CONSEILS D'HYGIÈNE
Mais, quelque soit la médication employée, son activité sera bien diminuée, pour ne pas dire annihilée, si le malade néglige les règles essentielles d'hygiène. « Au dessus de toutes les méthodes planent la propreté et l’asepsie. » (Audry). « Les dermatoses sont entretenues et aggravées par la saleté. » (Brocq). Le plus habituellement, tous les conseils donnés se résument dans cette phrase : « Tenez vous bien propre |! »
Quel doit être le minimum de soins que l’on puisse exiger du malade ? Certes, vouloir obtenir comme le désirent certains vénéréologistes que le malade, après chaque miction ou chaque toilette intime, se lave soigneusement les mains, nettoie avec de la ouate imbibée d’eau bouillie les lésions et leurs alentours, c’est émettre des vœux réalisables seulement par une bien minime catégorie de malades. Comment se figurer que le débardeur ou le petit employé en garni puissent suivre ces conseils, alors que, dans un hôpital, l’on a toutes les peines du monde à exiger qu'ils soient ébauchés au moins pendant la visite ! |
Le malade devra, matin et soir, nettoyer le chancre, soit en prenant un bain local, soit en pratiquant des lotions avec de l’eau savonneuse tiéde, suivant la localisation de la lésion.
a) Bains locaux. — L'eau étant employée comme moyen de nettoyage et non comme agent curateur, il est inutile que le bain soit pris à la température de 40°. Le malade doit
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d’abord verser un peu d’eau tiède dans un récipient (un bol, un verre etc.), y faire baigner le chancre puis rajouter de l’eau chaude. On évite ainsi les brûlures ou la macération de l’épiderme qui se produisent assez souvent à cause de cette phrase. « Prenez des bains le plus chauds possible ! » Pour la même raison, le bain ne doit pas être prolongé, c’estune simple détersion. Le malade trempera simplement la verge dans le bol et l’agitera fortement. En aucun cas, il ne devra toucher au chancre, par crainte d’érosions par des ongles mal taillés. S'il ne peut prendre qu’un bain, il vaudrait mieux que ce soit le soir, car, pendant la journée, les causes d'infection sont plus nombreuses.
b)Lolions.— C’estun moyen très pratique. Le malade devra avoir à sa disposition deux verres, renfermant l’un, de l’eau savonneuse, l’autre, de l’eau tiède. Il devra : tremper un tampon d’ouate dans le premier verre, l’exprimer au dessus du chancre, et l’appliquer légèrement aux alentours de la lésion sans frotter ; recommencer plusieurs fois en changeant de tampon ; verser ensuite le contenu du second verre sur le chancre ; sécher en tamponnant avec un morceau de gaze sans frotter, attendre quelques instants si possible, puis appliquer la poudre prescrite en suivant toutes les recommandations du médecin.
Si le chancre siège dans le sillon balano-préputial, il faut recommander au malade, lorsqu'il voudra uriner, de décalotter, s’il le peut et sans effort, de manière à découvrir le gland. Ainsi l’urine ne stagnera pas et n’amènera aucune conséquence facheuse. Il devra recalotter immédiatement après la miction.
Si le malade est porteur d’un phimosis :
a) Soil congénital. — Il ne devra pas décalotter car, si l’anneau inférieur du prépuce n’est pas suffisament large et élastique, la production de fissures, points de départs de lymphangites et d’inoculations, est à craindre.
D) Soil acquis. — Aucun danger n’est à craindre les premiers jours, car cette manœuvre est trop douloureuse, mais au bout d’un certain temps, la curiosité du malade est éveillée et c’est le paraphimosis.
Dans le cas de phimosis surtout, il peut être utile de diminuer l’action irritante de l'urine par des alcalins.
Le malade devra veiller à ce que personne ne touche à ce qui lui sert d’objets de toilette : savon, torchons, qui se prêtent très facilement dans certains milieux. Il faudra lui recommander de coucher seul, car, dans les garnis de bas étage, le même lit sert souvent à 2 locataires. Les marins ne devront pas se prêter leurs couvertures. Pour parer à ces inconvénients, on devrait conseiller le port, soit d’un bandage triangulaire, soit d’un petit caleçon qui soutenant les bourses, immobilisant la verge, protègerait le chancre contre les irritations et les infections. Ce préservatif pourrait être lavé de temps en temps et serait au moins d’une propreté relative.
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