DES
luche ; cette opinion ne serait que la confirmation des lignes suivantes : « La coqueluche a imprimé à la tuberculose une marche si rapide qu'on doit décrire ces accidents tuberculeux nouveaux comme des complications de la coqueluche » (1).
Il pourrait être intéressant, pour faire le départ entre ces 2 notions de tuberculose occasionnelle ou naissante, de pratiquer lintra dermo-réaction dans une série de coquelucheux surveillés ensuite.
Pour la plus grande clarté des faits, il est nécessaire de classer les observations en plusieurs catégories :
a). Celles où la broncho-pneumonie a évolué de façon lente et s'est prolongée de telle manière que les lésions bacillaires lui ont succédé ;
b). Celles où la coqueluche a imprimé à la allo une marche rapide ;
ee c). Celle où la tuberculose est apparue peu de temps , après la coqueluche (dans un laps de temps de deux à six mois) ;
d). Dans quelques cas enfin, les manifestations hu 2 Jleuses ont été plus éloignées et l'on ne sait si ces enfants É ne seraient pas devenus bacillaires même si on ne relevait | |
la coqueluche dans leurs antécédents.
a). OBSERVATIONS DU PREMIER GROUPE. — Obs. 34, obs. 142, obs. 131, obs. 153.
Dans l'observation 34, la broncho-pneumonie bilatérale, complique une coqueluche en juillet. Le malade succombe en octobre avec des lésions bacillaires de la base droite. Dans l'observation 151, la broncho-pneumonie survient en mai, et le malade be à la fin de juillet avec des lésions de bacillose pulmonaire.
(4) Hurmez et Darré. Maladie des enfants, t. I,
Dans une des 3 autres observations, des signes d’infiltration massive succèdent assez rapidement à la bronchopneumonie (obs. 142), mais n'entraînent pas la mort. Nous avons classé ces faits sous le chef de bacillose. En avionsnous nettement le droit ? Pas absolument car le diagnostic n'était que clinique. « La broncho-pneumonie de la coqueluche passe souvent à la chronicité » (1) et le « tableau clinique est celui de la phtisie » (2).
Mais, ajoute le professeur Hutinel : «11 n’est pas douteux qu'ont ait observé des cas légitimes vérifiés par l’autopsie de broncho-pneumonies subaiguës entraînant la
mort par cachexie progressive avec amaigrissement, ma--
rasme, doigts hippocratiques, mais il semble bien qu'un examen histologique minutieux et que l'inoculation au cobaye doivent en restreindre le nombre ».
Dans un de ces cas, cependant, la nature bacillaire des lésions a été vérifiée par l'intra-dermo-réaction qui a été positive (obs. 153).
b). OBSERVATION DU DEUXIÈME GROUPE. — Ici la coqueluche à imprimé à la tuberculose une marche rapide (obs. 76). Il s’agit d’un enfant de 6 ans atteint de coxalgie avec abcès, et dont l’état antérieur, il est vrai, était
déplorable.
c). OBSERVATIONS DU TROISIÈME GROUPE. — Îei l'éclosion de la bacillose a suivi la coqueluche dans un laps de temps
de deux à six mois, soit sans passer par le stade de
broncho-pneumonie, soit que celle-ei ait guéri. Nous résumons rapidement ces observations :
(1) Hume. La broncho-pneumonte tuberculeuse, Semaine médicale, 1890. (2) Hunner et Danné. Maladie des enfants, t. I.
us
O8s, 17, — Coqueluche en juin 1904. — En octobre, expiration soufflante au sommet gauche.
O8s. 64. — Coqueluche en août. Broncho-pneumonie guérie, [En
octobre, tuberculose confirmée du sommet droit.
O8s. 66. — Coqueluche en septembre 1906. Bacillose du sommet en décembre 1906.
O8s. 101. — Coqueluche en Juillet. Broncho-pneumonie de la base droite. Guérison ; à la fin d'août, ramollissement du sommet droit. Matité dans les flancs, etc.
OBs. 108. — Coqueluche en décembre 1908. En février 1909, modification de l'inspiration au sommet droit et adénopathie trachéobronchique.
O8s. 124. — Coqueluche en mars 1908. En novembre 1908, inspiration rude au sommet.
Parmi ces 6 observations, la bacillose apparaît à fois dans un laps de temps assez court (2 mois), et il y a là une succession des accidents bien faite pour mettre en relief les rapports de la coqueluche et de la bacillose.
N'a-t-elle fait dans ces cas que réveiller une tuberculose latente, ou a-t-elle permis au bacille de Kock de se développer sur un organisme affaibli. Nous ne saurions le dire, mais on ne peut mettre, 1l nous semble, son action en doute.
d) QUATRIÈME GROUPE D'OBSERVATIONS où les manifestations tuberculeuses ont été plus éloignées et permettent le doute sur la façon dont elles ont été influencées par la coqueluche.
Nous trouvons ici, soit des bacilloses nettes {sommet et adénopathie), soit des présomptions de bacillose (sommets suspects, micropolyadénopathie).
C'est ainsi que dans les observations 13, 22, 147, nous relevons la bacillose dans les délais qui varient de 1 à 2 ans, après l'apparition de la coqueluche. Ici, nous retrouvons
une pleurésie, là une tuberculose du sommet.
Se ie) pres
Danses observations 28, 61, 71, 86, la mention adénopathie trachéo-bronchique est relevée comme lésion médiate dans des délais qui n’excèdent pas un an. Sommesnous en droit de la classer parmi les complications tuberculeuses ?
Certains auteurs avaient été jusqu'à considérer l’adénopathie trachéo-bronchique comme nécessaire au cours de la coqueluche et Romberg, Friedleben, Guéneau de Mussy, ne voyaient dans la toux convulsive de la coqueluche que le reflet de l’adénopathie.
Il a été démontré que cette toux convulsive était due à l'irritation des fibres du nerf laryngé supérieur, du fait du « catarrhe des voies aériennes supérieures. » L’adénopathie trachéo-bronchique simple ou tuberculeuse n’est pas rare à la suite de la coqueluche et lorsque l'on voit la coqueluche persister pendant des mois, il faut explorer avec le plus grand soin les zones ganglionnaires de Barthez » (Hutinel et Darré), et ces auteurs ajoutent : « La radioscopie pourrait donner des renseignements de grande valeur, mais il faudrait examiner auparavant aux PU X les coquelucheux normaux » (1).
En effet, dans certains cas, la toux reste coqueluchoïde et paraît une sorte de transition entre une coqueluche normale et une tuberculisatiôn qui ne tarde pas à se déclarer, les lésions de l’adénopathie étant regardées comme tuberculeuses parce qu’elles sont APCOMpagnées de modifications du sommet (Obs. 86).
Mais souvent, nous devons l'avouer, la mention adénopathie trachéo- bronchique figure seule.
(1) HurineL et Darré. Maladies des enfants, t. IV.
or
TN Me
O8s. 12. — Coqueluche en 1906. Adénopathie en 1907
Os. 28. — == en 1904. 22 en 1904 OBs. 71. — = en 1906. = en 1907 OBS ES en 1907. Le en 1908
Ces observations n'entraînent pas absolument la convicton, mais 1l nous semble qu'elles gardent une grande part de présomption en faveur de la tuberculose. A cette distance (3 fois une année, 1 fois 6 mois, il semble que l’adénopathie soit plutôt le fait de la localisation du bacille de Kock, qu'une inflammation simple reflet d'une coqueluche éteinte.
Souvent enfin, dans nombre d'observations, nous trouvons aussi la mention micropolyadénopathie. Nous lui avons accordé une certaine valeur lorsqu'elle allait de pair avec l’adénopathie trachéo-bronchique confirmée, mais elle ne saurait avoir au point de vue du diagnostic de la bacillose celle que lui accordait Legroux.
En 1888, au Congrès de la Tuberculose de Paris, Legroux avait attiré l'attention sur l'existence de cette lésion dans les cas de tuberculose avérée et concurremment dans les cas de micropolyadénie sans bacillose apparente. Il insistait sur la fréquence d’une lésion profuse. Nombre d'auteurs restreignent la signification de cette adénopathie et notamment M. Comby fait la restriction suivante, « Cette micropolyadénopathie ne paraît pas avoir la même valeur séméiologique que les grosses adénopathies externes, car elle existe chez la plupart des enfants en bas-âge, sains ou malades, tuberculeux ou indemnes de tuberculose. »
De ce long exposé d'observations où la bacillose a suivi la coqueluche à des dates et dans des conditions diverses, il nous semble permis de tirer les conclusions suivantes :
PT
Dans 10 cas nets (Obs. 34, 149, 151, 133; Obs. 17, 64, 66, 101, 108, 124) la coqueluche a favorisé l'éveil de la tuberculose.
Enfin, dans 4 cas (Obs. 28, 61, 71, 86), de fortes présomptions penchent en faveur de la bacillose (Obs. 86, très nette). Ce qui porte à 14 cas la bacillose sur 171 observations — 8,2 ?/.. |
Enfin restent 5 observations où nous ne saurions, sans pouvoir être taxé de faiblesse personnelle, conclure en faveur de la coqueluche dans l’éveil de la bacillose. Ce sont des bacillaires qui ont dans leurs antécédents la coqueluche et c’est tout Obs. 13, 22, 67, 69, 79).
La conclusion qui s'impose est celle-ci :
Dans certains cas la bacillose apparaît si rapidement après la coqueluche qu'on est en droit de la regarder comme une complication de celle-e1 ; dans d’autres cas et à longue échéance, on n'est plus en droit d'incriminer la coqueluche. Il fallait une sanction à cette seconde proposition, nous l'avons cherchée dans les observatious de la thèse de Deschamps. :
= Nous avons dépouillé à nouveau les fiches de 56 nourrissons, fiches classées dans sa thèse, 11 avaient eu une broncho-pneumonie au cours de leur coqueluche, c'est-àdire 20 ‘/,; parmi ces 56 nourrissons, quelques-uns avaient été perdus de vue en 1905-1906. Mais nombreux sont ceux qui se sont présentés au Dispensaire en 1908- ‘1909 et même 1910. Sept ont été atteints de bacillose, dans 4 cas, pulmonaire, méningée dans les 3 aûtres cas, et les nourrissons qui ont présenté des signes de bacillose pulmonaire avaient eu une broncho-pneumonie 1 fois sur 2. Nous trouvons donc 12,5 °/, d'anciens nourrissons Éoquer lucheux atteints de tuberculose.
QE AAA Er à)
Or, dans la thèse de Balthazar sur la Puériculture {1}, nous lisons au chapitre tuberculose les lignes suivantes qui sufiraient à corriger l'impression fâcheuse que pourraient faire naître dans l'esprit les statistiques visant les rapports éloignés de la bacillose et de la coqueluche. /
« Sur 149 enfants des écoles du vii® arrondissement qui ont profité en 190% d'un séjour à la villa scolaire de
-Saint-Germain, le docteur Venot (2), a trouvé une propor-
tion de 18 °/, d'enfants atteints ou fortement suspects de tuberculose.
Le professeur Grancher et ses élèves ayant examiné en 1903-1904, tous les enfants de l'école des garçons et de
celle des filles de la rue de l'amiral Roussin {xv°) population
qui peut être considérée comme se rapprochant beaucoup de celle qui fréquente le Dispensaire du vu arrondissement, arrive à une proportion de 15,7 °/,. « Sur 896
enfants, garçons et filles, 141 sont en état de tuberculose
latente » (3).
Enfin, le docteur Balthazar dans sa statistique person-
nelle trouve sur 237 observations 40 tuberculeux, soit
On pourrait objecter que parmi ces enfants, beaucoup ont sans doute eu la coqueluche, mais combien d’autres n’ont-ils pas eu la rougeole, et combien d’autres n’ont-ils pas été préparés à la bacillose par de lourds antécédenfs.
6° COQUELUCHE ET HÉRÉDO-SYPHILIS. — En terminant cet
aperçu sur le pronostic de la coqueluche, nous attirons l'at-
(1) Barruazar. Thèse Paris, 1909.
(2) Dr M. Venor. Les Colonies scolaires du VIIe arrondissement en 1904. Paris,
G. Steinheil. < (3) GRANCHER. Préservation scolaire contre la tuberculose. Bulletin médical,
- 24 décembre 1904.
tention sur ce fait que | l'hérédo-syphilis né part influencer ni la durée ni la gravité de la coquelnche. Dans 2 cas (obs. 169-171\ où le séro-diagnostic ide
Wasserman était positif, La dns a évolué normalement et s'est terminée pa la BRArAonel Pa IHOiS de . mois, :