‹ Sur le physique du globeChapitre 5 sur 169 · TE1IPÉRATIRES · texte numérisé non relu

TE1IPÉRATIRES

Bruxelles, par son voisinage des eaux de la mer, présente tour à tour la température du climat maritime et du climat continental. Quelquefois, malgré sa latitude boréale, scs hivers sont d’une douceur remarquable; quelquefois, au contraire, le froid s'y fait sentir d une manière iutense, et le thermomètre descend 4 plus de 18 degrés au-dessous de zéro. Déjà les premières fleurs se sont épanouies, tout semble annoncer le climat le plus doux .

lorsque subitement des neiges et des glaces font disparaître ces premières apparences printanières et ramènent les rigueurs de l’hiver.

Il faut des températures étudiées pendant un assez grand nombre d’années, pour se faire une idée un peu exacte du climat de Bruxelles. Les hivers sont parfois très-rudes; chacun des quatre mois de décembre à mars donne des températures qui peuvent s’abaisser accidentellement à 1 3 degrés centigrades au-dessous de zéro: le thermomètre en janvier descend même parfois à près de — 19 degrés. Il peut geler encore assez fortement pendant le mois d'avril, et, dans certaines circonstances, la glace se montre dès le mois d’octobre. Quoique la gelée puisse se manifester pendant sept mois de l'année, il arrive cependant trèsrarement que tous les mois soient également alTectés par le froid.

L’opposé se remarque d'une manière non moins frappante : ainsi, pendant le mois de janvier, qui est le plus froid, le thermomètre centigrade peut accuser 13", S au-dessus de zéro: mais la température, même au mois le plus chaud, ne dépasse guère 34 degrés. Celte chaleur, quoique peu intense, est à peu près insupportable, à cause de l'air lourd qui l'accompagne. J'ai vu des Méridionaux, et des Egyptiens en particulier, soulTrir de ces températures, bien qu'ils pussent supporter dans leur climat des chaleurs qui dépassaient 50 degrés. Le thermomètre, dans ses deux écarts extrêmes, marque donc, à Bruxelles, des valeurs de -+■ 34°, 2 et — 18", 8, ce qui donne, entre les deux limites extrêmes, une valeur de 53° centigrades.

La température moyenne de (oui un jour, pendant le mois de janvier, peut varier de -+- 42",l à — 45", 9, ce qui donne une différence de 28 degrés centigrades; et, si l’on ne considère qu’une certaine heure de la journée, la différence peut aller, pendant cc mois, de + I 3", 5 à — 18", 8, c’est-à-dire quelle peut varier de 32", 3. Celte différence est considérable: elle est cependant moins grande que pour les deux mois suivants. On a. en effet, 34", 9 entre les températures extrêmes de février, et 33", 9 entre celles du mois de mars. La variation diurne des températures va en diminuant ensuite, à mesure qu'on se rapproche des mois d'automne, pendant lesquels elle se trouve à son minimum, quoique très-énergique encore; elle est de 24”, 8 pour le mois d’octobre, oit sa valeur atteint un minimum '.

Quand ou range les mois d'après la différence des températures des deux jours extrêmes, le classement est plus conforme à l'ordre des saisons: on trouve, en effet, que janvier

(t) La différenccdcs températures diurnes, pour un même mots, tient à la fois à deux rausesrâ ta variation qu'éprouve le thermomètre pendant vingt-quatre heures, et h ta variation de température pendant le cours du mois. Ainsi , le minimum de mars s'observera plutôt au commencement du mois et son nnu-iuitiut à In tin. La probabilité pour une différence de température est d'environ 2 à 3 degrés pour un jour de fa fin de ce mois, par rapport b un jour du commencement.

INTRODUCTION

présente une différence de 28", 0. Cette différence diminue ensuite jusqu'en août et septembre. où elle n'est guère plus que de moitié: elle y est, en effet . respectivement de I4".8 et 14", 6.

Il en est à peu près de même . quand on prend le mois entier. Ainsi , pendant vingt-cinq années, les deux mois de janvier, le plus chaud et le plus froid, ont différé de I3“,I ; tandis que les deux mois de juin, les plus opposés pour la température, ont différé de 4",3 seulement. Les mois de septembre et d'octobre ont présenté des valeurs peu dissemblables également : la différence ne s’élève guère à plus de 4», 9 cl 4°,C.

De ce qui précède, on peut conclure qu’il faut au moins les résultats de vingt-cinq années pour en déduire des valeurs qui expriment les moyennes dans nos contrées; nous en présentons ici le tableau. On y trouvera les moyennes des maxima et minima diurnes, ainsi que des maximn et minima mensuels.

Température centigrade.

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On vient de voir quelles ont été, pour chaque mois, pendant une période de vingt-einq années, les deux valeurs absolues du maximum cl du minimum de température, en même

SI R l.A PHYSIQl'E DU GI.OBE.

temps que le maximum et le minimum pour les deux jours el pour les deux mois extrêmes de la mémo période. On l|-ou\ i ra , dans les tableaux n“- 14 et 15. placés à la lin de celte introduction, les mêmes maxima el minima pris, non pas d'une manière absolue, mais relative : ee sont les moyennes du maximum el du minimum de chaque jour, comme aussi de chaque mois, pour les vingt-cinq années de la période.

Nous avons donné , dans deux autres tableaux , n M II) el 1 7, les températures horaires pendant les douze mois de l'année, d'une part d'après six années d’observations directes (1812 à 1817), et de l'autre, d'après cinq années d'observations faites au moyen d'un instrument enregistreur (1818 à 1852).

Or. la première série d'observations montre que. pour l’année en général, le maximum de température tombe un peu après 2 heures de l'après-midi, et le minimum un peu avant 1 heures du matin. Les résultats des obscrvnlions obtenues mécaniquement sont les mêmes.

Si l'on fait la distinction des mois, le maximum de 2 heures se rapproche un peu de midi cil hiver, et il avance vers 4 heures en été: dans cette dernière saison, il se place environ à 3 heures.

L’heure du minimum de la température a une marche moius régulière; elle se présente avant 8 heures du matin en janvier, et s'éloigne progressivement de ce point jusqu'au commencement de l’été: à cette époque, le minimum arrive un peu après 3 heures du malin, puis il se rapproche de 8 heures jusqu'en janvier.

Dans 1a seconde série d’observations, de 1818 à 1832, où les températures sont inscrites mécaniquement par des instruments, le maximum arrive vers 2 heures de l'après-midi et le minimum vers 4 heures du malin . environ comme dans les résultats des observations directes faites de 1812 à 1847.

Au moyen de ces mêmes instruments on voit que, pendant les deux mois les plus chauds, le maximum se présente vers 3 heures de l'après-midi . tandis qu’il arrive bien avant 2 heures en hiver : le minimum, au contraire, arrive avant 1 heures du matin en été et après 6 heures en hiver. Ces résultats, obtenus par des instruments enregistreurs, s’accordent, par conséquent, avec ceux que donne l'observation directe.

Il ne sera peut-être pas hors de propos de rappeler iei quels sont, pour chaque mois de l'année . les écarts probables que l’on peut avoir à craindre dans les températures (*).

{•) Ces résultats sont obtenus d’après les vingt années d'observations de 1853 à 1832, calculées dans le Mémoire: Sur lei en tintions périodiques el «on périodiques Je la Ismpéralurt , que j'ai inséré dans le tome XXVIII de» Mémoires Je l'Academie royale Je ételqique.

INTRODUCTION

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L’erreur probable, pour la température d'un jour, est plus forte en hiver qu’en été, el surtout qu’au commencement de l'automne; c’est ce qui s'observe aussi, quoique d’une manière moins prononcée, pour l’erreur probable de la température d’un mois.

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