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DES OBSERVATIONS HAGNÉTIOUES MENSUELLES ET DIURNES EN GÉNÉRAI

Jusqu’au commencement de 1810, je m’étais borné, comme je l’ai dit précédemment, à remplir le vide que présentaient les observations magnétiques de la Belgique. Depuis plus de douze uns, j’avais déterminé annuellement la déclinaison et l’inclinaison de l’aiguille; mais je sentais qu’il était possible d’aller plus loin, et de prendre part aux observations mensuelles et diurnes dont on commençait à s’occuper avec ardeur.

Les variations du magnétisme furent donc inscrites; mais en me bornant d’abord à ne prendre que cinq observations par jour, à 9 heures du matin, à midi, ainsi qu’à 2 et à 4 heures du soir, cl entre H heures et minuit. Je pris en meme temps part au système

(*) En comptant -v-9'19" pour une division en moins do l'échelle et réciproquement.

des observations qui se faisaient de cinq en cinq minutes, pendant trente-six heures, et que l’illuslre Gauss avait instituées en 1857 (*).

Ces observations étaient faites primitivement dans le cabinet magnétique , placé au fond du jardin de rétablissement. Aucune pièce de fer n’a clé employée dans la construction de ce cabinet, pour éviter les perturbations qui pouvaient se produire. Mais lorsque, l'anncc suivante, il fut question de prendre régulièrement, de deux en deux heures, les différents éléments magnétiques, j’eus l'idée de faire les observations dans l’intérieur de l'Observatoire. Comme il s’agissait d'évaluer les variations mensuelles et diurnes, on travail pas â déterminer la position absolue des instruments, qu'on pouvait reconnaître pur des moyens spéciaux.

Pour la position absolue et les comparaisons qu'il fallait faire régulièrement entre les instruments de l’Observatoire et ceux du cabinet magnétique, il suffisait de recourir aux instruments qui demeurèrent attachés ft ce cabinet pendant le cours des travaux. De plus, les observations magnétiques absolues continuèrent à être faites dans le jardin, comme pendant les années précédentes. Il nous a été possible d'obtenir ainsi une des séries d’olvservations absolues les plus régulières qui existent maintenant. c

Ces observations faites de deux en deux heures, en y ajoutant successivement les observations de neuf heures du matin, ainsi que celles de une et de trois heures de l’aprèsmidi, furent donc régulièrement recueillies pendant six ans et demi. Elles commencèrent dans l’intérieur de l'Observatoire , à partir de juin 1841, et se prolongèrent jusqn’à la lin de 1847 (*).

Après ce dernier terme, on en revint à l'ancienne méthode et l'on reprit les observations quatre fois par jour seulement, à 11 heures du matin, à midi, à 5 et à il heures du soir. Ces dernières observations ont été recueillies jusqu’il ce jour; nous en présentons ci-après les résultats pour les dix années de 1848 n 1857 inclusivement.

Nous aurons ainsi trois séries d'observations à examiner successif ornent : la plus importante, sans aucune doute, comprend les observations faites de deux en deux heures, pendant six années, aux trois instruments magnétiques, qui donnent la déclinaison, l’intensité horizontale et l'intensité verticale C). Je ne parle pas des observations faites aux hrures

(t) J’avais moi-même, avant cette époque et S ta demniide de sir John Herschcl, cherché à éndtlir un système d'observations météorologiques auxquelles les observatoires magnétiques étaient associés. Ce syatênte, généralement suivi dans une grande partie de l'Europe, fonctionnait, pendant trente-six heures eonséeutives, aux époques des solstices cl des équinoxes.

(t) Les observations sont données ici tctlcs qu'elles sont consignées dans les Jnno/rs de l'Otixermloire, excepté pour l'année IKfô: trois mois ont été légèrement modifiés.

(V) Ce dernier instrument ne fut observé que pendant res six années, à cause de la forte influence des températures qui se joignait â celle du magnétisme.

impaires, telles que celles de 9 heures du matin, de 9 heures dusoir et de 1 heure après midi , qui n'entrent pas dans les calculs généraux.

Nous examinerons ensuite les observations faites pendant les dix années, à partir de 1848. avec les mêmes instruments, mais en nous bornant, comme nous l’avons dit, aux observations de 9 heures du matin, de midi, ainsi que de 5 et de 9 heures du soir.

Enlin nous donnerons séparément les résultats des deux années 1840 et 1841, qui ont précédé les deux séries dont il vient d’étre parlé. Nous avions cru que l’instrumeut. à cause de sa position, dans lin bâtiment complètement privé de fer, donnerait les déclinaisons d’une manière plus stire; mais les petits ébranlements, dans ce cabinet isolé, ont produit des perturbations plus grandes que celles remarquées à l'intérieur de PObscrvaloire.

Les observations (I842Ô 1847), dont nous parlerons en premier lieu, ont été faites dans une des grandes salles de rétablissement regardant à la fois l'est et le sud et communiquant, par l'ouest, avec la terrasse. Pour éviter, autant que possible, les variations trop fortes de température, les volets ont été constamment fermés, hormis aux heures des observations diurnes, où l'on n’ouvrait que la quantité nécessaire pour voir convenablement les indications.

Les trois instruments à observer sont places aux sommets d'un triangle équilatéral de quatre à cinq mètres de côté; les deux instruments pour mesurer l’intensité horizontale et verticale du magnétisme sont à la base du triangle, située au côté sud de l'Observatoire. Ces deux barreaux magnétiques sont suspendus horizontalement, dans une direction commune et perpendiculaire à celle du barreau de déclinaison, qui est au troisième sommet, au fond de la salle. Cette base du triangle forme doue avec la faee méridionale du bâlinicnl, parfaitement orientée, un angle de 20 degrés environ. Cette disposition avait été prise après mûre réflexion, et après en avoir conféré amicalement avec M. Lloyd de Dublin, qui passait par Bruxelles au moment de l'établissement des instruments.

Le magnétomètre. ou barreau de déclinaison, a été construit à Giettinguc sous les yeux du célèbre professeur Gauss, par les soins du M. Meierstein. Il est suspendu par un fil métallique d’environ trois mètres de longueur; ce fil a remplacé une série de (ils de soie non tordue qui suspendaient le barreau quand il se trouvait, en 1840, dans le pavillon magnétique du jardin , mais qui se brisaient partiellement et n offraient pas une stabilité suffisante. Le nouveau lil, il est vrai, présente une résistance plus forte à la torsion, mais il a mieux conservé ses qualités d'équilibre.

Le barreau aimanté a six décimètres de longueur : celte dimension est un peu grande, surtout dans une salle intérieure , où les causes de dérangement sont plus fortes que partout ailleurs. Cependant ces causes n'ont produit des effets marqués qu’à des distances de temps assez longues; on a tùehé d’y avoir égard, en ramenant, chaque année, les valeurs du

mois de mars à la valeur qui avait été obtenue directement à l’extérieur par le barreau magnétique entièrement libre cl soustrait à toutes les influences.

Le barreau porte sur sa partie antérieure et perpendiculairement à sa direction , un petit miroir d, dans lequel on lit par réflexion, au moyen d'une lunette a, les degrés d une échelle 6e, qui indiquent la déviation. Celte échelle est un mètre sous-divisé en décimètres et en centimètres; elle est fixement attachée au massif qui porte la lunette n, sur la plate-forme, et une seconde lunette*, un peu plus basse, par laquelle ou observe l’instrument d'intensité horizontale.

Sud.

Nord.

Les lectures, pour la déviation magnétique, se font donc en parties de l’échelle métrique, et il faut traduire ensuite ces parties en degrés, minutes et secondes, pour exprimer la déclinaison observée sous sa forme ordinaire. Celle valeur angulaire se déduit naturellement des distances du miroir d à l’échelle bc. ainsi qu'à la lunette a.

Avant de passer des observations de l'instrument établi dans le cabinet magnétique du milieu du jardin, à celles de l'instrument placé dans l’intérieur de l'établissement, on fil de nombreuses observations simultanées sur les deux instruments, pour juger si les

déviations étaient les mêmes, et ce ne fut qu'aprés des épreuves continuées pendant plusieurs mois, qu'on s'en tint entièrement aux indications recueillies dans l'intérieur de l'Observatoire.

Pendant ces premières années, on a laissé en dehors des calculs les jours où régnaient des perturbations magnétiques. Les nombres ont été donnés tels qu'ils se trouvent inscrits dans les Annales de l’ Observatoire , seulement ceux de 1813 ont subi une légère' modification : les nombres de janvier ont été diminués de ti minutes; et les nombres de novembre et de décembre ont été augmentés nu contraire, les premiers de 2 minutes et les derniers de 6 minutes.

Si aucune cause accidentelle n’avait entravé la marche des observations, les résultats que nous oITrons ici feraient connaître : 1“ la déclinaison magnétique avec ses variations mensuelles et diurnes; 2° la diminution progressive suivant les temps. Le second élément rst Irès-difiirite à constater : il faudrait pour l’obtenir faire des observations de déclinaison à peu près continues, et il ne suffit pas même d'observer dans un cabinet absolument dépourvu de fer, on doit craindre encore les dérangements accidentels qui se produisent en dehors des actions de ce métal. Ainsi les observations faites dans le cabinet magnétique ne présentent pas plus de garanties que celles faites à l'intérieur de l'établissement: elles en offrent moins peut-être, parce que les instruments n'ont pas une stabilité suffisante et qu'ils sont plus exposés à se déranger par la suite des temps: il faut donc récourir à des observations absolues, et opérer de loin en loin directement dans le jardin.

Quant aux variations diurnes, c'est-à-dire celles qui s'observent pendant le cours d'un jour, elles présentent beaucoup plus de stabilité, surtout en prenant la précaution de régulariser la température et d’en rendre les écarts peu sensibles. Nous pourrons, par conséquent, admettre ces valeurs comme offrant des garanties suffisantes; mais il conviendra d'attacher moins de prix aux changements sueccssifs introduits par des périodes plus longues , telles que le cours d'une année.

Nous allons examiner les deux éléments dont nous venons de parler, en commençant par la variation mensuelle; la seule crainte qui puisse arrêter, c’est de voir s'introduire un changement brusque dans la valeur du magnétisme pendant le cours d'un mois. Si ce changement était considérable , oh l'apercevrait et on pourrait le corriger sur les résultats du mois même: dans le cas contraire, l’excès devient à peu près sensible sur la moyenne des six années.

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