‹ Sur le physique du globeChapitre 163 sur 169 · DBS MARÉES SUR LES CÔTES DE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

DBS MARÉES SUR LES CÔTES DE LA BELGIQUE

L établissement du port , <m quelques points principaux des côtes de la Belgique, avait déjà fixé l’attention des physiciens . quand l'abbé Mann , dans le cours du siècle dernier, entreprit des recherches nouvelles ('). Les tomes I et H des premières publications de l'Académie de Bruxelles contiennent les résultats de ses travaux sur les marées de Nieuport et ceux d’autres observateurs pour les principales stations du pays.

Ces recherches furent reprises en 1833, d’après la demande de MM. Whewell et Lubliock, membres de la Société royale de Londres, dans le but de faire suite à des travaux dont ils s'occupaient alors. Le premier de ces deux physiciens présenta un essai de caries hydrographiques pour cinq cent quarante-sept stations des lies Britanniques, ainsi que pour les principaux États de l'Europe et des côtes orientales de l’Amérique. Ces eartes indiquaient les lignes colidale » . c’est-à-dire les lignes sous lesquelles l’heure de la pleine mer est la même.

D'après la demande de M. Whewell . présentée à l’Académie de Belgique, par l'un de ses

(*) L'ubbé Mau» était Anglais d'origine. 1i était né en 17.74; mais it quitta de bonne heure sa patrir. et, après avoir parcouru In France et l’Espagne, il vint s'élabtir à Nieuport, puis k Cotirlrai; en 1774, il fut reru membre de l'Académie royale de Bruxelles , dont il devint le secrétaire perpétuel en 1 787. Après l’invasion de In Belgique par les Français, il sc réfugia à Prague, où il finit scs jours. Le tome If des anciens Mémoires de l'Aeadcmic de Bruxelles contient un mémoire de l'abbé Mann sur l'histoire nauiretle de la mer du Nord, dont la seconde section traite des marée, et des courants en général.

Digilized by Goosl

DUS MAREES

membres, cl d'après l'invitation de l'amirauté d’Angleterre, M. le Ministre de la niariutvoulut bien faire exécuter les travaux désirés sur les eûtes de uotre royaume (').

Les observations relatives à l'heure et à l'élévation de la haute et de la basse marée , à la direction et & la force du vent, à l’état du ciel, etc., ont été commencées presque eu même temps A Ostende , à Ni eu port , à Dlankcnbcrghc , à Anvers et à Sainte-Marie : mais elles n'ont pas été continuées simultanément. Celles d'Ostende furent faites pendant un an et celles de ülankcnbcrghc et de Nieuport pendant six mois seulement. On doit regretter que l’indieation de l’heure n’ait pas toujours été donnée avec tout le soin désirable. A Anvers et dans la station voisine de Sainte-Marie, l’heure a été indiquée plus exactement et obtenue par des moyens plus surs. Malheureusement ces observations ont été faites également dans un espace de temps assez restreint, puisqu'il n’a pas dépassé la durée de sept mois.

Les différentes observations qui ont été discutées s’élèvent à près de cinq mille ; ce nombre n’était cependant pas assez grand pour déterminer certaines particularités relatives aux marées, et pour apprécier, par exemple, les effets d'inégalité de parallaxe du soleil et de la lune, ainsi que ceux qui proviennent des différentes déclinaisons de ces astres ou ceux que peuvent produire les inégalités qui surviennent dans les directions et les intensités des vents.

Les deux principaux éléments sur lesquels ont porté les calculs sont relatifs ri fé/tiWissement du port et ri t'unit é de hauteur des marées. Ils ont été calculés soigneusement à l'Observatoire royal de Bruxelles, par M. .Mailly, et si les résultats obtenus n’ont peut-être pas encore toute la précision désirable, cela tient uniquement à la manière d’observer, qui n’a pas toujours été à l'abri de tout reproche. Les valeurs obtenues ont été néanmoins d’une utilité pratique incontestable. On pourra les rapprocher de celles qui ont clé données successivement, dans le siècle dernier et au commencement de celui-ci, pur de Foureroy, officier du génie français, par l’abbé Mann, membre de l'Académie royale de Bruxelles, par Bcauterups-Benupré, ingénieur hydrographe de la marine française, et par d’autres observateurs.

La conformité de marche de la plupart des résultats obtenus en Belgique, comparés à ceux d'Angleterre, semble prévenir en leur faveur et porterait à croire que les erreurs accidentelles sont plus ou moins éliminées. On y trouvera une réfutation de l'opiuion émise par l'abbé Mann, dans le tome premier des anciens Mémoires de l’Académie de

(*} t’n rapport fut présenté, a ce sujet, dans le tome XI des .Voureoujr Mémoires de l’Académie royale, de Bruxelles, par MM. Belpaire et A. QoeteJct, en même temps que la discussion et les résultats des observations sur les marées en différents points des côtes de ta Belgique, exposés avec soin par M. Éd. Maillv, aide à l'Observatoire de Bruxelles. La plupart des documents fournis ici sont puisés dans ce rapport.

Bruxelles, ainsi que dans un écrit qui a été cité souvent avec éloge, et en particulier par Lalande, dans le quatrième volume de son Astronomie. ■■ L'irrégularité des marées, dit l'abbé Mann, en parlant de la mer du Nord, est telle qu'il paroit impossible d'en déduire aucune théorie ou de les calculer avec certitude et précision. Cette irrégularité résulte manifestement de la forme de celte mer, du gisement de scs côtes et d'une infinité de banes de sable et de bas-fonds dont presque toute cette mer est remplie. »

Parmi les variations les plus sensibles qui affectent les hauteurs des marées, il faut mettre en première ligne Vinégalilè semi-mensuelle elle exerce son-influence à la fois sur l'ins/ant et sur la hauteur de la marée. Cette inégalité dépend de la distance en ascension droite de la lune au soleil , ou , ce qui est la même chose , du passage de la lune au méridien. Les autres variations, produites par les changements de parallaxe et de déclinaison de la lune et du soleil, sont très-faibles : ce n’est que par des observations très-nombreuses et très-exactes qu’on peut les déterminer. Avec les documents que nous possédions, nous ne pouvions guère nous occuper que de la grande inégalité semi-mensuelle. Les résultats que M. Maillv a pu déduire des observations qui lui ont été remises, concernent particulièrement Vélabl issemenl du port, Vlieure fondamentale du port cl l'wnifé de hauteur. Nous emploierons ici les différents résultats auxquels il est parvenu.

Page 1