‹ Sur le Traitement du TétanosChapitre 19 sur 32 · OBSERVATION IV NT · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV NT

(Guérison)

Le G... Joseph, soldat au 65° d'infanterie. Blessure par éclat d'obus à la cuisse gauche le 16 septembre 1914. Les premiers symptômes de tétanos se montrent le 26 : trismus, tremblement continuel et douloureux de la jambe blessée, raideur de la nuque et du dos. Le soir légères crises, la nuit crises violentes : le malade se met en « chien de fusil ». Il a reçu d'emblée 16 centigr. d'acide phénique. — Le 27 les mâchoires sont serrées; on tient le malade sous l'empire du chloral ce jour-là et le lendemain : les symptômes s’aggravent. État stationnaire le 29 et le 30. Le 1° octobre, le trismus est moins prononcé, la tétanisation moins généralisée. Le 2, la dysphagie s'améliore et dès lors les phénomènes rétrocèdent. Du 5 au 7 : exanthème rougeâtre en plaques, sans réaction. Le 10, on cesse tout traitement.

En 15 jours, le malade a eu À gr. 49 d'acide phénique par doses de 3 à 16 centigr., 130 cc. de sérum et du chloral en

lavements.

OBSERVATION V re (Guérison)

B.. Georges, soldat au 205° d'infanterie; plaie du bras gau- -che par éclat d'obus. Incubation d'environ 12 jours. Le 11 octo-

os

bre 1914, arrive dans notre service spécial avec un trismus très accusé, crampes douloureuses s'étendant sur toute la hauteur du dos et des jambes, raideur des masses dorso-lombaires et. du cou; vers le soir, crises et suffocation; pas de rictus. Le malade reçoit d'emblée 12 centigr. d'acide phénique. — Le lendemain, ‘état stationnaire, mais tétanisation plus forte (28 centigr.). Le 13, les crampes sont plus violentes, les sueurs profuses; crises nombreuses au cours desquelles le malade se tord; il suffoque, car les pectoraux sont pris. Pouls variable. Peu de dysphagie. Le 14 et le 15, même état très grave. Le 16 et le 17, les crises sont plus faibles. Le 18, le trismus disparaît et de ce jour les symptômes s’atténuent. Le 20 octobre : exanthème, mais peu violent. Le 21, on cesse le traitement.

En 11 jours, le malade a eu 1 gr. 12 d'acide phénique par doses de 4 à 28 centigr., 40 cc. de sérum et 82 gr. d'hydrate de chloral en lavements.

CONCLUSIONS

ossi est

Si nous jetons maintenant un coup d'œil d'ensemble sur les cinq observations qui précèdent et sont un succès de plus à l'actif de la méthode de Baccelli, nous remarquerons que trois au moins se rapportent à des cas très sérieux ayant laissé à certains jours peu d'espoir de guérison. L’intoxication tétanique fut cependant jugulée et les séquelles réduites au minimum, puisque trois de nos malades, comme nous l'exposions dans notre € Avant-Propos », purent retourner en première ligne. Pt cependant les doses d'acide phénique furent assez peu élevées. Chaque jour, et dès les premiers symptômes,

nous avons suivi la marche des phénomènes morbides, augmentant ou diminuant avec eux les doses injectées. Jamais, il est vrai, nous n'avons observé de modifications dues au phénol dans les urines, et cependant nous avons signalé les sueurs profuses qu'occasionne en général ce corps à doses élevées par rapport à la tolérance de l'organisme. Nous avons eu chaque jour l’impression nette de maîtriser la maladie avec les doses juste suffisantes pour ce but, © ’est-à-dire avec celles qui étaient nécessaires sans plus pour neutraliser au niveau “des cellules nerveuses la toxine qui s’y était fixée.

À notre avis nous devons cette possibilité d’avoir réduit, sans être inférieur aux doses exigées, la quantité d'acide phénique injectée quotidiennement :

D'abord au chloral, qui est venu calmer l’excitabilité nerveuse et sensorielle, sources de tant de crises chez de tels malades ;

Et ensuite au sérum antitétanique que nous employämes aux journées critiques. Nous l'avons en effet ecmbiné au traitement pur de Baccelli, mais avec la seule pensée de neutraliser par là même la toxine tétanique au niveau du foyer infectieux ou dans la circulation générale, et non pas dans un but curatif; son rôle à notre avis — et nous aurons l’occasion de le redire — se borne là, en effet, mais c’est déjà une acquisition capitale car il limite ainsi le travail autrement ardu de l'acide phénique qui, lui, va agir seulement d’une part sur les cellules nerveuses non encore lésées, pour les protéger comme d'un vernis isolant et, d'autre part, sur les centres nerveux déjà impressionnés, pour y combattre aussi victorieusement qu'il lui sera possible la toxine

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