‹ Sur le physique du globeChapitre 43 sur 169 · OSO · texte numérisé non relu

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» On voit qu’au moment du passage de l’orage, le baromètre était très-bas : il a subi en ee moment une secousse assez forte. Le thermomètre et le vent ont éprouvé également des oscillations très-sensibles. La chute de la neige et de la grêle emportées par la violence des vents, ne permettait pas aux bâtiments de présenter des conducteurs naturels depuis leur sommet jusqu'à la base, et c’est probablement à celle circonstance que sont dus la plupart des désastres physiques que nous signalons. »

MM. Duprez, De Vaux, Dewalque, Bernardin, çic., ont présenté . de leur côté, les observations auxquelles cet orage a donné lieu. Voici les réflexions que fait à ee sujet le premier de ces savants :

« Le recensement ci-dessus montre que toutes les provinces de notre pays, à l’exception du Limbourg cl du Luxembourg, ont payé leur tribu à l’orage du 19 février: il montre aussi que des vingt-deux explosions de la foudre qui ont eu lieu, quatorze ont déterminé des incendies plus ou moins considérables qui causèrent, entre autres, la destruction complète de deux églises. Parmi les édifices atteints, un seul était pourvu de paratonnerre, et, comme on devait s’y attendre, la foudre s’est écoulée sans produire le moindre dégât : c’est là un nouvel exemple de l’efllcacilé des paratonnerres, propre, comme tant d'autres, à faire ouvrir les yeux à ceux qui, dans notre pays, reculent encore devant l’emploi de ce moyen préservatif.

•• Je rappellerai, à celte occasion, que, dans ma Statistique des coups de foudre qui ont frappé des paratonnerres ou des édifices et des navires armés de ces appareils (•), j’ai mentionné cent soixante-huit cas de paratonnerres foudroyés, parmi lesquels il ne s’eu trouve que vingt-sept, c’est-à-dire environ un sixième, où les paratonnerres, par suite de graves imperfections constatées dans leur construction, n’ont point complètement préserve les édifices et les navires qui les portaient. Ce résultat est des plus concluants en faveur de l'efficacité des paratonnerres, et il est, sans aucun doute, la meilleure réponse qu'on puisse faire aux objections mises en avant contre l’emploi des appareils dont il s’agit.

» Les elTets produits par l'orage du 19 février viennent encore à l’appui de l’opinion qui admet que les orages des saisons froides sont plus dangereux que ceux des mois chauds. On sait qu’Arago partageait celle opinion, et qu’il chercha à la soumettre à l'épreuve de l'observation, du moins pour les orages qui se manifestent en mer. En classant par mois tous les coups foudroyants à dates certaines, signalés par les navigateurs et dont il avait tenu note, le savant physicien français trouva que, malgré un nombre d’orages considérablement moindre en hiver qu’en été, les coups de foudre frappant des navires étaient rependant beaucoup plus nombreux dans la première saison que dans la seconde.

(') Mèm. île l'And., tome XXXI.

» Ce u'esl pas seulement en Belgique que l'orage du 19 février a fait des ravages, il a aussi sévi dans la Prusse rhénane, entre autres lieux à Mclhciu , où l’église a été réduite eu cendres, et à lleinsherg, où le fluide électrique a mis le feu à la tour de l'église de Saint-Gangolphe. En Hollande, le tonnerre s'est fait également entendre; mais on ne dit point s'il y a fait des dégâts. »

On peut conclure en général de tous les renseignements recueillis pour Bruxelles et pour la Belgique entière : 1" que le nombre ordinaire des orages dans nos régions est de quinze à seize par an; 2" que les orages , en hiver et en été, sont numériquement comme 1 à 21 environ; mais qu’en hiver, bien moins nombreux qu'en été, ils sont cependant plus dangereux: 3° le nombre annuel des orages, pour une même localité, peut varier considérablement d'une année à l’autre et s’élever même à quatre fois sa valeur ordinaire; tandis que, pour une autre localité, distante de quinze à vingt lieues seulement, la moyenne générale ne change pas ; -1» l'effet d’un même orage est si restreint parfois , quant à l'espace , qu'il ne s'étend pas au delà d une à deux lieues , et sa vitesse est si grande qu’on peut l'estimer égale à celle des vents les plus rapides.

On voit que l'action de la foudre, animée de cette grande activité, marche, parallèlement avec les nuages qui la produisent : ce sont des actions purement accidentelles, mais qui peuvent devenir très-dangereuses. Il ne faut pas oublier que, pendant l'été, la couche d’air agitée dans laquelle se forme les orages, est beaucoup plus haute qu'en hiver. En général, dans nos contrées, les orages d’hiver, pendant que le soleil est plus bas que l’équateur, se forment entre tes nuages et te sol : ceux, plus fréquents, qui éclatent en été, pendant que le soleil est au-dessus de l'équateur, se forment plus haut entre les nuages et la couche immobile de l'atmosphère (’).

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(*) Voyez, pour la formation des orages, le tome II du Climat de la Belgique, 6* partie, De t flqgrotnéirie , pages 56 et 57.

Dans le premier cas. les explosions d'hiver agissent sur noire terre dans une étendue plus grande et en frappant de préférence les points prédominants, tels que les sommets de» tours et des grands édifices. C'est ce qu'on a pu remarquer dans les orages du 14 au I h avril 1718, et du I!) février 1860 : ee sont à la fois les nuages et la partie inférieure de la couche immobile qui agissent sur notre terre. Dans le second cas, lorsque le soleil, en été, se trouve au-dessus de l’équateur, les orages, avons-nous dit, se forment plus particulièrement entre les nuages cl la couche immobile de l’atmosphère; la grêle en général les accompagne et se forme dans les régions supérieures. Les nuages orageux agissent aussi sur notre terre ; ils y montrent la meme \ iolence , mais dans une sphère plus rapprochée et de manière à ne pas frapper aussi exclusivement les points les plus élevés : l’espaee d'ailleurs dans lequel l’action s’exerce est beaucoup moins étendu.

La sécheresse de l'air qui, pendant les chaleurs, ne donne pas à l’électricité la facilité de se communiquer à notre terre, est une nouvelle cause qui rend les orages plus fréquents en été qu'en hiver. On conçoit, d une autre part, que les échanges des électricités différentes sont beaucoup plus faciles, à cause de l'humidité de l’air, entre les couches inférieures ((n eutre les couches supérieures de l'atmosphère.

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