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D'ailleurs nous n’aborderons pas ici le problème si complexe de l’activité mystique.
Le Professeur Laignel-Lavastine dans ses leçons cliniques faites à la Pitié, en 1927, a étudié les mystiques catholiques. Ceux-ci arrivent par une formation personnelle dont l’oraison est la base à dominer leurs sens et leur corps jusqu’à cette impression de légèreté, d’immatérialité qui apparaît dans les cas de lévitation, ce sentiment d’étrangeté relatif à soi-même ou aux autres.
La question de la psychologie des états mystiques dépasse toutefois le problème de l’activité volontaire el reste excessivement complexe et mystérieuse. Le laissant de côté nous nous limiterons dans ce travail à quelques points psycho-physiologiques à propos de cas concrets.
Dans cet ordre d'idées citons les faits rapportés par MM. P. Abrami, R. Wallich et P. Bernal dans un article de la Presse Médicale, du 26 février 1936, à propos de plusieurs sujets capables de réaliser un hypertension volontaire.
« Parmi les constantes physiologiques qui définissent l’état de chaque individu, disent-ils, il en est peu d’aussi importantes que la pression artérielle. Cette stabilité de l’équilibre tensionnel indispensable au maintien d’un régime circulatoire normal est assurée par des mécanismes régulateurs d’une extrême précision, dont le caractère le plus frappant est, sans conteste, l’automatisme. Jusqu'ici, en effet, les facteurs humoraux et nerveux dont l'intervention concours à
D) No
fixer l’état de la pression artérielle, ont paru à tous les physiologistes complètement soustraits à l'influence de la volonté.
« Cette séparation entre le fonctionnement des centres psychiques et celui des appareils nerveux végétatifs est-elle aussi absolue et radicale qu'elle le paraît ? L'intervention de la volonté sur un phénomène aussi automatique que la régulation de la tension artérielle est-elle réellement impossible ?
« Un certain effort de volonté peut avoir sur la pression artérielle une action si profonde qu'il est capable instantanément d’en doubler la valeur. II existe une hypertension volontaire : passagère, portant à la fois sur la maxima et sur la minima, sur les pressions artérielle, veineuse, oculaire et rachidienne, accompagnée de tachycardie considérable, parfois de mydriase et d’élévation de la température: centrale.
«Get effort volontaire hypertensif porte simultanément sur les muscles agonistes et antagonistes et ne donne lieu à aucune contraction apparente, le sujet peut le réaliser en n'importe quelle attitude, ses articulations restent souples et sa respiration régulière. Cet effort n'est pas fatigant il s'accompagne d’une sensation de chaleur et d'euphorie, mais il ne peut pas être soutenu au delà de quelques minutes, il semble ensuite que « l'organisme ne réponde plus ».
« Le seul phénomène cardiaque notable est la tachycardie, il n’y a aucune modification de l’électrocar—
diogramme.
5e es
« Cet effort est susceptible d'être reproduit un grand nombre de fois au cours de la même journée ».
Après discussion et élimination de plusieurs explications effort musculaire statique, poussée abdominale, adrénalino-sécrétion volontaire les auteurs concluent que cette hypertension résulte bien d’un acte spécial de la volonté et relève d’une action directe de l’influx nerveux sur l'appareil vasculaire lui-même. «Il est très suggestif de constater que certains phénomènes considérés unanimement comme foncièrement automatiques et totalement soustraits à l’action de la volonté peuvent par exception, chez quelques sujets éduqués, répondre à l’effort volontaire. Il existe d’ailleurs quelques exemples de sujets qui modifient à leur gré le rythme de leur cœur. Ces faits prouvent que la barrière élevée entre les centres psychiques et les appareils de la vie végétative n'est pas toujours aussi infranchissable que nous le pensons en général. Nous remettons ainsi en question des problèmes comme celui des troubles vaso-moteurs d’origine psychique, volontaire ou hystérique. Il est bien évident que, de l’œuvre magistrale de Babinski, rien de ce qui traite de l'incapacité de la volonté à reproduire les signes pathognomoniques de lésions nerveuses ne saurait être discuté. Le problème est tout autre : c'est celui de la reproduction volontaire de {roubles fonclionnels. Que des troubles de cet ordre, liés à lexcitation du sympathique, et qui à l’état normal obéissent à l’automatisme de centres périphériques, médullaires ou même cérébraux, puissent également se développer
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à la suite d'une incitation corticale volontaire, voilà seulement la question. Des faits comme ceux que nous rapportons et qui sont susceptibles d’un rigoureux contrôle expérimental permettent à notre avis de répondre déjà par l'affirmative. »
Ces divers auteurs semblent envisager que dans tous ces cas le sujet est susceptible de donner à sa volonté une puissance particulière qui lui permettrait de dominer et de modifier les fonctions organiques faisant normalement partie des fonctions dites involontaires. En pareil cas, le sujet aurait donc une sorte d’hypervolonté qui se différencierait donc radicalement des troubles catatoniques, ceux-ci sont liés manifestement à une atteinte pathologique et à une diminution du contrôle volontaire.
Cette distinction radicale est-elle justifiée? C’est ce que nous allons maintenant étudier en rapportant l’observation suivante et ensuite en la commentant.