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INTENSITÉ MAGNÉTIQUE HORIZONTALE. — VARIATION MENSUELLE

Dans ce qui va suivre, nous nous proposons d'examiner successivement l'intensité magnétique : 1° pour ce qui concerne sa conqtosanle horizontale ; 2" pour ce qui appartient à la composante verticale. De part et d’autre, nous aurons à considérer les variations mensuelles et les variations diurnes. Ces dernières, à cause de leur courte durée, sont beaucoup plus faciles à déterminer que les variations mensuelles , plus le temps dans lequel se pro-

(*) Bulletins de t’Arudêmie Bogate de Behjùiut, octobre 1857, '2 mr série, Ionie lit, n° 9, page 107. SI. llanstecn, «tans cet écrit, a joint aux observations qu'il a faites à Copenhague, celles qui ont été réunies à Berlin depuis 1709, en commençant par les recherches d'Euler et en citant successivement les résultats de lluinboldt, Enimn, Boeck , Dure, Riess, Rudln-rg, Enckc, Galle, A. Erinnn, Ern. Quételet et Mahmoud Etîcndi. Les observations de Giiltinguc remontent à 1805; les premières ont été faites par de Humboldt, les autres par Forbes, Gauss, Dumbrr, Ern. Quetelcl et Mahmoud EfTendi.

(*) « Voyez mon mémoire , dans le recueil de l'Acadéiuic suédoise des sciences, 1819, qui contient «le, exemples graphiques des grandeurs et des directions de lu force perturbatrice 1 chacune des 94 heures, depuis le mois de juillet jusqu'à novembre, s

MAGNÉTISME TERRESTRE

(luit un changement est court, plus on a de chances pour le déterminer facilement et pour reconnaître les variations accidentelles.

Les variations mensuelles et diurnes de l'intensité magnétique horizontale ont été observées à Bruxelles, depuis le mois de juin 1841. au moyen d'un instrument bifilaire construit à Dublin par M. Grubb, sous la surveillance de M. Lloyd, qui a bien voulu, dans cette circonstance, me prêter les soins les plus obligeants. Le barreau aimanté, de la longueur de 380 millimètres environ sur une largeur de 22 millimètres et une épaisseur de 6 millimètres, est soutenu par un DI d'argent qui se replie, à sa partie inférieure, autour d’une poulie placée au-dessous du barreau ; les deux sections parallèles du fil sont à la distance de 13 millimètres et leur hauteur totale est de 820 millimètres environ.

Le barreau est suspendu , dans une boite cylindrique d’environ un mètre de hauteur, sur un appui en maçonnerie de même forme. Cette boite.de 8 décimètres de diamètre, est garnie, dans le haut, de glaces , de méinc que dans les deux parties diamétralement opposées par où se fait l’observation. A l'une des extrémités de la caisse se trouve extérieurement un miroir qui prend des rayons de lumière directe et les envoie dans une petite lunette suspendue fermement au bas du barreau aimanté; les rayons qui ont traversé la lunette vont passer ensuite à travers une glace placée sur la partie antérieure de la boite, et de là pénètrent dans la lunette qui sert à les observer. Cette dernière lunette est éloignée du centre du barreau aimanté mis en observation, de la longueur de deux mètres et un quart environ. La lecture se fait, en observant, au moyen de cette dernière lunette, une échelle graduée sur verre qui se trouve à l’endroit où serait l'oculaire dans la petite lunette suspendue au bas du barreau aimanté qu’on observe.

Les deux fils parallèles qui portent le barreau aimanté vont se rattacher, dans le haut, sur un petit tour mobile, construit avec le plus grand soin pour apprécier leur distance et pour pouvoir prendre circulairemcnl telle position que l’on veut, en appréciant l'angle nzimutal de déviation. Le barreau aimanté, quand il pend dans sa position naturelle, se trouve dirigé dans l'axe du méridien magnétique; en détournant ensuite le cercle gradué placé dans le haut, on force les fils qui étaient parallèles à subir une torsion et à faire dévier le barreau aimanté de sa position primitive. On augmente cette torsion jusqu'à ce que le barreau soit venu se placer dans une position à peu près perpendiculaire à celle qu'il avait lorsqu'il était librement suspendu. De celte manière, le barreau se trouve toujours entre deux forces, l’une, celle du magnétisme, et l'autre produite par la torsion des deux fils qui, dans leur position normale, pendraient parallèlement au lieu d’élre détournés.

La torsion que l'on doit donner aux fils, toutes choses égales, pour que le barreau devienne perpendiculaire à sa position dcquilibre, dépend naturellement de la distance

relative île ces deux portions du 01. La distance se règle par la vis supérieure et par la poulie autour de laquelle le 01 va tourner dans le bas. Avec les dispositions actuelles (c’està-dire avec un écartement de 13 millimètres), il suffit de détourner la vis supérieure d'un quart de révolution de sa position naturelle . ou de la position dans laquelle les deux Ois tordus pendraient parallèlement l’un à l’autre.

J’ai fait connaître plus haut que eet appareil se trouve dans une grande salle de l’Observatoire, spécialement consacrée aux trois instruments magnétiques, qui occupent les sommets d’un triangle équilatéral, dans des positions telles que leur influence ail témoins d’action possible. Un thermomètre de Fahrenheit est attaché à l’instrument pour foire connaître les variations de température. J'ai déjà parlé, du reste, des précautions qui ont été prises pour exclure le plus possible les variations de température qui ont ici une valeur très-sensible.

L’échelle de l’instrument est disposée de manière que, pour l’observa leur placé du côté de l'occident, l'intensité magnétique augmente à mesure que les degrés sont plus nombreux, ou que le bout du barreau qu’il observe se rapproche davantage du nord, en supposant toutefois que le barreau continue à conserver la même force. Si le barreau perdait de cette force, il faudrait avoir égard à sa diminution, que l’on pourrait attribuer également à un changement dans la force horizontale de torsion des deux fils d'argent parallèles. Il faut avoir égard aussi aux effets de température qui sont très-influents sur le barreau.

Les observations sur l'intensité magnétique horizontale de la terre commencèrent en 1841 ; elles n'étaient faites d'abord que cinq fois |>ar jour. A partir du 10 mai de la même année , elles furent recueillies quatorze fois . pendant l’espace de 24 heures , c’est-à-dire de deux en deux heures, en ajoutant 9 heures du matin et 1 heure après midi. Elles furent continuées ainsi jusqu’à la lin de 1847, ou bien pendant l’espace de plus de six ans et demi. A partir de 1848, elles ne furent plus faites que quatre fois par jour : à 9 heures du matin , à midi , à 3 heures et à 9 heures du soir. Nous comparerons aux résultats des six années de 1842 à 1847, ceux des dix années de 1848 à 1837 : l’observation continue encore toujours: elle pourra donner par la suite de nouveaux éléments de comparaison. Le tableau ci-joint contient un aperçu des résultats qui ont été obtenus pendant l'une et l'autre période. Nous avons cru toutefois devoir donner séparément les résultats de la dernière colonne décennale, en écartant les valeurs de 1848 , qui nous ont paru fautives par un changement brusque survenu au mois d’avril.

MAGNÉTISME TERRESTRE

Moyennei de l'inteneité magnétique horizontale, obeervee pendant l'année.

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Occupons-nous, en premier lieu, des observations faites, dans l'intérieur du bâtiment . à partir de l'année 18(3. Nous comparerons ensuite, autant que possible, les observations de cette première série à celles de la seconde. I.es observations de 9 heures du matin et celles de midi sont communes aux deux séries d'années; il n'en est pas de même des observations de 5 et de 9 heures du soir. Pendant la première série, on n'observait qu'aux heures paires, et à 9 heures du matin et 1 heure de l'après-midi ; mais on pourra prendre, pour l'observation de 3 heures, la moyenne des observations de 3 et de 4 heures , et pour celle de 9 heures, la moyenne de celles de 8 et de 10. Cette substitution, il est vrai, peut offrir quelque inconvénient: les changements sont peu sensibles au commencement de la nuit, mais ils sont assez forts vers 3 heures de l'après-midi.

Cherchons d'abord à reconnaître l'effet exercé par la différence des températures sur l’intensité horizontale du magnétisme. Nous prendrons pour nos calculs les résultats qui ont été le moins influencés par les perturbations magnétiques : ce sont, d'après nos tableaux, les observations faites à 4 heures du malin. On trouvera ci-après les résultats obtenus pendant les six années de (843 À 1847 inclusivement : nous donnons les températures, à l'échelle Fahrenheit, qui ont été observées en même temps que ces valeurs.

Nous avons jugé préférable de donner les observations textuellement, telles qu elles ont été obtenues; nous signalerons cependant les anomalies que nous avons cru remarquer, en indiquant les causes qui ont pu les faire naître. Nous avons eu soin d’indiquer aussi et

d'éloigner de nos calculs les nombres qui ont été observés pendant les anomalies à l'instant où se faisaient les lectures.

Intensité magnétique horizontale à I heures du malin.

MOIS

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