TRAITEMENT GÉNÉRAL
Lorsqu'on se trouve en présence d’un chancre mou, maladie locale, il semble que l’on n'ait pas à se préoccuper du traitement général. Pourtant, Ricord n'’a-t-il pas signalé son importance. « Tel individu lymphatique, scrofuleux ou simplement affaibli par le travail, les privations, la misère, guérira d'autant mieux que vous aurez soin de combattre les vices de sa constitution et de restaurer son organisme. Donnez lui du fer, du quinquina, del’huile de foie de morue. Procurez lui autant que possible une alimentation tonique, une hygiène meilleure. » Le traitement général ne serviraitil qu’à prévenir la phase préphagédénique qu’il serait déjà très utile, pour ne pas dire nécessaire.
Insister pour que le malade ne boive pas d’alcool (œnophagédénisme) ne veille pas trop tard, ne fasse pas d’efforts violents. Pas d’excès dans le travail comme dans le plaisir. Lui faire remarquer qu’en ne voulant pas se reposer quelques jours, il sera peut-être obligé de rester inactif pendant plusieurs semaines. Eviter surtout de donner des conseils matériellement impossibles à suivre.
‘ Parfois on peut rencontrer, ce qui est moins rare qu’on ne le croit, un sujet faisant de la neurasthésie génitale du fait de son chancre mou. Que cet état d'aspect n'ait aucune influence sur l’évolution du chancre, (n’en a-t-il pas une sur la blennorrhagie) on peut en douter, car, si sa pathogénie n’est pas démontrée, cela ne prouve pas qu’il soit indifférent. De plus la neurasthésie génitale n'est-elle pas une
Her sise
maladie qui réclame des soins et non l'indifférence qu’on semble lui témoigner dans la plupart des ouvrages de vénéréologie en ne luiconsacrant que quelques lignes. Le malade sera reconnaissant au médecin d’avoir compris, sans trop le montrer, qu’il souffrait moralement. C’est là un facteur de confiance et par le fait de succès. Il reprendre très rapidement ses forces, il se sentira revivre, surtout s’il suit un traitement réparateur des dépenses nerveuses exagérées.
Le traitement général complète le traitement local, en lui préparant un terrain apte à réagir. Du reste, n’est-ce pas ce besoin de l'organisme que traduit, d’une manière fausse, le malade lorsqu'il réclame « un dépuratif » que, systématiquement, on lui refuse, car, n’ayant en vue que l'affection locale, on l’interprête mal. Pourquoi ne pas le contenter, puisque souvent il est très utile, au lieu de laisser ce soin à des gens plus psychologues qui en abuseront