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Intensité magnétique verticale

L'instrument dont on s’est servi, pour mesurer les degrés d'intensité magnétique verticale , a été construit è Dublin , sous la surveillance de M. le professeur Lloyd. Il se trouve placé dans la salle des instruments magnétiques , à l’un des sommets du triangle équilatéral , dont les deux autres sommets sont occupés par l’instrument d’intensité magnétique horizontale et par le déelinoinètrc de Gauss.

L’aiguille d’intensité verticale, d’environ 0”,3) de longueur, porte, à chacune de scs extrémités, un petit cercle évidé dans un prolongement de cuivre. Ces deux petits cercles contiennent chacun à leur centre deux fils croisés, dont les points d'intersection servent, comme points de mire, à mesurer l'inclinaison de l'aiguille; en sorte que la distance de l’un & l’autre croisement des (ils, c'est-à-dire la distance à laquelle se font les deux lectures, est de O 1 ", 333 environ. Celte aiguille peut être considérée comme placée dans le prolongement de l’aiguille d’intensité horizontale et perpendiculairement à celle de déclinaison.

Les deux microscopes, au moyen desquels se font les lectures, sont perpendiculaires à la direction de l’aiguille d'intensité et se trouvent dans un plun horizontal. Ils sont portés chacun sur un pied de cuivre, scellé dans la plaque de marbre, qui porte aussi l'instrument, et ils ont à leur foyer une échelle pour mesurer le déplacement de l'aiguille. L’écart s’estime par un microscope, au moyen d’une échelle graduée, en prenant la distance d'un 111 immobile, placé au foyer de la lunette, à un autre lil mobile parallèle qui peut suivre le point de croisement des deux petits Ois placés aux extrémités de l'aiguille magnétique. La valeur de deux tours du micromètre correspond à une division de l'aiguille d'épreuve ou à 10 minutes à peu près exactement; donc

50 divisions s= 5 minutes ou 1 tour, iO • = I minute,

t » secondes.

Là lentille la plus voisine, dans chacun des deux microscopes, se trouve à environ 0*>,06 des fils de croisement que porte l'aiguille.

Le tout est solidement établi sur un pied en maçonnerie de forme cylindrique cl surmonté d’une plaque de marbre. L'instrument se trouve recouvert par une boite rectangulaire, qui le préserve des agitations de l’air. Dans la partie supérieure, sous la couverture et proche de l'instrument, est placé un thermomètre indiquant les températures auxquelles les observations sont faites, cl près du pied de l’instrument est attaché

MAGNÉTISME TERRESTRE

un niveau pour accuser les moindres déplacements, par rapport à la ligne horizontale, qu 'éprouve l'aiguille magnétique.

L'horizontalité approximative de cette aiguille est assurée par deux petites vis, placées à angle droit, dans un même plan et à 11 centimètres de distance l une de l'autre des deux côtés du point de suspension. Ces vis servent ô mettre l'aiguille aimantée en équilibre et dans une position à peu près exactement horizontale. Les variations, par rapport à cette dernière ligne, accusent les variations de l'intensité magnétique verticale. L'aiguille repose, par l'arète d'un coin d’acier perpendiculaire A sa longueur, sur deux petits plans en agate. On a pu s’assurer, par des retournements successifs, que l'axe magnétique ne s'écartait pas sensiblement de l'axe de figure.

Les observations, dont nous allons rendre compte, ont duré pendant plus de six ans et demi , comme celles de la déclinaison magnétique et de l'intensité horizontale : elles ont commencé en juin 1841 et se sont terminées à la lin de l'année 1847. Nous n'avons pas cru devoir conserver dans nos résultats les valeurs des sept mois de l'année 1841 : il sufllra de donner les nombres obtenus pendant les six années, sans faire usage de ceux des sept mois précédents, qui servaient pour ainsi dire d’épreuve pour les observations qui ont suivi.

Pendant la période de 1841 à 1847, il a fallu annuellement, à cause de l'étendue de l'échelle, loucher à l'aiguille, à deux reprises différentes, une fois en relevant l’échelle vers le commencement de l’année pour déplacer convenablement les lectures , et une autre fois en l'abaissant à peu près à sa position première vers la fin de la même année ('). On a lâché, dans le tableau qui suit, de tenir compte de ces changements, et Ion a donné les lectures comme si elles avaient pu être faites directement, sur une échelle assez étendue, depuis le commencement de 1842 jusqu'à la fin de 1847.

D'après ce que nous venons de voir, on concevra sans peine que les observations diurne* méritent plus de confiance que les observations annuelle* ; il était en effet plus facile de reconnaître, dans les premières, les petits changements accidentels qui avaient été produits dans un temps plus ou moins limité. Les anomalies brusques, d'ailleurs, pouvaient se reconnaître à la seule inspection des nombres dans l’une comme dans l'autre série; mais les anomalies qui se formaient lentement, dans l’espace d’un mois, par exemple, devenaient insensibles pour les variations diurnes, cl ne pouvaient guère être aperçues dans les valeurs mensuelles, quoique exerçant un effet très-prononcé.

(t) Maigre les précautions prises, les valeurs observées ne peuvent être données pour des valeurs absolues. La variation annuelle, toutefois, diffère de la variation diurne, qui, ainsi que nous l'avons vu, peut être considérée ici comme détrrtninéc avec plus de sûreté. Il est facile, en effet, de s’apercevoir d'un changement brusque qui vil père dans le cours d'un jour, tandis qu'un changement qui se produit graduellement dans le cours d'une année peut échapper entièrement à l'observateur.

Les six années de 1842 à 1847 ont donne successivement les valeurs suivantes, à côté desquelles nous avons place les diminutions des valeurs annuelles :

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