‹ Sur le physique du globeChapitre 96 sur 169 · OS* I5J · texte numérisé non relu

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On voit que, pour l'intensité verticale, les valeurs ont successivement diminué, tandis que, pour l’intensité horizontale, le contraire s’est fait remarquer. On en déduit conséquemment que la résultante s’est rapprochée de l'horizon , et l’on voit, de plus, que sa valeur a faiblement dimipué.

On trouvera, dans le tableau qui va suivre, les différentes valeurs qu'a présentées I intensité magnétique totale: depuis 1828, époque des premières observations faites à Bruxelles, elle a constamment diminué, bien que de quantités très-petites. On peut croire même que les faibles inégalités qu’on remarque, tiennent bien plus aux difficultés d’obtenir des déterminations exactes qu'à des inégalités effectives. C’est, du reste, ce que nous aurons à rechercher.

Tableau de l'intensité magnétique totale.

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Pour résumer ee qui précédé, nous rappellerons que l'intensité totale s’obtient par différentes voies.

Les principales déterminations se font :

1° Par l'inclinaison magnétique combinée avec l'intensité horizontale de l'aiguille vibrante. Cette détermination a donné lieu à la première série d'observations, qui comprend les trente-trois années de 1828 à 1 800 ;

2° Par l'inclinaison magnétique combinée avec l'intensité horizontale, donnée par le barreau bifilaire destiné à cet effet. Quelques changements spéciaux n ont pas permis d'employer les variations observées de 1812 à 1847 : on a employé de préférence les valeurs obtenues pendant les dix années de 1848 à 1857 ;

3° Par l'inclinaison magnétique combinée avec l'intensité verticale pendant les six années de 1842 & 1847. Ce genre d'observations a été suspendu, lorsqu'on s'est borné b observer les instruments magnétiques quatre fois par jour.

C'est de ces différents nombres, réduits b la même unité, quon tire les trois séries de

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valeurs données dans le tableau précédent : on en a déduit les nombres de la dernière ‘donne, en prenant les moyennes pour les années qui offraient des résultats différents.

Malheureusement il a été impossible de prendre les Intensités totales déduites des intensités verticales et horizontales : les nombres quon aurait pu comparer n’étaient pas donnés pour les mêmes années (*).

H. DES PRINCIPAUX ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES OBSERVÉS EN BELGIQUE ET DANS LES PAYS VOISINS.

Pendant que je nroccupais de la détermination des éléments magnétiques de Bruxelles, je cherchai à estimer leur valeur par rapport à d’autres localités : mon principal but était de reconnaître l'étal magnétique de notre royaume dans ses relations avec les autres pays de l'Europe.

En 4829, je fis une excursion en Prusse, en Saxe et sur les bords du Rhin: j’employai mes loisirs à observer, dans plusieurs des principales localités, l’intensité horizontale du magnétisme; mais je déterminai cet élément sans observer en même temps l'inclinaison de l’aiguille qui m'aurait donné les moyens de calculer l'intensité totale ( a ).

L’année suivante, j'entrepris un voyage en Italie, en passant par la France et la Suisse.

(*) Les observations faites de deux en deux heures, au moyen des instruments météorologiques et magnétiques, eoinmenrèrent en 1841, ainsi que nous l'avons dit précédemment; et elles se firent régulièrement jusqu'à lu lin de 1847. On n'nvait point enrorc, à cette époque, d'instruments météorologiques enregistreurs, de sorte que les travaux exigeaient un personnel plus nombreux que celui dont je pouvais disposer alors. Aussi, pendant le cours de ces sept années, je dus m’adjoindre, pour les observations de nuit et de jour, deux nouveaux aides, et quelques amis des sciences, qui eurent l'obligeance de me prêter leur concours; je fus particuliérement secondé par MM. Mailly, Bouvy, Beaulieu, Houzcau, Liagre, Grégoire, BremacLcr, etc. Je ne puis citer qu’avec reeon naissance la manière active avec laquelle il» s'acquittèrent des travaux d’observation; mais la partie, non moins pcuible, celle des réductions, restait toujours à faire, et l'on conçoit qu’elle a exigé quelque temps au milieu des autres travaux dont j'étais surchargé.

Les observations de la déclinaison rl de l’inclinaison absolue du magnétisme, de même que les observations des intensités comparatives de la forer magnétique du globe par rapporta d'autres points de la terre, ont été faites exclusivement par moi jusqu’en 181)7, époque où je fus remplacé, dans ces pénibles travaux, par mon fils, qui, pour m’aider, à la suite d’une grave maladie dont je fus atteint pendant cette année, quitta le corps du génie militaire , dont il était lieutenant, et devint l’un des aides de l'Observatoire.

(*) Recherche s sur l’intensité magnétique de différents lieux de l'Allemagne et des Pays-Bas ; extrait des Mémoires de l'Académie royale de Belgique , tome VI, 1830.

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et en revenant ensuite par le Tyroi et les bords du Rhin. Je n'empluyai également, dans «vite excursion, que mes aiguilles d’intensité magnétique (').

En 1859, je parcourus à peu près les mêmes pays. Jetais muni cette fois d’une aiguille d'inclinaison faite par l’artiste anglais Robinson. Cet instrument, fort bon en lui-méine, était cependant inférieur à l'appareil de Troughton «pie j’avais évité de prendre avec mai dans mes excursions, à cause de ses dimensions et de son poids (*).

Aux éléments que j’avais rassemblés pendant ces trois excursions seientitiques, je pus joindre d’autres éléments encore que je réunis, par moi-même ou par des amis, dans ce royaume ainsi qu’à Paris et à Londres 0.

Dans ces derniers temps particulièrement, mon (ils reprit les observations que j'avais faites, un quart de siècle avant lui, en Prusse, en Saxe et sur les bords du Rhin; il y joignit en même temps des observations sur la déclinaison de l’aiguille {‘), et étendit le champ de ses recherches dans plusieurs des principales localités de la Hollande.

Vers la même époque, SI. Lamont, directeur de l’Observatoire de Slunieh, et M. Slahmoud-EITendi, astronome égyptien, sont venus faire à Bruxelles des observations qu'ils ont rattachées à l’ensemble de leurs travaux (’).

Depuis, un voyage plus étendu a permis à mon tils de répéter quelques-unes de mes observations faites en France et en Italie : il a poursuivi jusque dans la Grèce le champ de ses recherches, et observé successivement à Athènes, à Sparte et à Argos.

Ce sont ces différentes observations que je vais tâcher de résumer dans ce chapitre. Je li ai pas cru devoir en resserrer trop l’exposé, puisque les Annales de l’Observatoire n’ont pas eu l'occasion de les rappeler encore.

En parlant de l'intensité magnétique absolue, j’ai fait connaître l’appareil d'intensité à aiguille oscillatoire dont je me suis servi. J'ai donné «'‘gaiement un aperçu de (appareil de Troughton qui m’aide à déterminer l’inclinaison horizontale de l’aiguille. L’appareil du mécanicien Robinson est moins précis peut-être, mais d'un transport beaucoup plus facile; ou en trouvera plus loin la description.

(•) Recherches sur l'intensité magnétique en Suisse et en Italie ; curait «1rs Mémoires de l'Académie rnyals de Bruxelles , tonif VI, 1831.

t 1 ) Second mémoire sur le magnétisme trrreslre en Italie ; extrait dis Mémoires de l'Académie royale de Bruxelles , tome XIII, 1840.

(*) Voyez les Bulletins, Ionie V, pogr î, ainsi que 1rs Mémoires de l'Académie royale dé Bruxelles , imnr XIII. page 21.

(«) Bulletins de l'Académie royale de Belgique, tonte XXIII , page 403 ; 1838.

(t) Mémoire sur l’état actuel des lignes isocliniques et isodymaniques dans lo Grandc-Brcl«ignr, la Hollande, la Itelgiqnc et la France, par Mabmoud-Etfcndi, dans les Jféinoires couronnés de l'Académie royale de Belgique, Uimc XXLX, année 1838.

MAGNÉTISME TERRESTRE

Dans le premier voyage que je Os en Allemagne, je me Itornai , comme je l'ai dit précédemment, à observer l'intensité magnétique horizontale, au moyen du petit appareil de llanstccn. On trouvera ei-après le tableau des résultats auxquels je suis parvenu , avec l'indication des températures, des lieux d'observation cl des dates. J’ai cru devoir indiquer aussi les heures, parce que l'intensité magnétique varie, d'une quantité très-faible à la vérité, selon les différents instants du jour. Mais cette correction ne m'était pas suffisamment connue pour pouvoir l'appliquer à mes nombres.

Les valeurs qu'on trouve dans ec tableau sont généralement les moyennes de plusieurs séries d'observations. Je me suis borne à donner l'heure moyenne de mes résultats, ainsi que la température moyenne, le thermomètre ne variant guère de plus d'un à deux degrés pendant la durée des expériences.

J'ai réduit toutes mes observations comme si elles avaient été faites à une température uniforme de 12° Réaumur. D'après des expériences préalables, j’ai cru pouvoir adopter le coefficient que M. llanstccn employait pour des aiguilles de même grandeur cl de même forme; les résultats de mes expériences à cet égard différaient trop peu des siens pour rendre nécessaire l’emploi d'un autre coefficient. La formule dont je me suis servi à cet effet était la suivante :

T et T' sont la valeur calculée et la valeur observée; I et V sont la température fixe et la température variable; l'une est réduite à 12” Réaumur cl l'autre est donnée par l'instrument. D'une autre part, il a fallu tenir compte d’une petite perte de la force magnétique; la durée des oscillations s'est trouvée augmentée de 1 ”,H et de 0”, 50 pour les deux aiguilles pendant les nonanlc-huil jours d’excursion en Allemagne.

Dans les réductions qui ont été faites, j'ai pris pour unité la valeur trouvée à Alloua : ainsi, en désignant par i l'intensité horizontale pour un lieu quelconque et par T et T' les temps qu'emploie une même aiguille à faire 100 oscillations dans le même lieu cl à Altona , j’avais

i: I es T': T 1 ; d’où i — — ,

C'est d'après celle formule qu'ont clé calculés les nombres de la septième colonne du tableau que nous donnons ci-après. La valeur observée à Alloua, qui a été prise pour unité, a servi de terme de comparaison pour les valeurs obtenues dans les autres villes (').

(■) Voyez pages 6 à 1 1 du mémoire intitulé : H eeherehes sur l'intensité magnétique en Allemagne, etc., tonte VI des Mémoires de l'Jcut/émie royale de Bruxelles, année 1830.

Ainsi, à côté des lieux d'observation, des dates, des heures et des températures, on a donné la durée de 100 oscillations qu'on a réduites à une même température, et l'on a donné les valeurs, comme nous l'avons dit, rapportées à une même unité. On trouvera, dans les notes, les lieux mêmes où les observations ont été faites; ils ont été choisis de manière qu'on put les retouver sans peine, et faire la vérification des résultats, si on le jugeait nécessaire. Une observation de Gôttingue a été faite simultanément avec M. Gauss, vers l'extrémité de son jardin. Ce grand géomètre observait en même temps que moi, d'après une méthode un peu différente : nous trouvâmes à peu près identiquement la même valeur. Celle ressemblance de résultats, non communiqués |>endant l'observation, excita vivement son étonnement, comme je le rappelle dans l'écrit que je publiai alors (en 1829). Il donna , quelques années après, ses magnifiques travaux sur le magnétisme terrestre.

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