‹ Sur le Traitement du TétanosChapitre 31 sur 32 · STATISTIQUES COMPARATIVES · texte numérisé non relu

STATISTIQUES COMPARATIVES

En terminant ce travail, nous croyons utile d'opposer <en quelques chiffres les résultats obtenus dans le traitement du tétanos par les deux principales méthodes :

$ 1. — Méthode de Baccelli

Nous avons pu relever dans la littérature médicale

68 cas inédits avec seulement 7 décès soit une mortalité de 414,2 %.

En outre, nous avons retrouvé mention de nombreux Cas relevés à diverses sources par les auteurs, et dont certains font évidemment double emploi. Au total :

1.068 cas avec seulement 442 décès, soit une mortalité de 14,4 % .

Le chiffre maximum de mortalité est cité par Vallas en 1902 : 37 %; le minimum oscille de 10 à 12 %, absiraction faite des cas particulièrement heureux sans décès (Gualdi, Zèri, Claude en 1902, Caillaud et Corni-

UGS

glion en 1914, nous-même). On peut dire que le chiffre

moyen oscille entre 15 et 20 %.

$ 2, __ La Sérothérapie

Ici nous relevons depuis 1893 :

10 57 cas inédits avec 411 décès (mortalité : 49,4 %; 2 782 cas puisés par les auteurs à diverses sources, avec 321 décès (proportion :41 %.

Avec cette méthode, la mortalité signalée évolue aux environs de 50 à 60 %; le chiffre maximum est cité par

Roux-Vaillard en 1893 : 71,43 %; le minimum oscille. de 16 à 20 %, sauf les cas à mortalité nulle signalés par

Bacri en 1916 et Massary en 1920.

$ 3. — Conclusions En résumé, le chiffre moyen signalé de divers côtés pour la mortalité est de :

148 % avec la Méthode de Baccelli, et 55 % avec la Sérothérapie.

D SUITE 21 NS PTE

CONCLUSIONS

I. — Au nombre des thérapeutiques qui peuvent être appliquées dans un cas de tétanos confirmé, la méthode de Baccelh compte parmi les plus efficaces. Elle donne des guérisons même dans des cas cliniquement très graves.

II. — La mortalité, en effet, s'abaisse grâce à elle dans le tétanos en évolution à une moyenne de 18 %, chiffre sensiblement inférieur à ceux fournis par les autres traitements employés dans ces circonstances, même si on a recours à la sérothérapie, qui donne alors 55 % de décès. 6e

III. — La méthode étant basée sur l’administration sous-cutanée d'une solution d'acide phénique, on doit faire varier les doses injectées suivant l'importance des manifestations tétaniques. La dese moyenne oscille entre 0 gr. 45 et 0 gr. 60 par jour, sans risques d’accidents.

Les dangers d'intoxication phéniquée (urines noires, collapsus thermique), sont d’ailleurs extrêmement rares et ne limitent pratiquement pas l'emploi de la méthode,

IV. — Un traitement mixte par du sérum antitétanique à doses variables et la méthode de Baccelli est à recommander dans les cas très graves et donne des résultats très favorables.

Devant ces faits, on peut émettre l'hypothèse que le sérum agirait en neutralisant la toxine non encore

Les

fixée, alors que l’acide phénique lutterait plutôt contre: celle qui a déjà imprégné les centres nerveux.

V. — Bien établie en clinique, l’action de l'acide phénique sur le tétanos provoqué donne dans les expériences de laboratoire des résultats inconstants explicables. en partie par les conditions particulières dues au mode d'infection artificiel.

VI. — Les effets favorables de l'acide phénique dans. le traitement du tétanos humain restent encore difficiles à interpréter.

Sur l'organisme sain (chien, lapin, grenouille), il se montre expérimentalement comme une substance ne modifiant ni la contractilité intrinsèque du musele, ni l’excitabilité des nerfs moteurs, — mais dans une première phase de l’intoxication, il apparaît comme un poison du système nerveux sensitif, qu'il met en état d’hyperexcitabilité (phénomènes convulsifs réflexes, hyperrecevabilité sensitive), pour aboutir dans une seconde phase à une diminution très notable de son excitabilité. |

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