CHEZ LA FEMME
Le chancre mou trouve un merveilleux terrain de défense chez la femme, grâce à la configuration des organes géni- ‘taux qui favorise la multiplicité, la réinfection continuelle, la localisation anale : grâce à l’absence de l'élément douleur, qui n’empêche pas la femme de « travailler » (au service d’hospitalisation des prostituées se trouvent actuellement cinq femmes ayant des chancres mous depuis plus de 2 ans); grâce au manque total de soins intimes, surtout chez les prostituées clandestines.
: Pour lutter avec efficacité contre le bacille de Ducrey, il faudrait qu’en présence de toute femme porteuse de chancres mous, le médecin puisse l'engager à se faire hospitaliser. Bien entendu, il ne faut pas lui parler d'hôpital de filles soumises, car il existe une hiérarchie farouche dans la prostitution. Avec quel air de dignité offensée, cette phrase n’est-elle pas prononcée : « Oh il ne faudrait pas se tromper ». On insistera, au contraire, sur le fait qu'elle sera obligée d’y entrer un jour ou l'autre si elle ne se soigne pas ; que le traitement à domicile sera très long, surtout si elle a un chancre anal, car elle ne pourra que difficilement appliquer un traitement ; que le bubon, avec sa cicatrice révélatrice, est fréquent, si les soins sont insuffisants ; qu’elle pourra, en même temps, se faire traiter pour la syphilis, si elle l’a, ce qui est ordinairement le cas. Enfin,
æ (4 -uniquement par requit de consoience et sans y attacher une grande confiance, on lui suggèrent la nécessité d'interrompre tout rapport sexuel, = Mais le chanere mou n'a pas de rentes, « il avi pas entrotenn », « il à besoin de gagner son pain quotidien » et si l'on veut empêcher La femme de « travailler » il faut lui
enlever les soucis matériels, Pour cela il n'y à qu'un moyen: Rroner l'hasnitalisation volontaire,
Pourquoi n'a-t-elle pas lieu ?
C'est que l'autorité morale du médeoïn ne suffit pas à pousser les femmes à se frire hospitaliser, I Rudrait un plus grand nombre de lits pour vénériennes dans les hôpitaux généraux où elles seraient admises sans certifiont du commissaire de police : formalité qui éoarte d'emblée, nous
en avons des preuves chaque jour, toute la eatégorie des
prostituées elandestines.
La entation d'hôpitaux spéciaux, diserets, (qualité primordiale) s'impose, ear les femmes y entreraient plus volontiers que dans les hôpitaux généraux où elles ne eornient pas trouver toute la diserétion voulue, ls seraient établis suivant les ngles d'hygiène moderne, avec de grands dertoirs bien ass et de vastes cours où janlins. Leur séjour ne serait pas rendu « embéètant » et les malades auraient l'illusion passegère d'avoir quitté le collier de misère et de honte, en respirant une athmosphère meilleure, Une distinetion serait faite entre les volontaires et celles qui sont hospitalisées de force, c'est un point capilel : eur il est amoral de leur fire rocomplir un véritable stage d'éducation professionnelle, de les
fire tomber plus bas, sous prétexte de les blanchir physi
quement, De mème il est indispensable de séparer la fille novice, raflée un soir, de la vieille pensionnaire des maisons closes. Pour que l'hospitalisation volontaire ne soit pas un vain mot, « un remède de conatàs » il Rut changer de fond en comble les services hospitaliers aetnels des prostituées, Car, vouloir espérer que les femmes entreront hénévolement dans ces sortes de cages Sans air, aux salles basses, aux COURS
ste 7] CONS AS