‹ Sur le physique du globeChapitre 162 sur 169 · i mari · texte numérisé non relu

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Les observations que h-s savants étrangers ont bien voulu faire à notre demande, pour les comparer à celles de la Belgique , n'ont pas été aussi nombreuses que nous aurions pu le désirer: mais elles suffisent cependant pour fixer nos idées sur la marche du phénomène dont nous nous occupons ici. Elles sont ducs à des hommes d’un grand mérite, qui ont pris les précautions nécessaires pour les rendre, autant que possible, exactement comparables: quelques-unes cependant sont trop peu nombreuses pour que les résultats puissent inspirer toute la confiance désirable.

Les observ ations recueillies à Parme, par les soins de MM. Colla et Sehcrer. n'ont malheureusement point été continuées : 1a mort de M. Colla, l'un de nos correspondants les plus zélés, a porté obstacle à ces recherches, auxquelles nous attachions un grand prix. I. Italie est un point remarquable pour ces sortes de travaux : il était utile d étudier le phénomène de périodicité le plus près possible de sa source.

Pessan, vers les frontières de l'Espagne, était également un point important pour le midi de la France. M. Rocquemaurcl. l'observateur intelligent qui a bien voulu nous communiquer scs travaux pendant un certain nombre d'années, n'a pu, par suite d'un déplacement de résidence, nous en continuer les utiles résultats.

40fi

Les observations de Vienne, que nous a transmises H. Fritsch, en qui nous pouvons avoir la plus grande confiance, ne concernent malheureusement que l’année 1855, pour laquelle nos correspondants étrangers ne nous ont fait parvenir aucune observation. Peutêtre convient-il de les considérer ici séparément , en les comparant aux valeurs des observations de la Belgique pour la même année 1855.

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Vienne '34 avril. 30 avril. S7 avril. SB avril.

Belgique 8 • 90 • 11 mars. 3 mai

On peut voir, d’apres cela, que les nombres obtenus par l'un et l'autre calcul restent à peu pré» identiquement les mêmes, mais ils offrent une différence considérable entre les dates des deux pays, du moins pendant les premiers mois de l'année.

.MM. Benoist et Depierrc, qui avaient eu l'obligeance de nous transmettre les observations pour la Suisse, n’ont malheureusement pas continué leurs utiles communications. Purmi les valeurs que nous avions à considérer, nous ne trouvons que celles qui sont relatives au Riiticilla tithys, qui a été observé pendant les cinq années de 1812 à 1846. En prenant seulement les résultats de ces cinq années pour la Belgique, nous trouvons pour date moyenne de l’arrivée de cet oiseau le 29 mars, et la Suisse donne le 21 : la différence est donc de huit jours de retard sur l’arrivée du Ruticilln en Belgique , tandis que les nombres généraux , pris sur toutes les dates du tableau, ne donnent que quatre jours.

Les observations de Valognes (Manche) sont ducs à M. Armand Benoist. Faites en France et dans le voisinage de la Belgique, pendant les trois années de 4844 à f84(i, elles pourraient servir en quelque sorte de contrôle aux observations belges, si elles avaient pu être prolongées pendant un temps plus long. Il importe cependant de comparer leurs valeurs moyennes à celles de notre royaume , faites pendant la même période.

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Yaloftitci .... H avril. 90 avril. 10 avril 7 avril.

Belgique 3 « 17* 98* 90 mars.

On voit que. dans l'intérieur de la Belgique, les appréciations faites pendant le même temps ont donné, excepté pour le Cypselus apus, des dates un peu moins avancées que dans la station deValognes.il régne, du reste, dans le tableau général, une concordance plus grande que dans ces dernières valeurs.

DES PLANTES ET DES ANIMAUX

Les observations de Lochetn, dans la (jueldre, et celles de Dcvcntcr, recueillies par MM. Staring et Ant. Brants, donnent des valeurs assez semblables à celles de Bolgit|uc: elles se présentent généralement un peu plus lard , comme on devait s'y attendre.

Polpcrro, dans le Cornouailles, a donné des valeurs qui différent peu de celles de la Belgique. D'une autre part, les observations faites pendant six ans, et avec un grand soin, par M. Jonathan Coucli, produisent presque identiquement les mêmes résultats que celles de notre royaume. Cette localité se trouve sous l'influence des vents doux du sud et du sud-ouest qui ont passé au-dessus des mers. La station de Swaffham . au contraire, située sur la rive opposée de l’Angleterre, présente un ciel plus froid : le retard, par rapport à la Belgique, est assez sensible, et nous avons eu heureusement pour le déterminer M. Jenyns, le savant auteur du calendrier anglais des phénomènes périodiques des animaux et des plantes (').

Les nombres que donne Stctlin annoncent un climat différent de ceux que nous venons de considérer. Les observations du cette station ont été recueillies, pendant plusieurs années, par des hommes de mérite, MM. Hess et Dohrn, qui n'ont pas montré moins de connaissances que les intelligents observateurs que nous venons d'indiquer.

L’apparition des animaux ou voyageurs ou dormeurs est plus facile à constater que l'époque de leur disparition. Aussi ne s’est-on guère occupé avec une certaine persévérance que de ce qui concernait le départ des hirondelles. Pour VHirundo ruslica, le départ, en Angleterre, se faisait le IG octobre; il avait lieu en Belgique et en Hollande à la lin du mois de septembre. Le passage unique, indiqué pour Pcssan, a eu lieu le 4 octobre; il date de 1850, époque à laquelle il se faisait en Belgique le il) octobre, d'après la moyenne de Bruxelles et de Liège , les seules villes où on l'ait observé. Quant à l'hirondelle des villes, elle n’a été marquée, pour le départ, qu'en Belgique, en Angleterre et à Stctlin : les dates sont à peu près exactement les mêmes. Les oiseaux, en partant de Slettin le 17 septembre, passaient par Swaffham le 20 et par la Belgique le 22 du même mois.

On conçoit que le départ d’un être vivant qui se déplucc rapidement ne pourrait se constater, comme nous l’avons dit, avec la même facilité que l'épanouissement d'une fleur à position fixe et que l'on peut examiner quand on le désire. II faut donc admettre unicertaine latitude dans l’observation de ces faits fugitifs, et plus encore dans le départ des oiseaux que dans leur arrivée. Cependant ces faits variables peuvent se constater, en moyenne, avec assez de justesse: ainsi l'hirondelle des campagnes se montre à Parme dans la première partie du mois de mars; on l'observe ensuite à Pessan, dans le midi de la France; au commencement d’avril, elle pusse par Valogncs et la Belgique, et, huit à dix

(') Ohttrvaliim.s in nalural histonj ; Londres 1846, chez John Van Voor-t.

jours après, elle se trouve dans la Gueldre et l'Angleterre. La marche de l'hirondelle des villes est moins bien marquée : le 20 avril, elle est dans le nord de la France; le 21 , en Belgique; le 20, à Stetlin,ct le 7 mai seulement à Swaflham.

Le Cuculus eanorus, en arrivant, se montre, à Pessnn, le 6 avril; dès le 18, à Polperro; le 21, il se trouve en Belgique; le 27, à Lochem, dans la Gueldre; le 1 er mai. à Swaffham, et le 10, à Stetliu.

Le CypseUis apus emploie un temps assez long à se transporter jusque dans la partie la plus reculée de l’Angleterre : le 18 mars, cet oiseau passe par le duché de Parme; le 10 avril, on l'observe à Yalogncs; puis, au commencement de mai, on le trouve en Belgique, en Hollande et en Angleterre.

Le Vesperlilio pipislrellus révèle son existence avec plus de lenteur ; on le voit en Italie dès le mois de janvier; au commencement du mois suivant, on le trouve à Pcssan, dans le midi de la France: vers le milieu de mars, il se réveille en Belgique, et les premiers jours d’avril le trouvent dans la Gueldre. A Stettin, il. est vrai, on a constaté son apparition quelques jours après l’avoir vu à Bruxelles, mais avant qu'il partit dans la Gueldre et même à Yalogncs, dans le nord de la France. On peut supi>oser que. dans celte dernière localité, il a été aperçu un peu tard.

Le hanneton |uirail plus rapidement dans les différents lieux où on l'a observé ; comme à la chauve-souris il ne lui faut pas de déplacement; il lui suffit d’une certaine température et de la feuillaison du tilleul surtout : on le voit parailre presque en même temps que se montrent ces deux moyens d’existence. On le retrouve le !■* mai à Bruxelles, neuf jouis plus loi à Parme et six jours plus lard à Stettin. Les tableaux de Swalfhatn ne signalent son apparition que le 27 mai. Cette circonstance favorable à l’apparition du hanneton et assez facile à constater, s’est présentée trois fois de suite et A peu près exactement le 27 mai, pendant les années 1847 à 184!1. L'observation n’a été donnée qu'une quatrième fois en 1843; mais la date dubitative porte le 15 juin, et nous avons cru devoir la négliger dans la moyenne.

Le papillon citron (Colias rhamni ) s’est montré à Pessan, le 14 février; le 8 mars, il se montrait en Belgique, et le 26 mars A Swalfhatn. La différence entre ces deux derniers pays est assez grande; mais elle ne repose que sur une seule observation faite en 1844, époque où son indication n’a point été donnée [tour notre royaume.

La grenouille était vue en Belgique et en Hollande du 12 au 15 mars, et on l’observait à Stettin le 25 du même mois.

Il serait impossible de trouver ici une marche uniforme dans les dates, puisque les phénomènes sont loin de sc ressembler, ün ne peut assimiler le passage des oiseaux voyageurs qui nous viennent du midi A l'apparition du hanneton ou de la chauve-souris, qui n'ont pas quitté nos provinces et qui sortent d'un état de torpeur; mais il est trèsutile de connaître les jours moyens où se font les apparitions de ces êtres temporaires et de pouvoir marquer leurs retours , qui dépendent plus ou moins des chaleurs et de l'humidité de l’air.

DES PLANTES ET DES ANIMAUX

Mil

Après avoir exposé sommairement l'aetion des saisons et des jours sur les phénomènedu globe et en particulier sur les plantes cl les animaux qui vivent à sa surface, je dev rais faire connaître avec détail leur influence sur l'étrc le plus distingué de la création , soit en le prenant isolément, soit en le considérant dans l'ensemble du système social: mais celte étude séduisante est d’un caractère trop étendu pour trouver place dans le cadre actuel que je me suis tracé.

L'homme mérite une attention particulière : il a fait l’objet de mes constantes recherches; j'ai essayé de le peindre dans un ouvrage spécial, mais encore inédit, et qui le concerne individuellement. L'étude seule de ses proportions, en ayant égard à la différence des sexes et aux mutations successives que l'âge introduit dans ses formes, est une des branches les plus intéressantes que la création offre à nos recherches. Il est curieux ensuite de juger comment ce beau sujet a été traité par les différents peuples et aux différentes époques. L'histoire des proportions de l'homme est une des parties les plus attrayantes que présentent â la fois la théorie des arts et l’étude de la philosophie. Elle donne aussi uu exemple frappant de la manière dont l’observation a marché aux diverses é|>oques pour arriver a la connaissance de la vérité (').

Je m'abstiendrai également de considérer l'homme dans l étal social et de résumer en quelque sorte les qualités qui prédominent dans les masses, en l'envisageant sous le rapport physique, moral et intellectuel. J'ai lâché déjà de reconnaître les principales lois qui le djrigent, et j'ai essayé d'en présenter uu aperçu dans celui des mes ouvrages qui a trouvé le plus de faveur, si j'en juge du moins par la manière dont il a été accueilli et par le nombre des traductions qui en ont été faites en Europe : je veux parler de la Physit/ue sociale. La statistique m’a successivement conduit à examiner les lois qui concernent directement les naissances, la reproduction et lu mortalité de l'homme; j’ai cru devoir le considérer ensuite sous le rapport social et faire ressortir ses caractères les plus saillants; mais ces recherches sont à peu près étrangères au sujet qui nous occupe ici, et je dois me réserver d’y revenir cl de les traiter avec détail dans l'ouvrage spécial dont j ai publié les premiers essais, il y a plus d'un quart du siècle , 1 ).

(*) MM. Gluge, Spring et Schwann ont bien voulu réunir, a ma prière, dans tes recueils dr l* Académie, différentes reeberelies relatives au développement de l'homme. M. Spring en particulier a écrit une savante notice pour diriger les investigations des observateurs; mais ees travaux curieux, entrepris par des savants de mérite, avaient plus spécialement pour objet la mesure des organes internes dans des corps privés de vie. Ils me seront d'une grande utilité, quoique tes reeherebes que je présenterai soient dirigées plutôt dans un sens artistique telles oui plus particulièrement pour objet l'étude des corps vivants, les grandeurs et les proportions de rhurunr de leurs parties et l’expression de leurs formes. J'ai été également secondé dans res travaux pur plusieurs de nos artistes distingués , qui in’ont aidé de leur concours.

(*) Sur t homme et le développement de tes facultés , ou essai de physique sociale. Paris , cher Bachelier, imprimeur-libraire; 3 vol. in-8"; 1855.

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