‹ Sur le Traitement Chirurgical d'Urgence des Plaies de Guerre du GenouChapitre 3 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous ne saurions commencer autrement cette thèse qu’en remerciant notre maître Grégoire (à qui revient le meilleur de ce travail) qui a mis si obligeamment à notre disposition ses belles observations de plaies du genou. Elles nous étaient nécessaires pour étayer cet ouvrage, car si notre opinion était fermement établie par ce que nous avons vu dans les nombreuses formations sanitaires de l’avant où nous sommes passé, nous manquions cependant de documents personnels à publier : ayant presque toujours fonctionné dans une ambulance divisionnaire nous n’avons pas pu suivre suffisamment longtemps les nombreux blessés que nous y avons vus. L’ambulance divisionnaire doit panser ou débrider,la formation chirurgicale spécialisée peut seule et doit seule faire de la vraie chirurgie, celle des articulations en particulier. Enfin elle peut hospitaliser dans de

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bonnes conditions ses blessés, et le chirurgien peut donc y conserver, y suivre et y soigner son opéré, ce qui est indispensable aussi bien à la bonne évolution de la blessure qu’à la documentation de l'opérateur.

Les plaies de guerre du genou nous ont particulièrement attiré car, aussi intéressantes que graves elles ont été parmi les premières à profiter de l’évolution de la chirurgie de guerre, et plus encore qu'ailleurs | la phase dernière de cette évolution, la suture primitive après épluchage, y a produit de véritables miracles.

Dès le début de 1916, nous trouvant alors dans une ambulance alpine, dont l'emplacement défilé permettait malgré sa proximité des lignes, l’hospitalisation des blessés notre attention a été attirée sur ce sujet par une série de plaies du genou que nous avons eu à soigner et dont l’évolution a été typique :

Une plaie avec lésion osseuse, arthrotomisée d’abord à dû être amputée par suite, après évacuation dans le service de M. Laroyenne.

Trois plaies sans lésion osseuse, ou avec lésion. minime, arthrotomisées, se sont mises à suppurer,, vers le 8 janvier.

Une plaie par shrapnell, sans lésion osseuse, suturée primitivement après extraction du. projectile, a guéri aussi bien que la suivante.

Une plaie par coup de couteau, quis’est comportée comme une véritable hémarthrose simple par contusion (ce qui était le cas de son voisin de lit.)..

Depuis ce temps, nombreuses ont été les publications sur ce sujet ; les chirurgiens d’auto-chir. notamment (Grégoire, Duval, Rouvillois, Guillaume- Louis et Basset, Gross et Loubat) ont fourni le plus grand appoint à la documentation ; malgré nos efforts, notre bibliographie sera vraisemblablement bien incomplète: nous sommes le premier à le regretter et espérons que notre excuse sera jugée valable : cette thèse est faite sur le front.

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