‹ Sur Le Traitement Du Chancre MouChapitre 10 sur 35 · BE CE · texte numérisé non relu

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sables à l'enseignement de la vénéréologie. Là, comme pour beaucoup de branches de la médecine, les ressources actuelles sont archaïques et très insuffisantes et nos Maîtres dévoués doivent s’ingénier pour en tirer le maximum d'effets utiles, ce dont nous leur sommes très reconnaissant.

Un grand nombre de remèdes ont été proposés pour lutter contre les causes et les sources de contagion.

Mais les conseils donnés ont-ils des chances d’être écoutés, compris (condition indispensable) et observés ? semés le plus souvent dans un terrain {rès jeune : la proportion des vénériens de moins de 21 ans étant d’un tiers pour le nombre total des malades soignés au dispensaire.

Le mal vénérien peut être comparé à une vague qui a reçu une impulsion formidable du vent des passions déchainées par la guerre. Les mesures préconisées font l’effet de petites digues, capables d’en diminuer la force, de la canaliser, mais non d'en arrêter l'élan, car elles ne reposent que sur un sol fragile. Seule, une digue, constituée sur le retour à la mise en pratique, non aveugle mais raisonnée, des principes fondamentaux de la morale: religion, respect de l’idée de famille, sentiment du devoir etc., peut être efficace. Cette digue, qui a toujours existé et existera toujours, car elle est une condition indispensable à la vie des peuples, a été minée bien avant la guerre et a subi de larges brèches pendant ces dernières années si terribles à tout point de vue.

Doit-on rester indifférent, car trop optimiste, ou trop pessimiste, ou surtout de peur d’être traité d’idéaliste par des gens de mauvaise foi ou esclaves du respect humain ?

Non, car, avec ce qui subsiste et qui est à toute épreuve, n'est-ce pas Le fond de la famille française ? on peut et on doit s’efforcer de rebâtir.

Telle doit être la ligne de conduite de tous et principalement du médecin, dont le rôle social est prépondérant. C’est un travail de longue haleine, qui exige d’être dirigé avec prosélytisme et surtout sens pratique.

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B) Au point de vue individuel

Est-ce un facteur sur lequel il faille compter ?

On nous permettra d’être un peu sceptique en ce qui concerne le chancre mou.

Certes, on prescrit d'excellentes règles d'hygiène : lavages immédiatement après le coït, {ne ergo islæ pustulæ oriantur vobis, cauli esse debelis ; quare post coïlum illarum. mulierem quæ fœdæ sunt, debelis facere lolionem, (1) : usages de préservatifs et depuis quelques années frictions avec pommades : soit au calomel à 33 pour 100 (Metchnikoff), soit au protargol.

M. Gauducheau (2) recommande la formule suivante qu’il aurait expérimentée aux colonies et qui serait très efficace, ayant une action antiseptique intus et extra, démontrée sur sujet ayant subi diverses inoculations de virus syphilitique et de pus blennorrhagique : Thymol. 1 gr. 735, calomel 25 gr., vaseline 25 gr. 25. Lanoline 50 gr. dans un tube avec embout conique vissé.

Ces médicaments préventifs demandent une application précoce et surloul soigneuse pour réussir. Or, où vit le chancre mou? car il a son secteur. C’est généralement sur les quais, au milieu des marins, dockers, voyageurs de toutes couleurs et surtout de cette population internationale, sale, misérable, interlope, véritable ramassis des épaves de la vie. C’est autour des gares, des casernes, aux alentours des foires. Combien de fêtes pour beaucoup sont restées plus qu’à l’état de souvenir ! Le chancre mou se transmet ordinairement dans des conditions telles que les deux partenaires sont dans l’impossibililé absolue de prendre les précautions d'hygiène les plus rudimentaires. Du reste, com-

(1) Pierre d’Argelata. — Chirurgie Vener., 1480, in thèse Le Pelil. Paris 1913-14. Historique du chancre mou.

(2) Concours médical, 30 novembre 1919.

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