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tement prolongé, parfois des sections tardives des tendons ou de l'aponévrose plantaire. Il semble à lire cette description que le résultat serait au moins aussi ‘bon avec le redressement manuel.
Lorsqu'on applique la tarsoclasie après l’âge de 5 ans, il faut reconnaître qu’elle échappe à la plupart de ces critiques : l'application des tarsoclastes est facile, les résistances cèdent franchement, et la peau étant moins fine on risque moins de voir se développer des escharres.
3° Opérations sanglantes
Il faut rejeter a priori toute opération sanglante portant sur le squelette lorsqu'il est question des jeunes enfants qui font l'objet de notre travail. Ces opérations sont en effet mutilantes, et elles ne sont pas nécessaires.
Les extirpations et les résections portent préjudice à la croissance du pied en détruisant les points d’ossification, elles affaiblissent le squelette et les moyens de soutien et, de plus, elles troublent la démarche, ainsi que l’ont démontré Hoffa et Krauss.
On doute de la nécessité des tarsectomies chez le jeune enfant lorsqu'on étudie l'anatomie pathologique du pied bot à cet âge. On constate que jusqu’à trois ans les différentes parties du squelette ont une forme à peu près normale; les déformations d'importance secondaire qu'on relève sur le col de l’astragale sont suscepübles de se corriger, grâce à l'adaptation fonctionnelle, lorsque la forme du pied est devenue correcte. Ollier n'a-t-il pas déclaré au Congrès de
PS Are 1896 qu'il n'avait jamais été obligé de faire une résection du tarse chez les enfants âgés de moins de 7 ans ?
Les os du tarse ne s’opposant pas à la correction, il suffit donc, pour obtenir un bon redressement, de s'adresser à une intervention portant sur les parties molles. Parmi celles-ci, la plus connue après la ténotomie est l'opération de Phelps.
Ce chirurgien américain eut l’idée, en 1884, d’associer à la section sous-cutanée du tendon d'Achille une intervention abordant le pied bot non pas comme toutes les tarsectomies par sa convexité, mais par sa concavité, au niveau du pli d’adduction. Il incisa sur le bord interne du pied, l’aponévrose plantaire, les tendons tibiaux antérieur et postérieur et toutes les fibres musculaires jusqu'au squelette. La technique de cette opération fut améliorée par Kirmisson, qui sectionna en outre le ligament en YŸ de l’articulation de Chopart immédiatement sous-jacente, puis par Félizet, qui obtint un redressement bien plus satisfaisant, grâce à une large arthrotomie médiotarsienne.
Nous croyons cette opération excellente pour certains pieds bots graves de la deuxième enfance et de l'adolescence, où la question principale est le redressement de l’avant-pied sur l’arrière-pied. Mais dans les conditions où nous nous plaçons, l'opération de Phelps ne convient pas parce qu'elle n’agit pas sur le tarse postérieur. Elle laisse donc persister l'attitude d'adduction et de supination du calcanéum par rapport à l’astragale et du tarse postérieur par rap-
port à la tibio-tarsienne. De plus, comme pour faire le redressement on est obligé de faire une correction exagérée de la médio-tarsienne après section du ligament en YŸ, on compromet la statique du tarse et l’on risque d'avoir plus tard un affaissement complet de la voûte plantaire, un véritable pied plat.
De l'étude que nous avons faite au chapitre L, il se dégage assez nettement l’idée que le nœud de la question du pied bot est dans la correction complète du tarse postérieur et que cette correction ne peut être obtenue par le massage ni par la tarsoclasie à cause de la difficulté de saisir le tarse trop petit et de l'élasticité du pied cartilagineux.
La conclusion qui s'impose est qu'il faut aller avec l'instrument tranchant sectionner les obstacles au redressement pour pouvoir remettre les os dans une attitude correcte et obtenir ainsi une correction complète et définitive. HORS
Depuis plusieurs années, M. Nové-Josserand s’est orienté dans cette direction, et nous exposerons plus loin les étapes successives par lesquelles il a passé. En faisant les recherches relatives à ce travail, nous avons vu que cette idée s’est imposée aussi à d’autres chirurgiens. R
En 1903, Barlow et Mac Curdy ont décrit tous deux une intervention consistant dans la section de tous les tissus qui empêchent le retour à l’état normal.
Anzoletti, en 1907, est guidé par une idée directrice un peu différente. Pensant que la supination du tarse postérieur est la déformation capitale du pied bot, il cherche à réaliser la correction de cette atti-