe circulaire, fortement ciliés comme chez les Ocnera aux tarses très robustes et fortement ciliés et légèrement aplatis à leur face verticale et non latéralement comme chez les Piesterotarsa.
Ajoutons à cela que la tête, le pronotum et les élytres, surtout dans leur zone apicale sont recouverts d'une véritable toison de longs poils roux dressés, analogue à la pilosité tégumentaire des Ocnera et nullement comparable à la pubescence couchée des Pimelia. Le Prionotheea nous paraît donc comme une forme téléelique des Ocnera, plus grande, plus ornée et sensiblement condensée et élargie.
Nous ne parlerons que pour mention du petit genre Leucolaephus Luc. aux élytres couverts d’une squamosité blanche et de très petite taille qui a été rangé en tête de la lignée des Plafyopinae. Cette opinion paraît extrémement discutable pour les raisons suivantes : Les Leucolaephus ont été rangées parmi les Platyopinae sur un seul caractère dichotomique, celui de présenter des yeux ronds (caractère primitif) et non ovalaires comme ceux de la plupart des autres genres des Pimélies, mais la structure de la tête et du pronotum les en éloigne nettement. Nous avons vu qu'un des caractères des Plalyopinae est de présenter une tête verticale profondément enfoncée dans le prothorax aux angles antérieurs lobés et l’engainant. Chez les Zeucolaephus la tête est globuleuse, le pronotum en anneau globuleux comme dans la généralité des Pimelinae et nullement ne enfin les élytres sont squameux, caractère propre à ce groupe et très don de la pubescence couchée des Platyope. La structure des membres est la structure générale de ce groupe d'insectes notamment les hanches antérieures globuleuses et le procès intercoxal saillant en arrière d'elle, Signalons cependant chez Leucolaephus latifrons Fair. la présence d'épines aux tibias antérieurs, caractère primitif qui se retrouve chez certains Diesia comme nous l'avons vu, groupe entièrement distinct, La position systématique des Leucnaeitus d'Afrique du Nord apparaît incertaine et en tout cas nettement distincte de celle des Platyope d'Asie Centrale dont l'aire de répartition est en outre entièrement différente et sans contact proche avec celle des Leucolaephus.