INTRODUCTION
Les synthèses effectuées par les organismes vivants sont en général des 3 phénomènes de réduction et correspondent à une élévation du potentiel chi- . mique. Ces réactions constituent une sorte de reflux dans le courant qui entraine : les corps vers leur stabilité thermodynamique. De telles réactions ne peuvent avoir lieu que s’il se produit simultanément d’autres réactions correspondant ie à un abaissement au moins égal du potentiel chimique. On trouve cet apport RE ER utilisable dans les processus d’oxydation. Il s’ensuit que l’élaboration de la matière vivante s’effectue par réactions couplées d’oxydations et de réduc- L tions, les premières permettant aux secondes de s'effectuer. +. Le mécanisme de cette compensation est un des problèmes les plus impor- tants de la biochimie. On doit à Wurmser (1923) d’avoir posé ce problème - dans sa généralité et d’avoir donné une théorie ouvrant une voie nouvelle à lexpérimentation. En cherchant à comprendre comment l’énergie libérée par re . une réaction peut permettre à une autre réaction de s’effectuer, on voit que l’on > ne doit pas considérer Den Amnment ces deux transformations, Ceci peut être … légitime quand il s’agit de réactions s’entrainant mutuellement mais dont cha- cune est thermodynamiquement He autrement dit, quand le couplage a un effet purement catalytique. Il n’en est pas de même quand une réaction com- pense une élévation du pot>ntiel chimique. Quand on constate, d’une part, une combustion de glucose, d’autre part, la réduction d’un mélange d’ammoniaque avec une chaine ternaire aboutissant à la synthèse d’un acide aminé, on doit considérer la réaction globale. Le glucose s’oxyde en réalité aux dépens de l'oxygène fourni par la chaîne ternaire qui subit la réduction, et non pas aux dépens d’oxygène libre ; plus vraisemblablement, suivant la théorie de Wre- LAND, l'hydrogène du glucose se fixe sur le système acide pyruvique + am- . moniaque. Nous avons affaire à une véritable oxydo-réduction. On peut encore dire, si l’on veut, que les synthèses sont compensées par des combustions, suivant la physiologie classique, mais ce ne sont pas des combustions respiratoires aux dépens de l’oxygène du milieu extérieur. Tout au contraire, ces réactions s’ "opposent à la combustion totale et il convient de rechercher le mé- canisme qui assure leur permanence dans les cellules. WurmMsEer (1925) admet que ce ne sont pas seulement des conditions de catalyse particulières aux
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DT I.-D. GEORGESCU
cellules qui sont responsables de ce mécanisme, mais que le potentiel d’oxydoréduction des cellules qui présente une grande stabilité règle certaines de ces synthèses comme, par exemple, la formation d’un aminoacide à partir d’ammoniaque et de l'acide cétonique correspondant. Cette théorie implique l’existence dans les milieux cellulaires de systèmes en équilibre d’oxydo-réduction, c’est-à-dire constitués par des substances dont la forme réduite AH, est en équilibre avec son produit d’oxydation A et l'hydrogène, cet hydrogène étant lui-même en équilibre avec ses ions. On aurait : j -
AH, = A + H H, = 2H++ 2e
où e représente un électron.
Ce serait l'hydrogène ou les électrons ainsi cédés par le système réversible qui interviendraient dans la synthèse et l’on conçoit que l’état de réduction de ce système pourrait régler le sens des réactions (Wurmser, 1932).
Il fallait donc rechercher, et, s’il s’en trouvait, étudier ces systèmes en équilibre avec l'hydrogène et ses ions.
Les premiers corps organiques susceptibles d'intervenir dans le métabolisme et présentant ce caractère qui aient été trouvés sont les dérivés formés
au cours de l’évolution à l’abri de l’oxygène des solutions de glucides réduc-
teurs. L’étude de ces solutions, d’abord entreprise par AUBEL, GENEvOIS et WurMser (1917) et poursuivie par Wurmser et GÉLOso (1928, 1929, 1931) a conduit à mettre en évidence dans ces solutions un système oxydo-réducteur tout à fait typique.
Dans le présent travail, j'ai poursuivi une étude analogue sur des corps définis dérivés des glucides, les acides glycuronique et galacturonique, et sur l'acide hexuronique extrait par SzZENT-GyYôRGYI (1928) de certains tissus -animaux ou végétaux et dont cet auteur a montré la possibilité de subir une oxydation réversible.
Une grande facilité est donnée aux chercheurs, dans ce domaine, par l’existence d’une étude complète de la question, jusqu’en 1930, faite par R. Wurmser. Nous nous félicitons d’avoir eu la possibilité de travailler dans son laboratoire de l’Ecoie des Hautes Etudes et de l’Institut de Biologie Physico-Chimique, et d’avoir également pu collaborer avec lui pour d’autres recherches que celle qui fait l’objet de cette thèse. Je tiens à exprimer ma reconnaissance au Gouvernement français qui m’a donné la possibilité de séjourner à Paris pendant deux années scolaires, et je remercie également l’Institut de Biologie Physico- Chimique pour l’accueil qu’il réserve aux travailleurs étrangers. .
Enfin, je dois à l’obligeance du Professeur C. NeuBerG des échantillons de produits purs et des conseils précieux pour lesquels je lui adresse mes plus vifs remerciements.
Je remercie également Mme KHouvine et M. Jean GÉLoso pour l’aide qu'ils m'ont apporté au cours de ce travail. |
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