Circonstances locales. — Nature du sol, exposition
4. Circonstances géographiques. — Latitude, longitude, altitude , longueur des jours.
Pour une même personne qui observe constamment les mêmes plantes, cl dans le
même lieu , il sudlra d'avoir égard aux circonstances atmosphériques, parée que les autres eirconslanees sont annuellement les mêmes et ne doivent point troubler les lois de développement : lagc seul varie, et cette variation n'aura pas en général d'effet sensible; particulièrement sur les arbres et les arbustes.
En ce qui concerne la température, deux choses doivent être considérées particulièrement, l'époque oit elle manifeste son action et la mesure de scs effets.
Quelques naturalistes ont cru devoir commencer à compter les températures en partant de l'époque où la plante perd scs dernières feuilles; d'autres ont pris l'époque vague du I" janvier; d'autres ont choisi l'instant du réveil de la plante : mais quel est en général cet instant? Peut-on admettre ensuite qu’il soit le même pour toutes les plantes, ou qu’il soit variable selon les espèces, mais supérieur au point de congélation? Nous serions disposé à prendre cette dernière époque , qui succède à la saison des frimas.
(') Parmi ira savants qui sc sont occupés précédemment des phénomène» périodiques des plante», je citerai en particulier de Humboldl, Léopold de Buclt, Boussingault, Martius, Sennebier, l'abbé Cotte, le baron il Membres Firmas,Sc.hubler, Berghaus, Tb. Forster, etc. Dons ccs derniers temps, celle étude a été reprise avec un nouveau stèle et plus d'activité par un grand nombre d'observateurs, entre autre» MM. Fritsch rt Kreil.
|*) Sra te curât tut La Belgique, Phénomènes périodiques des pituites, page t.
Comment convient-il ensuite (le déterminer l'action des températures? De nombreuses recherches m'ont convaincu que In plante se développe beaucoup plus rapidement pendant une même température moyenne, quand cette température varie, que lorsqu'elle demeure uniforme. Il est bien entendu que ces variations ne doivent être considérées qu au-dessus du point de congélation; j'ai cru reconnaître aussi, par des observations soigneusement comparées, que les effets produits sont comme les carrés des températures, et non dans le rap|>orl des températures seulement : ainsi une température uniforme de 10 degrés produira moins d'effet qu'une température moyenne de 10 degrés qui varie entre les limites de 6 et 14 degrés : les effets seront comme 100 est à M * 188 — 1 16 (').
La méthode qui évalue les effets produits sur la végétation par l’action des températures est ancienne: elle a été soutenue par des savants d'un grand mérite, par Linné, Réaumur, Adanson, l’abbé Cotte, Boussingault, de Gasparin, etc. Elle a d'ailleurs l'avantage d'être d'un calcul plus facile, et elle peut aisément suffire dans le plus grand nombre de cas : c'est ce qui fait, je pense, qu'on sera toujours porté à s’en servir de préférence; mais les calculateurs pourront difficilement admettre que les effets de la végétation demeurent les mêmes, pourvu que la température moyenne reste constante, quelles que soient d’ailleurs les alternatives qu'elle présente.
Je ne parlerai pas de l'hypothèse admise depuis par un physicien ingénieux , M. Robinet, qui pose des idées toutes différentes de celles auxquelles j'ai eru devoir m’arrêter, cl qui pense que les effets de la végétation sont proportionnels aux racines carrées des températures. Je ne inc suis éloigné de l’idée simple des botanistes que par la conviction . basée
(') Soit en effet T la moyenne de n températures diurnes t, I', I", etc.; soient, de plus, a, s', a", ele-, - 4 "’> — s", etc., les variations ou écarts des températures I, I', t", etc., par rapport à la moyenne, on aura
f« = (T + i )i = T* + Il T -s i 1
d’où
-f* = «'P -+• 2T (a •+* 4' 4" + etc., — a'" — 4" + etc.,) 4- sa 1 ;'
mais, du près la proprié U* de la moyenne, on doit avoir
a a' 4 - a" ele. — a''* — a" — etc., = o, ce qui réduit l’expression précédente à
En conservant a T la même valeur, le second membre deviendra un minimum quand 1 a* sera nul, c'està-dire quand il n y aura pas de variation. Ainsi la somme des carrés des températures il/* sera la plus petite possible, la température moyenne T de la période demeurant la même, quand les variations a seront milles, et cette somme sera d’autant plus grande que les varialious de température croîtront davantage. (Scr le climat de la BELGIQUE, Phénomènes périodiques des plantes , page 42).
DES PLANTES ET DES ANIMAUX
sur l'expérience, que cet éloignement était indispensable pour rester dans la vérité; je ne pourrais donc admettre une idée qui m’en éloignerait davantage cl qui conduirait A des calculs plus compliqués.
Les températures extrêmes, disons-nous, ne doivent pas dépasser certaines limites; il en est de même des températures moyennes. Il ne suflit pas en effet qu'une plante ail reçu une certaine somme de températures ou de carrés de température pour arriver à la floraison, il faut encore que cette somme ait atteint un certain degré d’élévation, au-dessous duquel la floraison ne pourrait pas avoir lieu. « II faut, dit M. de Huinboldl ('), pour produire en grand du vin potable, non-seulement une température moyenne de l'année qui s’élève au-dessus de 9° ou de 9", 8, et, en hiver, qui ne soit pas au-dessous de I" ou de 1“,$, mais surtout un été qui excède pour le moins 18°,3. » L’expérience seule peut nous apprendre jusqu’où va l'influence de cette moyenne.
Une plante, qui ne fleurit que sous une température de 1 5 degrés verra dépérir scs boulons sous une température constante de 14°: tandis quelle se couvrira de fleurs sous une chaleur variable de 12 à 16 degrés. Pour 12 degrés, elle ne prendra aucun développement, mais pour 16", elle fleurira et conservera ses boutons épanouis lors même que la température baisserait un peu.
On n’a guère d’expériences sur les actions du rayonnement solaire et de l'humidité de l’air, cependant il suflit d'avoir suivi attentivement les progrès de la végétation pendant quelque temps pour en reconnaître tous les effets : on ne voit pas sans surprise les plantes se courber et se tordre pour arriver à saisir quelques rayons de soleil que tendent à leur dérober d’autres plantes, ou ne montrer aucune végétation dans les parties où elles sont trop privées de l’action de l’air. Quelquefois même, à distance d’autres plantes, elles cessent de suivre la verticale et se détournent vers des points où la lumière et surtout les rayons du soleil leur arrivent en plus grande abondance.
On toit aussi , i la suite de pluies qui se sont longtemps fait attendre, les plantes prendre en quelque sorte une vie nouvelle, malgré l’élévation de température qui avait régné jusqu’alors et malgré son abaissement après celte chute d’eau fécondante. Le défaut d'humidité de l’air fait surtout sentir son action vers le retour du printemps et lorsque la feuilluison prend ses premiers développements; souvent, malgré des températures favorables, la végétation reste entièrement suspendue. Cette variation prouve assez qu'on aurait tort de considérer les chaleurs comme l’unique cause de la végétation; il y a plus, malgré l’élévation de température, la végétation peut s'arrêter et ses germes peuvent mdétmire, si l’action fécondante des pluies ne vient la seconder.
L’état ^électricité de l'air est lié intimement à l'action de la végétation ; ces deux phénomènes marchent A peu près parallèlement; je ne prétends cependant pas que l'un dépende
(*) Asie centrale, tume lit, page 55.
immédiatement de l'autre, car tous deux peuvent être produits par les mêmes causes : si Ion considère, en effet, l'atmosphère comme se formant de deux parties, dont l’une est superposée à l'autre et dont l'épaisseur respective varie selon les saisons, on saisira mieux les effets produits. En hiver, l'action des températures est bien moins longue et moins activera couche d'air inférieure, constamment remuée pendant le jour, a, par suite, bien moins d cpaisseur qu'en été. La couche supérieure, qui n’est point remuée, descend avec clic; et si sa partie inférieure inlluc sur les phénomènes électriques, on concevra que ces phénomènes se manifesteront avec plus d'influence pendant l’hiver que pendant l'été. Or, c'est en effet ce que I on remarque. J'ai fait de nombreuses observations sur ce genre de phénomènes dont les principaux résultats ont été donnes dans un des chapitres précédents; je les ai continuées régulièrement & l’heure de midi, pendant l'espace de treize années . à partir de 1843, et tous mes résultats continuent ce que j'avance. Je ne donnerai ici que les résultats de 1843 à 1837, dont je rapprocherai les jours de tonnerre, ceux de température, de brouillard , et les degrés de sérénité du ciel en même temps que les indications de l'actinomètre d'ilerschcl. On pourra juger avec plus de facilité du mode d'action de tous ces agents et des rapports qu’ils peuvent avoir avec l'état de la végétation.
Electricité , jours de tonnerre, etc. , pendant les différents mois et à l'heure de midi.
iUCVIKITt de l’air
JOUIIS
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