HORS
sérum. Arrive le 28 août à l'Hôpital n° 1 de Foix : plaie très sensible au toucher. Elle suit cependant son cours normal, et le 7 septembre, la cicatrisation est presque achevée.
Le 9 septembre au matin, le blessé accuse un léger trismus avec un peu de raideur de la nuque; vers le soir contracture dés sterno-mastoïdiens. Le diagnostic n'est pas encore fermement posé; on fait cependant 20 cc. de sérum dans la journée. L'incubation a été de 15 jours.
Le jeudi 10, la plaie s'est rouverte et suppure : on en extrait des débris de capote. Les symptômes s’accentuent, en outre dysphagie légère. — Le diagnostic de tétanos étant confirmé, on décide d'appliquer le traitement de Baccelli mais d'y adjoindre du sérum dans le but de neutraliser la toxine au niveau du foyer et de limiter ainsi les doses d'acide phénique sans en diminuer l'efficacité. — Le trismus est complet; il y a de la raideur des pectoraux, des abdominaux et des masses lombaires. Le soir,.état très grave. Le malade reçoit du sirop de chloral et 20 cc. de sérum, mais on ne put lui faire, à cause des possibilités matérielles, qu'un centigramme d'acide phénique pur.
Le 11, la tétanisation musculaire est généralisée, les mâchoires sont serrées. Par moments, le malade a de petites crises et suffoque. Vers le soir, les grandes crises commencent : le blessé se tord, la face vultueuse, les mâchoires sont bloquées, au point que les dents grincent, les yeux luisants saillent de l'orbite. Les mains se crispent et les ongles s’enfoncent dans la main de l'infirmier. Les crises de suffocation sont longues et fréquentes, la dysphagie est absolue. Pouls rapide et tendu, pas de température. Etat très grave. — Ce jour-là pas de sérum, mais 2 gr. de chloral et 6 centigr. d'acide phénique {solut. à 1 p. 200) en 12 injections sous-cutanées.
Le 12, dans la matinée, les crises sont subintrantes (env. 6 de 4 à 5 minutes chacune, par heure). Position en opisthotonos; le malade est « de bois ». — Suffocation extrême, la dysphagie est telle qu'on doit supprimer tout liquide et remplacer le sirop d'hydrate de chloral par des lavements tièdes de ce corps. Pouls désordonné. À midi la mort est jugée imminente, lorsque vers le soir une légère amélioration se produit, le malade réussit à avaler 2 où 3 gouttes de lait coupé d’eau. Urines nor-
et