à tO
» ftO à 13
d’au delà de 30 >
»» Nou» savions donc ainsi que les étoiles filantes sont visibles jusqu'à une distance de .30 lieues de la terre et quelles appartiennent à notre atmosphère.
>» Quant aux chemins parcourus, nous en avions observé quatre, dont voici les longueurs :
Le n* 12
indiquait 7,6 lieues allemandes.
Le n° 20
Le n* 22
» La longueur de leurs chemins était donc de 7 à 10 lieues qu elles parcouraient a\ec une vitesse énorme. Le n° 20 de notre catalogue parcourait fi lieues par seconde, et le ii° 22, i à 5 lieues dans le même temps.
Cette grande vitesse faisait présumer des influences célestes; car si elle n’eùl résulté que de l'action de la terre, elle aurait du être de beaucoup plus petite, puisque l'éclair luimême ne parcourt que l.fiOO pieds par seconde, tandis que les étoiles filantes font 4,5 à fi lieues.
(!) Le dw tour 01 bers n propose une méthode pour les calculs; une autre a été donnée par Brandès; nous en avons proposé une troisième. On trouvera ces trois méthodes dans le IX** volume de la Correnpondanee mathématique et physique pour Tannée 1837, page 180. Bruxelles..
(*) Ce sont, bien entendu, 1rs chemins parcourus sans avoir égard au temps.
» Or, il se présentait ici une difficulté à laquelle nous n'avions pas pensé d’abord. Les chemins parcourus par les étoiles filantes s'inclinaient en |tartie vers la terre, d'autres au contraire allaient en se relevant, comme le U” 12, qui montait de S '/■ jusqu'à 12.9 lieues, et cela dans une direction tout à fait perpendiculaire.
» Lichtenberg commençait alors à douter que les étoiles filantes fussent des pierres lunaires, puisque, dans ce cas, le n" 1 2 aurait dû traverser la terre. Ce savant mourut au mois de février 1799, et avec lui s'éteignit l'espoir fondé de faire des progrès dans cette théorie.
» En 1800. nous publiâmes, chez Perthcs, à Hambourg, nos observations nocturnes de 402 étoiles (Hantes, sous le titre de : Essai sur la détermination de In distance, de la vitesse et des trajectoires des étoiles plantes, par Jf. J. Benzcnberg et H. \V. Brandès : ( l'ersuche die Entfernvntj, die Geschuindigkeit und die flahnen der Sternschnuppen zu bestimmen).
» En 1801 et 1802, Brandès observait les étoiles fdanlcs à Ekwardcn, cl moi à Hambourg, à 14 lieues rie distance: car les observations de Gccltingue avaient montré que les stations pouvaient être choisies à une distance de 20 à 30 lieues. Mais on ne voyait alors que peu d'étoiles filantes, et nous n'en obtînmes que trois simultanées, dont l’une allait en montant, mais très-obliquement: sa distance de la terre était, au commencement de sa course, de 7,7 lieues et & la fin de 8,8 lieues.
» Déjà à GoUtingur, en 1798, j’avais eu l’idée que les étoiles filantes donneraient un excellent moyen de déterminer les différences géographiques de deux montres qui seraient à une très-grande distance l’une de l'autre, par exemple, de 50 lieues. La disparition des étoiles filantes a lieu au même instant : si donc deux montres sont placées, par exemple, sous le 51”' degré de latitude, à une distance de 50 lieues, l'une à l'est, l'autre à l'ouest, il faut qu’elles diffèrent de 20 minutes dans le même instant. Je composai sur ce sujet un écrit portant le titre : Sur la détermination des longitudes géographiques pur les étoiles plantes (Ueber die Best immu ng der geogr.Langen durch Sternschnuppen). Hambourg, riiez Perthcs, 1802. Du reste, Halley avait déjà eu la même idée en 1719.
» C'était en 1804 que le spirituel Von Ende publiait son ouvrage sur les méléorolilhes et sur les pierres tombées de la lune. Il n'avait pas connaissance de notre Essai sur la distance , la vitesse et les trajectoires des étoiles filantes, et ne savait pas non plus que quelques-uns de ces météores montent comme des fusées.
» En 1807, Chladni vint à Dusseldorf , et nous entrâmes de suite en conversation sur les étoiles filautes. A vrai dire, je ne savais pas ce qu’elles étaient. Buxtorf, dans son Lexicon talmud Habbin , ne le savait pas non plus, car il y dit : Lucida sunt mihi via roeli, sicut via urbis Saharda . excepta Stella jaculante, qme quid sit nescio. Chladni modifia alors scs opinions sur la nature de ces phénomènes.
DES ÉTOILES FILANTES
>> Dix ans plus tard (en 1817), je le rencontrai à Munster, et nous parlâmes de nouveau des étoiles Glantcs. J’avais encore mon ancienne opinion de 1807, et Chladni avait changé la sienne une seconde fois. Il admettait alors que toutes les étoiles filantes, même celles dont les directions sont perpendiculaires, étaient des pierres lunaires: il disait: << Les » étoiles filantes arrivent de la lune sur la terre avec une vitesse de 8 lieues par seconde. >• Après qu’elles s'en sont approchées jusqu'à 50 lieues de distance, elles pénètrent dans >• l'atmosphère de notre terre. Elles devront alors (à cause de cette vitesse) laisser l'air » derrière elles, et le condenser tellement devant elles, qu'il prendra la densité du mer- » cure. L’élasticité de l'air en sera énormément augmentée, ainsi qu'on peut le remarquer » dans la machine pneumatique , où les hémisphères ne peuvent être séparés par quatre » chevaux: mais aussitôt que l'air y pénètre, ils s'écartent cl tombent. L'air ayant la den- » site du mercure, mais étant 10,495 fois moins dense à la surface de la terre, repousse >■ In pierre, qui remonte dans le vide. »
» Je proposai alors à Chladni de développer, chacun , nos opinions et de les publier dans les Annales de Gilbert. Cela fut fait , comme on peut le voir dans le volume trente-huitième de l'année 1818.
>• En 1823, Brandès observait les étoiles filantes avec ses amis, à Breslau et dans les environs : ils avaient huit différentes stations, éloignées l'une de l'autre de 5 à 30 lieues (notamment Dresde et Breslau). Ces huit stations donnaient 28 lignes d'observation. Il obserta 1708 étoiles filantes, parmi lesquelles il y en avait 63 simultanées. Pour 37 de ces dernières, il a non-seulement calculé le point final, mais aussi le point initial. Il y en avait 27 dont la trajectoire s'inclinait vers la terre et 10 qui s'en éloignaient : le rapport est donc de 1 5 à 5.
» Si l’on groupe ensemble les observations simultanées, ou a la table suivante :
3 s clevaicnt de là 3 lieues germaniques.
de 3 à fi
de 6 à 10
de 10 à 13
de 15 à 30
de 30 4 30
4 • d’au delà de 30 lieues de distance de la terre.
» Cette table confirme celle de l'année 1798, obtenue à Gœttinguc.
>■ Quant au* parties visibles des chemins parcourus, les 37 dont nous avons parlé ci-dessus avaient les longueurs suivantes :
3 allaient en deçà de 3
lieues germaniques
de 3 à G de « il 10 de 10 k 13 de 1» li 20 de 20 4 30
2 allaient au de!4 de 50 lieues de la te
» Ceci s'accorde également avec les longueurs obtenues en 1798.
» Pour ce qui concerne maintenant leur direction vers la terre, ou en sens oppose, 27 sur les 37 tombaient vers la terre, pendant que 10 remontaient. Ce dernier résultat est représenté dans la table suivante (on donne ici, comme précédemment, les chemins parcourus, sans désigner la vitesse respective des météores dans un temps donné):
■eutao.
A v;le
fort»/ l'a la «mirait
parti» Ttttblt du > ht oiln parriuru
10 106* 6 li«ue».
» Il est donc constant qu'il se trouvait parfois des étoiles niantes qui remontaient, telles encore que les n“* 12, 17 et 23, observés à Gœltinguc et à Hambourg.
» Ces treize observations sont solidement établies, et Chladni avait raison. (Ce savant mourut d'un coup de sang, en 1827, à Rrcslau.)
» Je dois citer encore un passage de Brnndés. qui se trouve à la page 37 de ses Observations sur les étoiles filantes (Lcipsig, 1823) : « Il parait résulter de celte citation qu’à ■■ la vérité, ces météores sont sujets à l'action de la gravité, mais qu'ils sont poussés en
DES ÉTOILES FILANTES
>■ méinc temps par d'autres forees qui sont quelquefois assez puissantes pour leur impri— " mer une direction opposée à celle de la gravité. » D'où vient donc qu'une direction opposée à celle de la gravité leur est imprimée? Cela résulte de l'air de notre atmosphère qui. par la vitesse des pierres lunaires, qui est de 5 lieues par seconde, ne s'écoule pas, mais est rejeté en haut.
■■ Je lus l’ouvrage de Cliladni : Sur les météores ignés (Vienne, 1819): je lus éga-
lement les Pièces rehtices d l’histoire et à la connaissance des météorulithes . par Sehreiber. avec 8 planches (Vienne, 1819). Par suite, je modifiai ma manière de voir, mais bien lentement: et ee n'est qu'au mois de mai 183.» que mon opinion fut entièrement changée. J'admis que toutes les étoiles filantes devaient être projetées |Kir des volcans lunaires, cl quelles avaient une vitesse qui surpassait 8. (MH) pieds par seconde, pur suite de quoi elles tournaient autour de la terre comme de petites lunes. Je publiai celle opinion dans leerit suivant : Les étoiles filantes sont des pierres foncées par les volcans de la lune, gui ont un diamètre de i à S pieds, et gui, ayant atteint une ritesse de H, 000 pieds par seconde, ne retombent pus sur la lune , mais circulent autour de la terre par millions. J'avais pris, pour inscription, cette phrase de Lichtenberg : La lune est un voisin incommode , gui salue la terre en lui lançant des pierres.
•• Il nous reste encore maintenant i rechercher la \ ilesse des étoiles filantes avec plus dé précision qu'on ne l'a fait jusqu’à présent. Cette vitesse est très-grande, savoir : de 4.3 à 6 lieues par seconde.
» En 1798, nous n’en avions observé que deux dont la vitesse put être déterminée :
Le n" gO faisait 6 lieue, pur seconde.
Le n* 22 » i n S lieues dan* le même temps.
« En 182.3 :
Le »• 6 faisait 5 lieues par seconde.
Le n* 30 • f»
* Le n" 50 » H
»» Or, il faut observer les cloiles filantes avec une montre à tierce, et alors on peut facilement reconnaître quel est leur chemin par seconde (‘J «
(*) Cette lettre de Bcnzeribcrg, datée du 0 avril 1837, contient encore le passage suivant : * Mon aini Urnudr* rst mort au mois de mai 1834; il était professeur à Loipsig, J’ai maintenant soixante ans. cl j'éprouve un plaisir bien grand décrire à quelqu'un qui s'est aussi occupé de l'observation des étoiles filantes. » — J'avais eu l'honneur de faire la connaissance personnelle de Braiidê* en 1829, et de lui parler de nos recherches commune*, mi il apportait la plus grundc circonspection et en même temps le» connaissances les plus solides. Voyei la Corre*ftondancc math, et phy*.. tome VI, page 167.
Il n'existait donc, même après 1836, que cinq étoiles filantes dont on eut constaté' les vitesses respectives.
Pour déterminer quel était, vers 1837, l’état de la science relativement aux étoiles lilantes, je rappellerai ici une lettre que j'adressai au physicien allemand vers la même époque (‘).
« J’ai été assez heureux pour voir se réaliser mes conjectures relativement à la périodicité des étoiles filantes, pendant la nuit du 10 août. J'avais eu l’honneur de vous parler de ce phénomène dans ma première lettre; et vous avez bien voulu , depuis, m'adresser vousinéme une note sur ee sujet. Malheureusement, je n'ai pu, celte année, observer ici le phénomène comme en 1831 et 1833. Pendant lu nuit du 10 août dernier, contrairement à ee qui semble être arrivé ailleurs, le temps était affreux à Bruxelles. Un violent orage a éclaté au commencement de la soirée, et le tonnerre a grondé jusqu'au delà de minuit. Il a tellement plu, qu'on a recueilli le lendemain 26 l " m ,73 d'eau. La nuit qui avait précédé et les suivantes n’ont guère été meilleures.
» M. Olbcrs. qui attendait aussi avec curiosité la nuit du 10 août, m'a fait l'honneur de m’écrire qu'à Brème , deux de ses amis, dirigés du même cété du ciel , dont ils ne pouvaient voir que le tiers environ, ont compté jusqu'à 60 étoiles filantes en 70 minutes, et qu'à Breslau. on en a compté 558 pendant la durée de la nuit entière. A Berlin, comme à Paris, le nombre de ces météores a été également considérable.
» Je regrette qu’un plus grand nombre d’observateurs n’aient pu être prévenus sur les différents points du globe. J’avais prié M. Arago, à la fin de l'année dernière, d’annoncer à l’Institut que le 10 août serait très-probablement remarquable par le grand nombre d'étoiles filantes, et je lui uvais fait connaître quelques apparitions antérieures sur lesquelles je fondais mon assertion ; mais ce savant distingué a perdu de vue ma demande, comme il m’a fait l'honneur de me l'écrire depuis. Mon dessein, en lui faisant celle communication , comme je la faisais à la même époque à différents observateurs , était surtout d’éveiller l’attention publique sur le phénomène qui devait avoir lieu. Du reste, le fait ayant été constaté, le mal est moins grand, et je suis persuadé qu'à l’avenir les observateurs ne manqueront pas.
» Toutefois il importe de régulariser ce genre de recherches, si l’on veut marcher d'un pas sûr. J’ai cru qu’à cet effet il (allait commencer par recueillir avec soin les observations faites antérieurement . quelque défectueuses qu elles pussent être, et suggérer les moyens d'observer à l’avenir d'une manière plus scientifique qu'on ne le faisait, surtout avant vos travaux importants.
(I) Lettre sur les étoiles filantes, et partirulièmnent sur le phénomène tlu lOaoüt 1857. (t.'ormipoattanrt math. « tphy lomr IX, 1837, page 463.)
DES ETOILES FILANTES
>■ Vous avez cherehé à donner des renseignements plus positifs sur la hauteur, la direct ion , lu vitesse, la forme de ces météores, et c'est aussi vers ce but que tcnduieul mes recherches précédentes; mais la périodicité des apparitions des étoiles filantes, à (époque du 15 novembre, est venue soulever des questions de la plus haute importance. Il semblait même que cette étude dut en venir à ee degré de maturité, pour mériter l'attention du monde savant qui lavait honteusement négligée. On s'est aperçu, dès les premiers pas, que la science présentait des lacunes immenses. On parlait de nuits extraordinaire* , et I on vit d'abord que Ion n’avait aucun moyen de s'entendre sur la valeur de ce mot.
>■ J'ai cru qu'il fallait, dès lors, commencer par constater le nombre moyen d'étoiles filantes qu’on peut apercevoir par heure, et vos observations sur ce point, d'accord avec les miennes et avec celles de notre ami Rrnndès, m'ont donné 8 étoiles filantes pour le nombre moyen de ces météores qu'une seule personne peut observer par heure, et 16 pour un nombre d'observateurs qui pouvaient voir les différentes parties du ciel.
» Ce résultat avait été obtenu par des séries d’observations qui ne comprenaient pas toutes les parties de l'année. C'était pour compléter ces recherches que j'avais invité l'Association britannique à Cambridge, et plus tard l'Académie royale de Bruxelles & proposer aux observateurs un système d'observations combinées sur les étoiles niantes. Celle demande fut favorablement nectieillic: mais elle n'a produit, je pense, aucun résultat.
•• Quant au passé, il devenait en général impossible d'appliquer aucune appréciation sûre aux observations faites sur les étoiles filantes; il fallait s’en rapporter aux assertions des observateurs et prendre pour apparitions remarquables celles qu’ils avaient regardées comme telles. J'ai pensé qu'il pourrait être très-utile de recueillir même ces renseignements, et je puis dire qu'ils m'ont beaucoup servi, comme vous pourrez en juger vousmême.
» La périodicité du phénomène du 1 5 novembre, surtout après les observations faites en Amérique, avait beaucoup frappé les esprits: rt l’on ne s’occupait guère de rechercher s'il existait une périodicité semblable pour d'autres é|>oqucs de l’année. Cependant déjà l'on avait pu voir dans Mitsichenbroek , le passnge suivant, p. 1061, t. II : Stellae codent e* menue migusto potimimum jm.il jiroegrenum aestum trajici observantur, mitent Ha fleltjio, Legdae, L'itrajecti, etc. Il est vrai que le même savant cite plus haut le printemps et l’automne comme méritant aussi de fixer l'attention. M. Th. Forster, qui signale plusieurs apparitions remarquables d'étoiles filantes , mais sans rien préciser sur le nombre de ecs météores, cite aussi le mois d'aoùt comme remarquable. Même observation parait avoir été faite par M. Bellani, à Pavic t Philosophieal mag., septembre 1837. page 273: : mais aucun de ecs physiciens n’a eu l’idér de réunir les dates des apparitions: un pareil rapprochement les aurait sons doute frappés. Cela tient peut-être à ce qu'ils regardaient
27li
rcs phénomènes plutôt comme un produit de la saison que comme un résultat astronomique dont la périodicité pourrait un jour être calculée.
» Dans lu notice que vous m’avez fait l'honneur de m'adresser au sujet de ma première lettre, vousm’avez rappelé que l’observation de M. Rrandès, du lOaoùt 1823, avait aussi frappé avec raison M. Olbcrs, qui. avec sa sagacité ordinaire, s'est demandé si oc jour ne méritait pas une attention particulière; or, avec le catalogue que j ai pris soin de former, cet illustre savant n’aurait pas hésité un instant à sc prononcer pour l'aflirmalive (').
» Je ne puis vous adresser une copie de ce catalogue, qui est un peu long, parce que j'ai cru devoir y citer toutes mes autorités; mais, comme je vais le publier dans la Correspondance mathématique et physique de Bruxelles , je pourrai avoir l'honneur de vous en adresser bientôt une copie imprimée.
11 Je mit propose de vous présenter dans une autre lettre quelques nouvelles remar-
ques et mes conjectures relatives à la nature des étoiles filantes. J'avoue qu’elles se rapprochent beaucoup de celles émises par Olbcrs , dans son dernier article sur ces météores . et par de Humboldt , dans la lettre de ce savant observateur, que vous avez eu la limité de me communiquer ('). Je me félicite beaucoup de me rencontrer avec des hommes de ce
(') Ce qui prouve que je ne m'étais pas trompé sur l'importance qu'OIbcra attachait à un catalogue d'étoiles filantes, ce sont le* paroles de ce célèbre astronome dans le deuxième article sur les étoiles filantes , inséré dans le Jahrhnch de M. Schumacher, pour Tannée 1 8!>8 : « Pour juger si le nombre des étoile* filantes, aperçu dans une nuit, est inusité ou extraordinaire , dit-il , il faut, comme le remarque avec raison M. Quetelet, connaître le nombre moyen de ce* météores qui tombent habituellement dans le* cours d’une nuit. M. Quetelet a déduit ce nombre de ses propres observations, et de relies de Bcnicn~ berg et Brandès; il trouve qu’un observateur, qui n 'aperçoit que la moitié du ciel, peut voir huit étoile* filantes par heure, cl que deux observateurs, tournant leur* regards vers de* parties opposées du ciel,
peuvent en apercevoir seize par heure; Benzenberg donne aussi le chiffre huit pour un observateur *
( Corresp . math, et phys.. tome X, page 438.)
{*) Voici la lettre adressée à Bciizenl>crg par l'illustre de Humboldt, dont le nom doit faire autorité dan* ces malièn** :
« hcrlin, 19 nuii 1H37.
* 1 Les obsn valions que vous avez faites sur les étoile* filante*, matière dans, laquelle vou* avez fait Taire 4 lu science le* progrès les plu* louable*, ont été pour moi d'un haut intérêt.
* (Test précisément la vitesse prodigieuse de leur mouvement qui m'a toujours déterminé à considérer le* aérotilhes comme des corps sc mouvant circulaircmcnt dan* des zones rapprochées. C’est ainsi que presque toutes 1rs petites planètes se trouvent aussi à peu près dans une même orbite.
* La grandeur différentielle de Cérès à Saturne est peut-être égale à celle du plus grand aérolitlie non encore décomposé en fragment*.
» Le* uérolithes qui se meuvent autour du soleil peuvent être distribués dans des zones déterminées, dans lesquelle* ils se suivent, espacés entre eux, comme les billes d’un billard : de manière que les nœud*
DES ÉTOILES FILANTES
mérite, cl je pense quuu fond votre manière de voir, en faisant abstraction de l'origine commune que vous donnez aux étoiles filantes, en les regardant toutes comme des émanations lunaires, se rapproche aussi beaucoup de la leur. Je dois vous prier, avant de terminer, de ne pas voir dans la distinction que je fais des étoiles Glatîtes avec ou sans Irainée lumineuse d'étincelles, plus d importance que je n’ai voulu en mettre moi-mènir. J'ai cru remarquer, dans les premières surtout, des circonstances qui dénotent la chute de corps étrangers à notre globe. »
Mes occupations m’avaient empêché jusque-là de mettre en ordre cl de publier mes divers résultats : je donnais tous mes soins à l’établissement du nouvel Observatoire de Bruxelles et aux voyages nombreux qu’exigeait eel établissement. Je sentis néanmoins la nécessité de faire connu itre sommairement mes premiers résultats. La correspondance bienveillante de Bcnzenberg m’y obligeait: d’une autre part, des lettres amicales d’Arago me portaient à lui laisser le soin d'exposer ce beau sujet dans Y/inuunire du bureau des lont/Hudes de France, comme il en témoignait alors l’intention. Il eût été difficile en elTel de trouver une voix plus persuasive que la sienne. J avais appelé son attention sur la nuit du 10 août, comme étant remarquable par le nombre des étoiles filantes quelle présente habituellement. Je lui demandais en même temps de signaler cette nuit à l’Institut de France, parce que les recherches que j’avais faites ne me permettaient pas d'hésilaliou à cet égard. Il oublia de faire l'annonce: mais le phénomène arriva elfeeli veinent
de» orbite* n'amènent point nécessairement toutes les années, à I époque du IX novembre, par exemple, des chutes d'étoiles filâmes.
. Quelques-unes de ces orbites peuvent traverser l'orbite de notre globe 1 d'autre* époques : M. Quetelet dit au mois d’août.
* Où se trouvait dans l’origine ta matière dont les aérolilhrs sont formés? Cette question est absolument la mente que cette : Où gisait autrefois la matière qui a formé Mars, l'ranus ou les planètes?
* San* doute la lune cl les autres satellites peuvent duuncr lu matière pur jets; mais la question agitée est beaucoup plus générale et n’est pas plus soluble, que ne le sont tomes celles qui se rapportent A l'origine des choses, le* aérolilhrs peuvent , tout aussi bien que lesautre* planètes, s'èlrc eonglobés séparément et rotnmr noyaux, après de nombreuses raudilit-ations dans des atmosphères mues rirruluiremenl, comme aille qui occasionne la lumière zodiacale, par exemple.
> Pourquoi cctlc matière qui , dans l'espace, sc eonglobe diversement ru planètes, comète* ou aérolithes, aurait-elle été autrefois précisément dans la lune?
* Votre mémoire nous donnera, je l’espère, quelques éclaircissements à rc sujet.
- Pardonnez à ce qn’il y a d'aplioristique dans mu lettre, les distractions qui se rattachent « ma position, en partie très-peu littéraire, rendent ma correspondance très-difficile.
- M. Quetelet m’a écrit les mêmes choses qu'l vous. *
(Correspondance mathématique et physique, tome IX, page 387. Bruxelles, 1837.)
i-ommc je* Pavais annoncé , et tomme il le rapporta du reste lui-même à l'Académie (*).
Dans le premier éerit que je publiai à cet égard (•), je fis connaître ma manière d’observer et les formules qui m’avaient servi dans mes calculs; je fis connaître en même temps la méthode de calcul employée par l'illustre Olbers, et celle dont faisait usage l’ingénieux Hrandés. J’exposai en même temps quelques-unes des observations que j’avais faites pendant les mois de juin et de juillet, avec les observateurs qui avaient bien voulu m’aider à Bruxelles, à Gand et à Liège ( # ). Mes autres résultats sont exposés dans le même recueil,
(•) Voici le passage que j'insérai à ce sujet dans la notice nécrologique sur ce savant distingué :
. Peu de temps après» je reçus de lui un billet conçu en ces termes. «Je virns de me décider, à l'instant,
* à écrire pour l'Annuaire, un article relatif aux étoiles filantes. Vos importantes observations ajouteraient ,
» sans aucun doute, beaucoup & l'intérêt que cette question inspire aujourd'hui ou public; c'est assez vous » dire avec quelle reconnaissance je recevrai tout ce que vuus aurez la bonté de me communiquer..... »
Je me bâtai naturellement de répondre à celte invitation amicale. Je réunis tous les résultats auxquels j etais parvenu , et j'en fis la matière de deux longues lettres qui sc retrouveront probablement dans les papiers du suvunt astronome.
C’est k la fin d'une de ces lettres que je lui signalais la nuit du 10 août comme digne de fixer l'attention des physiciens : d’après mes observations et 1rs documents historiques que j'avais recueillisse croyais (Mjuvoir en faire l'annonce à l’Académie et aux astronomes. Mes prédictions ne lui parurent peut-être pas suffisamment fondées, ou plutôt il les perdit de vue; toujours est-il qu’il n'en fut point question à l'Institut. Mais ma surprise fut agréablement excitée , quand je lus, dans les journaux du mois d’août suivant, que les étoiles filantes avaient clé observées en nombre considérable. J’éprouvais cependant quelque désappointement en voyant que l'annonce 11 e mentionnait pas ma lettre. J'en fis l'observation à Arago, il se liAlu de me répondre d'une manière amicale : • Mon cher confrère, je n’ai pas parlé à l’Académie de
* vos prévisions au sujet des étoiles filantes du mois d’août, par la seule (toison que je les avais oubliées. Je k réparerai celle erreur involontaire de grand cœur, lorsque d’ici à peu de jours, j’aurai le plaisir de vous » voir à Bruxelles... Ce 20 août (1857), au moment de monter en voilure. ■ Et en effet, huit à dix jours après, j’eus le plaisir de le voir et de faire quelques excursions avec lui sur nos chemins de fer qu'on s’occupait d'établir alors. Pendant tout le temps que nous passâmes ensemble, il ne fut pas question des météores du mois d’août ; seulement, à l'heure du départ, Arago me dit en souriant : « Je vous sais grc de » deux choses : vous ne m'avez point parlé de vos étoiles filantes, ni de la bataille de Waterloo. »
Il répara ensuite celte omission, comme on peut le voir dans le Compte rendit de la séance du II décembre 1857.
(*) Correspondance mathématique et physique , page 180. tome IX.
(*) M. Van Kees, alors professeur il l’université de l.iége, observait dans cette ville avec MM. Plateau, Leclercq, Jnymart et C'.roeq, conservateur du cabinet de ininérulogie. A Gand, les observations se faisaient par MM. Morrcn et Nanderiier. J'étais secondé à Bruxelles par MM. Groetacrs, Dcman, De Bavay, Ramsay et le docteur Vanderlinden , membre de l'Académie des sciences de Bruxelles.
Je dois aussi rappeler avec reconnaissance les renseignements précieux qui m’ont été communiqués de l’extérieur par des savants de différents pays : je dois ajouter aux noms de MM. Arago, Ilcrschel, Olbers. Brandès, Bcnzcnberg, Cballes, de llumboldl, ceux de MM. Benoit, Krcil, De la Rive, Gautier, Wartmann, Fonder, Silliman, Herrick, Erman, Wci&se, de Boguslawski , Lolla, Carr Woods, etc., qui m'ont aidé de leurs communications dans la rédaction de la Correspondance mathématique et physique.
des Etoiles filantes.
et dans deux mémoires que je Os paraître successivement dans les tomes XII et XV de Académie royale île Bruxelles, pendant les années 1839 et 1811.
Le but que je me proposais, en publiant ces deux derniers écrits, était surtout de remplir une lacune importante qui me semblait exister dans le champ de la science. J'avais pu voir, par mes relations antérieures avec les savants les plus habiles, qu'il existait une coïncidence importante entre les retours de ces phénomènes, dont quelques-uns étaient périodiques et dépendants d'une cause spéciale, tandis que les autres étaient non périodiques, ou sporadique* , d'après l'expression du vénérable Olhers. J'avais remarqué en même temps les relations qui existent entre la production des étoiles filantes et celle des aurores boréales avec lesquelles elles semblent avoir des rapports intimes. D'une autre part, les travaux de Brandis et Beuzenberg ne leur avaient fait connaitrr, pendant leurs premières observations, en 1798, que deux étoiles filantes dont ils avaient pu apprécier les vitesses respectives dans notre atmosphère: et trois avaient été déterminées plus tard par le premier de ces savants, pendant les observations de 1823. Je les ai fait connaître plus haut. A ces résultats, je joignis six observations nouvelles pour lesquelles les vitesses respectives étaient {") :
V I, vitfssc 5,0 hoirs pur srromlr.
lai vitesse, dans sa valeur moyenne, était donc à peu près de 3 lieues de 20 au degré, ou de 6 lieues de France par seconde: celte valeur était un peu moindre que celle donnée par les observations allemandes : mais I on concevra sans doute combien celte détermination est difficile à obtenir. L'essentiel était de reconnaître que 1rs deux séries d'observations donnaient à peu près la même hauteur aur météores observés, et une vitesse semblable à relie de la terre dans son orbite (’).
Il fallait , comme je l’ai dit, reconnaître ensuite quel est le nombre d'étoiles lilanles que l'on peut voir par heure dans un temps ordinaire, et quel est le nombre qui peut se produire accidentellement; c'est celte recherche qui me conduisit à abandonner lemporaire-
(') .tunuuire de l'Observatoire royal de Bruxelles pour 1837, page 271.
(*) M. de Boguslawski , directeur de l'Observatoire de Itrestau, eu calculant 1rs observations du S août 1837, cal parvenu A des résultats analogues dans une notice qu’il a bien voulu m'adresser et qu on trouvera dans le tome XI de la Corresi>omtance inalhémalitpie et physique , page 140.
ment mes autres travaux pour publier les (leux mémoires qui parurent successivement pendant les années 1839 et 1811. Je m'occupai d'abord de rechercher avec soin quelles étaient les nuits de l'année qui. avec le peu de renseignements que j’avais recueillis par moi-méme et par l'aide de mes correspondants, pouvaient mériter l'attention des savants. Celte détermination était d'autant plus importante, que je voyais des hommes du premier mérite se méprendre sur l’existence des nuits extraordinaires, et les confondre avec des nuits où l’on n'aperçoit qu'un nombre moyen d’étoiles filantes.
Il in’eùt été difficile de dire exactement quel est le nombre moyen des étoiles filantes par nuit ordinaire , mes observations ne s’étaient pas suffisamment étendues aux différentes parties de l'année: cependant je ne craignis pas de le porter à huit par heure, pour un seul observateur, et de doubler le nombre, s'il se trouvait assez d'observateurs pour voir toute l’étendue du ciel. « C'élai I pour fixer un peu les idées sur le premier de ces éléments, disais-je en 1839, que j’entrepris, il y a (rois ans environ, de calculer d’après toutes les observations qui m'étaient connues, le nombre moyen d'étoiles filantes qu'on aperçoit dans une nuit ordinaire ('). La détermination de ce nombre étant d une grande importance , je crois qu'il ne sera pas hors de propos de rappeler ici les résultats de mes calculs, en les faisant suivre des appréciations qui ont été données depuis par différents observateurs. Je ne connaissais alors que trois séries d’observations : la première avait été faite par Brandés et Benzenberg en 1798,1a deuxième par Brandès en 1823. et la troisième en Belgique , vers la dernière époque (*). »
Celte appréciation ne fut pas généralement estimée de la même manière : beaucoup de savants l’adoptèrent; quelques-uns, en Europe, la trouvaient trop forte; les Américains au contraire l'estimèrent trop faible. En voyant ee dissentiment entre des hommes expérimentés et consciencieux, je erus devoir admettre que, comme pour les aurores boréales, le nombre des météores aperçus dans deux pays éloignés pouvait en effet ne pas être tout à fait le même.
Le docteur Olbcrs, dans son excellent article sur les étoiles filantes, inséré dans \ ,4nnuaire de Schumacher pour 1838, croit que le chiffre est un peu élevé : « Je pense, dit-il, que ce n’est que dans les nuits de la fin de l’été ou de l'automne, du mois d’aoùt au mois de décembre , qu'il (Huit se vérifier, d'autant plus qu’il semble avoir été tiré d'observations faites pendant celte partie de l'année. Le nombre moyen pour toute l'année n'est, selon moi, que les deux tiers de celui donné par MAI. Quetelet et Benzenberg. >■
Sir John llcrsehel, était de la même opinion qu’OIbcrs. Dans une lettre qu’il me faisait llioniicur de m'adresser en 1 837, il me disait : « D'après ce que j'ai habituellement observé.
{ ') Ballet ins Je l’Académie de Bruxelles, (unie lit . page ici . séance du 3 décembre (856.
(*) Catalogue de * principale* étoile s filantes , par M. Quetelet, 111-4’. 1859, page 9. Mémoire s de l’Académie royale de Bruxelles , tome XII.
DES EIOII.ES FILANTES
je serais disposé à croire que seize étoiles litanies par heure, pour un seul observateur ( for a single observer) , est un nombre au-dessus de la moyenne; mais je ne le regarderais certainement pas comme constituant une nuit extraordinaire , à moins qu'il ne bit doublé. »
M. Am go. dans In séance de l'Institut du 20 août 1838, s énonçait d'une manière contraire : •< A l'Observatoire de Paris, est-il dit dans le compte rendu de celle séance {'), les élèves en ont observé 40 à 50 environ par heure, en bornant leurs observations chacun à une moitié du ciel, tandis qu’ordinuirement on n’en observe que 12 à 15, d’après M. Ara go. et même 8 à 9 seulement , d’après M. Quetelct (■). »
Je me borne à citer les principales conclusions pour l'Europe. Voici quelques estimations qui me parvenaient d'Amérique ; « Selon ces observations, m'écrivait M. derrick. ('). et en l'absence de la lumière de la lune et du soleil, le nombre moyen des météores visibles pendant la partie la plus favorable de la nuit, par exemple, de 3 à C heures du matin, est d'environ 50 par heure; et, de C à 10 heures du soir, d'environ 25 par heure. Un seul observateur n'aurait probablement vu que le quart ou le cinquième de cinombre. » Je n'insisterai pas sur la quantité d'étoiles filantes que peut voir un seul observateur, ni sur celle que présenterait le ciel entier (*): mais il est une distinction beaucoup plus importante à établir, c’est que la dernière partie de la nuit offrirait , toutes choses égales, deux fois autant d’étoiles filantes que le commencement. Ce fait, s'il était exact, et il se trouve avancé par differents observateurs exercés et consciencieux , serait un fort argument sur l'origine probable des étoiles filantes.
Les conclusions que je crus pouvoir poser, dès les premiers temps où l’on commençai à observer régulièrement le phénomène des étoiles filantes, sont encore exactes pour Bruxelles, mais elles étaient trop générait» : il fallait avoir égard à la fois à l'espace et au temps. L'expérience prouve en effet que le nombre de ces météores se trouve, du moins dans le moment actuel , plus considérable dans l’Amérique du Nord qu'en Europe: et. d'une autre part, le nombre des étoiles filantes est plus grand dans la seconde partie de l’année que dans la première: il y n plus, les différentes heures de la nuit n'en produisent pas le même nombre, cl l'on en voit plus après minuit qu'avant.
Cette distinction est extrêmement importante, car elle permet de se prononcer avec
(') Journal L'Institut, te 445, page 47 o.
{*) Je n’en indique tpie huit pour un seul observateur, mais le nombre seize* est donné pour plusieurs observateurs réunis.
(*) Tome XI de la Correspondance mathématique et physique , page 414, auuée 1839.
(V) Benzenberg admettait, comme le savant américain, qu'un observateur ne voit que le quart du ciel. Correspondance mathématique et physique , puge 419, année 1838, tome X.
plus de confiance sur l'origine probable des étoiles filantes et sur le lieu oit elles se produisent : il ne faut doue pas s'étonner de voir l’ineerlitude des observateurs qui ont étudié ees phénomènes avec assiduité, surtout si les idées aetuelles sur lu ronstitulion et la hauteur de l'alniosphèrc sont inouïe les. Loin d'accuser leurs doutes, nous croyons devoir plutôt rendre hommage A leur bonne foi et ù leur impartialité. J'avoue que je me place volontiers dans lis rangs où je trouve llenzcnberg, Brandès, C.hladni . (libers. Lichtenberg, etc. Par une singulière fatalité, les hommes qui se sont le plus occupés de ce phénomène sont généralement ceux qui ont été le plus flottants dans leur opinion , comme s'ils se trouvaient devant un problème insoluble; et je le crois effectivement tel, si nous conservons nos idées actuelles sur la composition et la hauteur de notre utmosphère.
Celte variation horaire se trouve également indiquée dans l'ouvrage Sur les étoiles /Hautes par M.M. Coulvier-tiravier et Saigey , qui parut huit ans après la lettre de M. Derrick. •< La variation, y est-il dit, se rencontrait à toutes les époques de l’année, tant à celles des retours périodiques que durant les nuits ordinaires. Les moyennes pour toutes les années furent les suivantes (" ;
mute Mmm
a**l«<tM par tM«r« .
7 h. 70 m lia noir ... 3,3
U b. du soir. . ... 3,7
1 i ii. ou minuit . . 3,4
3 h du malin . 7,3
4 h 34) m du malin ..... 7,1)
Le même ouvrage dit, comme résultat des quatre années d'observations de 1841 à 1845. qui* l<» nombre des étoiles niantes, pour minuit, est double pendant les six derniers moi* de l'année de ce qu’il est pendunl les six premiers. « en sorte que le nombre horuire passe, sans intermédiaire appréciable, du minimum 3,4, relatif à l'hiver et au printemps, au maximum 8,0, relatif à l'été et à l’automne. » On a les nombres suivants (*) auxquels
(’) Recherche* sur les étoiles /Hautes, Introduction historique, \ vol. grand iu-8"; Paris 1847. l*J Oii jM'iii se demander s'il s’agit ici d'un seul ou de dru* observateur* :1e nombre n étant point mentionne dans I aperçu du troisième mémoire de M. Coulvier-G ravier. Il est dit plus loin : « La cinquième et dernière partie renferme un calcul approximatif du nombre des étoiles filantes que deux observateurpeuvent voir durant l'année. M. Coulvier-Cravicr et son aide obsen aient même en présence de la luue;el. du nombre de* météores, vus le jour de la pleine lune, la veille et le lendemain, on peut conclure que la lumière de notre satellite efface h peu près les trois cinquièmes du nombre des étoiles filantes que l’on aurait vues en son absence. Celle correction change la moyenne générale horaire de 5,0 en 6,0. Quont à la portion du ciel visible pendant les observations, elle n'cil point donnée; en sorte qu’on ne peut faire
DUS KTOII.KS FILANTKS.
nous avons joint ceux qu'a donnés AI. Schmidt, de Bonn, qui s'en éloignent assez sensiblement : la différence pour quelques mois, et entre autres pour mars et pour octobre, est de prés de 1 à 2, soit en plus, soit en moins.
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lit correction relative aux (muges. Ainsi le nombre horaire 6 se rapporte a un état du ciel plus ou moin* couvert, et non pas à un ciel parfaitement serein. • Page 1 75. Ce doute est fâcheux surtout si on le rapproche d'un autre qu'on trouve un peu plus loin, page 179, & propos de lu divergence des deux observateurs dans leur» estimations « Ne comprenant rien à ce résultat auquel j’étais loin de m'attendre, je vins, h-s nuits suivantes, me placer auprès de M. Coul vier-Gravier, et, me tournant vers la région du eicl qu'il surveillait, je remarquai avec surprise que nous n'avions pas la moitié des observations faites simultanément. F.n d'autres termes, chacun de nous manquait plus de la moitié des étoiles filantes qu'apercevait l'autre; résultat qui prouve que l'observateur est tellement distrait qu'il n aperçoit que la moindre partir des météores filant sou s ses yeux. Ce ne sont pas seulement des étoiles très-petites qu’il ne voit pas , mais encore des moyennes et quelquefois de très-groesc*. .. Au reste, le nombre total des étoiles filantes visible à l'œil nu n'est pas très-important il connaître; car il n'y aurait pas de raison de négliger ensuite les météores télescopiques de Mascm, et sans doute de plus ftelits jusqu'à l'infini. » L'auteur a donc donné des résultats très-vaguement observés: je ne crois pas avoir jamais remarqué, entre des observateurs placés l'un à eèté de l'autre, des différences aussi fortes que celles qu'il indique.
Le nombre de* météores observés pendant le premier et le second semestre est comme 2U.Ü à 48,1. d après l'ouvrage de MM.Coulvier-GrovieretSaigey,rl comme 25, X à 28,5 seulement d’après M. Schmidt; ou suppose 5,6 pour la moyenne de février, c’est le nombre donné parles deux observateur* français. Ces deux rapports son tassez dissemblables: d'après >1. Schmidt , il y a. pendant le premier semestre, à peu pré» autant d’étoiles filantes que pendant le second; et, d'après M Coulvier-Gravirr, le nombre des météores du premier semestre u’esl pas même la moitié de ce qu'il devient ensuite, M. Snigcv avoue du reste, que, se plaçant à cAlé de M. Coul vier-Gravier, il ne comptait que lu moitié des étoiles filantes quajtercerait l'autre.
« Il résulte en gros des chiffres précédents, malgré leur dissemblance, dit >1. Antgo en présentant ce catalogue, qu'il y a évidemment plus d'étoiles filantes lorsque la terre se rend de l'aphélie un jtérihélie ou du solstice d'été au solstice d'hiver, que lorsqu'elle marche du périhélie à l'aphélie C'est le même résultat que nous oui déjà donné les aérolithes et les bolides. En compulsant les annale-, de la Chine, depuis les époques les plus reculées. Édouard Biol a fait ressortir une conclusion analogue à celle que nous venons île formuler. •
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Sur le passage d'une étoile filante, on remarque parfois une série d'étincelles, et la trace du météore reste marquée dans le ciel par la persistance plus ou moins longue de cette (rainée lumineuse. La différence est assez sensible pour que je crusse dés l’origine devoir séparer en deux genre* les étoiles (liantes accompagnées ou dépourvues d'étincelles: |H‘ulèlrc convient-il de faire cette distinction; elle a été établie par d'autres observateurs à diverses reprises, bien quelle n'annonce pas une dissemblance marquante dans la nature même du phénomène qu'il s’agit d'anulyser.
Pour ce qui concerne la coloration des étoiles filantes, elle offre également un intérêt important. Les différentes nuances des couleurs sont assez marquées pour qu'on puisse en tenir compte; quelquefois la coloration chauge pendant la marche d'un même météore, et l'étoile lilanle présente des alternatives de couleurs qui varient d'intensité.
Enfin la ligne droite, qui est généralement parcourue, du moins d'une manière apparente, n'est pas cependant la roule toujours suivie : dans des cas assez rares, la courbure se fait sensiblement apercevoir. On a vu même l'étoile filante dévier brusquement de sa direction primitive.
.Nous aurons lieu de rappeler plusieurs de ces particularités dans le catalogue qui sa suivre, et l'ou pourra mieux apprécier leur fréquence relative.
En i ayant des étoiles filantes remonter dans l'atmosphère, Chladni avait remarqué d'abord un fait absolument inconciliable avec leur origine lunaire. Il changea d’opinion ensuite, d'après Benzcnlarg, en considérant le mouvement ascensionnel comme provenant de la vive compression produite sur les molécules de l'atmosphère et de la réaction qui devait en résulter ensuite. Nous avons, il faut en convenir, quelque peine à concevoir ce genre de réaction.
PBISCIP.tl.IS .tPP.tnmo.XS U KS ÉTOILES PILANTES.
D'après les recherches historiques que je fis pour reconnaître s’il existait des nuit* plus particulièrement remarquables par le nombre des étoiles filantes, je trouvai les dates sui- \ antes que je crus devoir signaler. Quelques-unes étaient indiquées déjà d'une manière plus ou moins vague: mais rallcnlion ne s'était pas arrêtée sur elles, faute de renseignements suffisants. La nuit du 1 1 au 12 novembre . cependant, si remarquable par les observations de de llumboldl. fut la première qui fixa l'attention des savants. Le catalogue d’étoiles filantes que je donnai, en 1839, provoqua de nouvelles recherches, et je crus utile d en présenter un plus complet deux ans après, en prolilaut de ces recherches et de celles que je pus faire de mon coté. Celui que je publie aujourd'hui renferme, du moins |Hiur les temps inuderncti , à peu près tous les renseignements historiques qu'on peut désirer sur ces •iiiguliers phénomènes.
DES ÉTOILES FILANTES
\uil du II au / 2 novembre. — Les mois de novembre el d'aoùt étaient déjà connus pour la fréquence des étoiles filantes, mais on ne possédait encore rien de bien positif à cet égard. Musse henhrock disait de ce phénomène, à la page 1060, tome 11 de son Traité de physique qui parut en 1702 : plerumque vere el aulumiw observalur ; et à la page suivante : slellne cadeules menue auguslo politsim um posl progressant aeslum Irajici obsertanlur, sallem ila llelgio, Legdae, L'itrajecli, etc. Ce qu'avaient dit les auteurs à eet égard était à peu près oublié, lorsque de llumboldt signala ce qu'il avait observé en Amérique dans la nuit du 1 1 au 12 novembre. Cette observation produisit le plus grand étonnement ; mais on parut la considérer plutôt comme un phénomène accidentel que comme un phénomène périodique. Cependant elle fut remarquée encore en 1812, 1813, 1818, 1820, 1822, 1823. 182(5. 1828. 1831 . 1832. 1833, 1834. 1833. 183b. 1837, 1838, 1841,1842 et 1840.
« Il pnraitrnil, dit Olhersdans son article sur les étoiles filantes, inséré dans l'Annuaire de Schumacher pour 1837, il paraîtrait qu une immense quaulilé de corpuscules planétaires, formant les étoiles filantes, se meuvent dans des orbite* autour du soleil et traversent l'orbite de la terre entre 18 el 21 degrés du Taureau. Ces orbites rapprochées el presque parallèles entre elles présentent pour ainsi dire une route commune pour des millions, des myriades même de ces astéroïdes infiniment petits, cl qui, en des temps à peu près égaux, dans un espace de trois à six années peut-être, achèvent leur révolution autour du soleil. Sur celte route commune, ils paraissent encore très-inégalement répartis : ici, ils sont resserrés en musses épaisses, là, ils sont répandus les uns loin des autres. Dans leannées 179!) el 1833, peut-être aussi en 1832, l’une de ees masses aura été jetée dans notre atmosphère; durant les années 1831 . 1834 et 1836, il est probable que notre globe n'a rencontré que des astéroïdes , étoiles filantes isolées , quoiqu'ils fussent en assez grande quantité. »
Cependant il est à remarquer que le groupe d’étoiles filantes du 1 1 au 1 2 novembre n'a plus guère été observé depuis une dizaine d'années. Ce groupe a-t-il réellement disparu. ou bien a-t-il une certaine périodicité dans scs retours : l’observation nous le fera connaître.
\uil du 10 au II août. — Pendant le dernier siècle, les mois d'aoùt el de novembre étaient déjà cités, ainsi que nous l’avons vu précédemment , pour la fréquence des étoiles filantes. Cependant l'idée de signaler particulièrement la nuit du 10 août fut suggérée, non par la lecture du physicien M usschenhrock , ni par d'autres documents qui me furent communiqués plus tard, mais par les renseignements que j'avais recueillis moi-même pour en former un catalogue spécial. Las nuits, en effet, que je pouvais citer étaient bien moiunombreuses que celles que je donne aujourd'hui : mais elles étaient suffisantes pour ne pas
laisser do doutes sur In roproduclion du phénomène. Aussi j'invitai AL Arago, le savant directeur de l'Observatoire de Paris, à non pas faire mystère à l'Institut et à lui annoncer le phénomène qui se préparait pour le 10 août suivant. Les années où l'apparition a pu être observée, pendant ce siècle, sont les suivantes , d'après les renseignements que j'ai recueillis : le 10 août 1800, 1801, 1806. 1809, I8H, 1815, 1815, 1818. 1819. 1820,
1853, 1855, 1856, 1857, 1838, 1859 cl 1860. On trouvera ees époques renseignées
dans le catalogue que je donne ci-après.
A la suite de l'annonce que j'avais faite du 10 août comme époque de la reproduction dis étoiles filantes. AI. Th. Forsler me communiqua l'extrait d'un manuscrit intitulé : Hphemerides rerum imlurnliiim , qui semble avoir été composé par un moine, vers la tin du dernier siècle, et qui reproduit la même date du 40 août, avec l’inscription melcoroden. Cette désignation est assez vague: AL Korslcr l'avait reproduite dans son opuscule. The jmekel eiicyrlopaetlia o/'llie iiaturul phnenomena , etc., in-12; Londres, 4827. Cet observateur me dit que, d’après une tradition chez les catholiques de l'Irlande, les étoiles blancs qui se présentent en [dus grand nombre A cette époque étaient le symbole des larmes brûlantes de saint Laurent, dont la fêle arrive justement le 10 août. Quoi qu'il en soit de cette coïncidence de date, elle n’en est pas moins remarquable: on l avait perdue de vue, cl je ne sache pas quelle ait jamais porté à rechercher si la prédiction se vérifiait effectivement dans la nature.
A ees traditions nous en joindrons une autre encore, qui nous a été donnée depuis par Al. Derrick . dans le Journal américain de Silliman, volume XXXA’II, n>‘2. octobre 1839. page 537 : « Une personne née en Thessalie , dit ce physicien, m'a appris qu'il existe une ancienne tradition parmi les habitants des « vingt-quatre villes de Uolos » autour du Pélion en Thessalie. d’après laquelle , pendant la nuit de la fête de la Transfiguration (le 6 août , le ciel s’ouvre, et des rhandelles ( xmdr'ua ) paraissent à travers l’ouverture, il est très-pro liahle, ajoute Ai. Derrick, que le retour périodique des étoiles filantes, nu mois d’août, peut donner l'interprétation de celle croyance populaire. «
D'une autre part , d’après les idées de Al. Éd. Biot, les apparitions des mois d’août et de novembre pourraient bien être, pour les temps anciens, les mêmes que celles qui se remarquent quinze jours plus tôt dans les catalogues chinois.
On voit facilement, d'après ces détails, que le phénomène des étoiles |iériodiques du 10 août, s'il n'est nouveau, était au moins complètement oublié. Il excita assez vivcmnel l'attention des savants des différents pays pour qu’ils le missent au nombre des recherches nouvelles dont ils avaient à s'occuper (').
(') « Knui-il HilnjL Un 1 . selon lu |<< osée de Vl\t. Ilote], |logti»luwsl>i. krnian. 1. luron et Chasles, que
DES ETOILES F1I.ANTKS.
M. Ctmlvier-Gravier a «mis l'opinion que l'apparition météorique du mois d'août tend à s'affaiblir d'année en année. Il est facile de vérifier celte assertion. D'après les observations, fuites depuis 1 837. qui ont été communiquées à notre Académie, nous avons calculé . dans le tableau suivant, le nombre moyen des météores observés par heure il Bruxelles, à Gand et à l’arme.
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