‹ Sur le physique du globeChapitre 131 sur 169 · AC1I · texte numérisé non relu

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DES PLANTES ET DES ANIMAUX

On voit que la quantité d'électricité , A l'heure de midi , est beaucoup plus grande en hiver qu'en été : le rapport est d'environ 10 à 1. Cet accroissement marche d une manière à peu près parallèle avec le nombre des jours de gelée et de brouillard, cl inversement avec le nombre des jours de tonnerre, d'élévation de température et de valeur uetinométrique. Ces résultats s'expliqueront facilement, eu les faisant dépendre de la partie mobile de l'atmosphère qui est en contact avec notre sol et qui, moins élevée en hiver, est à peu près la seule sur laquelle nos expériences aient pu porter jusqu'à présent.

Ils s'expliqueront plus nettement encore, si l’on considère la nature des nuages. Le ciel conserve mieux son état stable pendant les jours d'hiver que pendant les jours d'été : les échnufTemcnts y sont moins sensibles et moins longs; en sorte que l'étal qu'on y remarque est moins sujet à varier dans l’espace d’un jour. D’une autre part, l’épaisseur de la couche agitée, couche qui porte les nuages, étant moindre en hiver, on y comptera moins qu'en été de nuages supérieurs, tels que les eirri, les eirro-cuinuli et les eutnuli. Ces résultats deviennent sensibles par l'inspection du tableau suivant, où l'on verra également que la présence du nuage orageux , le nimbus , est beaucoup plus fréquente pendant la saison de» chaleurs que pendant l’hiver.

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Je ne parlerai pas des effets produits sur l’hygromètre et le psychromètre , hicn que la tension et la vapeur d’eau soient plus que doubles en été de ce qu elles sont en hiver; cependant. à l'inspection des valeurs données par le psychromètre, on trouve que l’aiguille marque à |>eu près 88 degrés en hiver, tandis qu'elle en indique 63 ou 61 au printemps; d'une autre part, comme je l’ai fait voir, la quantité d'eau tombée en un jour est plus grande pendant les chaleurs que pendant les froids.

Pour ce qui eoneerne les circonstances individuelles relatives à la plante, il suffit d'avoir suivi attentivement l'élut de la végétation durant quelque temps, pour reconnaître les différences quelles y apportent. Qu'on examine deux plantes voisines de même espèce mais non du même âge, ou les tranches d'un même individu dans sa partie inférieure ou vers son sommet, et l’on y trouvera une dissemblance marquée: les dates de la feuillaison seront totalement changées. Il est des plantes qui, dans une même espèce, dans le marronnier, par exemple, portent ces différences à des degrés si prononcés, qu'on ne fait pas difficulté de les nommer précoces ou tardives, selon que celte quantité est plus ou moins apparente. C'est par ec motif qu’il sera toujours lion de pouvoir consulter plusieurs individus d'une même espèce, quand il s'agira de déterminer les circonstances qui caractérisent une plante désignée.

Les circonstances locales , telles que l’exposition des plantes et la nature du sol pritduisent des effets également sensibles. Quelquefois des jardins très-voisins montrent les plus grandes inégalités à cet égard; et quelquefois aussi, dans un même jardin, une plante, dans un sol plus ou moins découvert, plus ou moins fécond , produit des différences qu'on ne saurait méconnaître. Ce sont des caractères auxquels il faut nécessairement recourir, si l'on veut avoir une idée juste du phénomène.

Un pécher en plein air ne saurait donner son feuillage, scs fleurs cl scs fruits aux mêmes instants où on les observerait s'il était placé contre un mur, convenablement exposé h l’aetion du soleil. Ce n’est qu’en ayant égard à toutes ccs causes, si différentes en elles-mêmes, que l'on peut espérer de parvenir à des résultats qui méritent d’être comparés et qui apportent quelque exactitude dans nos connaissances à cet égard (').

Je ne parlerai pas des circonstances géographiques qui font varier la floraison d’une plante de quatre A cinq jours pour une différence de hauteur de 100 pieds environ, ou bien encore pour une différence d’un degré de latitude. Il suffirait donc de nous rapprocher d'un degré des contrées septentrionales , ou de nous placer sur une hauteur surpassant de 100 pieds celle que nous avions d'abord, pour voir, par cette seule cause, la floraison retarder d'environ quatre jours, toutes les autres circonstances demeurant les mêmes.

0) J’ai essayé d'indiquer, dans un autre travail, l'inégalité des températures cl de la végétation pour 1rs plantes exposées il roniLre et au soleil, Phénomènes p ériodique) de» plante), tonte I, page I# de l'ouvrage sur le Climat de la Belgique.

DES PLANTES ET DES ANIMAUX. 53

Quant à la longitude , on sait, par les expériences faites dans le nord de l'Amérique, que la végétation y éprouve, en même temps que la température, un retard marqué par rapport aux mêmes latitudes dans nos climats. Ces résultats sont bien sensibles, et l’on voit sans peine que les retards sont en rapport avec les lempératu res. On reconnaît que nos climats, plus favorisés, sont dans des circonstances plus heureuses, pour ce qui concerne la végétation cl la maturité des fruits. Il convient donc de commencer par déterminer la constante de chaque lieu de la terre, c'est-à-dire la température annuelle, avant de chercher à déterminer les modifications particulières que font subir à cette valeur les circonstances particulières dans lesquelles elle se trouve.

C’est à l'astronomie qu'appartiennent les admirables lois qui règlent la marche de notre globe autour du soleil et sa révolution autour de son axe; c'est à celte science qu'il appartient de nous faire saisir la succession des saisons et des jours qui répandent la vie et la variété sur ce monde. L'étude des corps qui vivent sous cette salutaire influence concerne les deux règnes les plus intéressants de la nature ; le règne animal et le règne végétal. Il est impossible à l'astronome, en ramenant scs regards sur la terre, de ne pas être frappé de ce contraste. Je ne parlerai pas de tous les effets produits, car il faudrait aborder à la fois toutes les sciences ; je ne veux considérer, dans ce qui va suivre que les résultats de quelques-unes des lois relatives aux plantes et aux animaux.

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