‹ Sur le problème de la Régulation consciente des fonctions somatiques à propos d'un casChapitre 13 sur 18 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

X..., âgé de 22 ans, a été examiné à l’occasion d’un accès brusque d’agitation au cours duquel il a menacé de mort son supérieur et qui a nécessité son isolement immédiat. L'accès a duré 5 à 6 heures : le malade a repris conscience dans le cours de la nuit qui a suivi, ne se rappelant absolument rien de ce qui s'était passé et n’ayant même pas le souvenir d'avoir été malade. Les jours suivants il était dans un état très normal. ne

Ce malade avait présenté déjà à deux ou trois reprises des accès analogues, également inconscients et amnésiques, moins violents toutefois que celui-ci. En outre, il éprouve de temps en temps des vertiges : tout d’un coup sa vue se trouble, il devient très pâle ; ces malaises ne durent que quelques secondes et ne s’accompagnent pas de chute ni de convulsions.

Son histoire est la suivante : son état aussi bien physique que mental est totalement différent avant ou après l’âge de 16 ans. Il dit lui-même que « sa vie se divise en deux parties ». [l a eu une enfance tout à fait normale, est très bien portant, son caractère est gai et facile, il est actif et travailleur, ses études furent normales, il pensait préparer le baccalauréat.

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À 16 ans, il a une période de croissance très brusque (à 16 ans et demi il mesure 1 m. 81) et en même temps un changement subit de caractère : il devient triste : rien ne l'intéresse plus, il éprouve « une sorte d’ennui perpétuel », un dégout de tout, sorte de détachement et manque d'affectivité. Cependant qu'il devient coléreux, emporté et très impulsif, ne pouvant se contenir lorsque quelque chose le contrarie.

A ce moment son existence est transformée du fait du remariage de sa mère. À la suite de difficultés familiales, il quitte brusquement la maison maternelle pour n'y plus revenir. Tout cela a contribué à accentuer son déséquilibre caractériel.

Il mène alors une vie agitée, se voit dans l'impossibilité de continuer ses études, exerce les métiers les plus divers, n'a plus aucune stabilité. Il s'engage et à la suite d’un premier incident est réformé : il mène une vie très solitaire, sans famille, sans amis et n'arrive pas à se stabiliser.

Quand il avait environ 18 ans, il a commencé à s’apercevoir d’une extrême sensibilité à l’alcool et au vin même absorbé en quantité très raisonnable.

A l'examen :

La morphologie de ce sujet semble assez spéciale : il est très grand, très élancé, sa tête est disproportionnée, infantite, petite, il n'a ni barbe, ni moustache. Sa chevelure abondante est de couleur blond très clair. II n’a pas de poils axillaires ; par contre, ses organes génitaux sont anorinalement développés et velus. Il semble donc que l’on sé trouve én présence d’un profond déséquilibre endocrinien. Sa voix qui aurait changé très brusquement au cours dé la 19€ année

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est profondément grave et semble étonnante venant de ce garçon imberbe à la figure poupine.

Réflexes : Les réflexes rotuliens ont un caractère éminemment variable : parfois normaux, parfois abolis mais jamais exagérés. Pourrait-on attribuer ce phénomène à une forte contraction volontaire ? on n’en trouve pas les signes musculaires. Ou à un épuisement du réflexe ? l'examen électromyographique n'a pas pu être pratiqué, cependant nous pensons que le facteur épuisement ne doit pas être mis en cause parce que cette disparition du réflexe a pour caractère essentiel d’être absolument irrégulière. Au moment où on cherche les réflexes, son regard devient vague et comme absent. Si on lui demande alors, sans aucune idée de suggestion cependant, comment il se trouve, il prétend alors que « fixant des yeux ce marteau à réflexes il se sent à certains moments comme à moitié endormi ».

Les réflexes vélo-palatin et pharyngien sont presque abolis et ici il ne semble pas qu'il puisse y avoir de puissance volontaire possible. Le malade dit spontanément que cet examen étant très désagréable il peut se mettre dans un état spécial dans lequel il peut résister et ne plus réagir.

L'examen labyrinthique a été pratiqué : à l’épreuve voltaique poussée jusqu’à 10 milliampères on n’a pu remar-quer aucune oscillation, aucune inclinaison, pas de nystagmus. Les épreuves caloriques et rotatoires ont été à peu près normales, l’audition est bonne: il n’y a pas de maladie de l'oreille. Cependant l’inexcitabilité labyrinthique est comparable à celle que l’on peut observer dans le sommeil cataleptique ou la catatonie.

Le malade a expliqué qu'il résistait, qu’il ne s'était pas laissé aller : il lui semblait qu’ainsi il diminuait la douleur.

Sur le fonctionnement du tube digestif on n’observe au-

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