‹ Sur le Traitement du TétanosChapitre 6 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le premier cas publié se rapportant à la guérison d'un tétanique par les injections sous-cutanées d’acide phénique, fut produit par un élève du Professeur Baccelli, Tito Gualdi, en 1888, au Premier Congrès de la Société Italienne de Médecine. La méthode était encore nouvelle, le résultat fit impression et par la suite nombreux furent les médecins qui voulurent essayer 68 traitement.

Mais des modifications furent apportées à la méthode ct beaucoup avec des résultats bien peu satisfaisants. Aussi le maître italien voulut-il remettre la question au point, et le 5 juin 1911 — quelque temps à peine avant sa mort — il publiait dans une revue de médecine allemande un long article très documenté, dont nous croyons utile de donner une analyse au début de ce travail.

Après quelques phrases dans lesquelles il fait la critique du sérum de Behring et Kitasato, employé à titre curatif contre le tétanos déclaré, il montre les nombreux succès signalés de divers côtés, et qui furent obtenus avec sa méthode des injections sous-cutanées d'acide phénique. ;

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Et ici Baccelli insiste sur ce point, que les doses, pour être efficaces et ne pas donner de mécomptes comme certains en ont signalés, doivent être suffisamment élevées. La tolérance des sujets intoxiqués par le poison tétanique est telle, ajoute-t-il, qu'ils supportent aisément des doses de 10 à 15 centigrammes d'acide phénique en une fois, et il cite Crespolani qui a pu impunément injecter à un enfant de 9 ans, pendant 12 jours, 0 gr. 75 toutes les 12 heures.

Des multiples recherches auxquelles il s’est livré, jointes aux expériences des autres médecins, le Professeur italien conclut que la plus favorable est la soluüon hydrique à 2 ou 3 %. On tâtera d’abord la susceptibilité du malade ét on arrivera progressivement aux doses fortes : Baccelli débutait toujours par 30 à 50 centigrammes par jour, en surveillant les urines, et augmentait progressivement, parfois jusqu’à À gramme et même 1 gr. 50.

C’est ainsi qu'il collationna, depuis 1888, 190 cas de tétanos traités par sa méthode. Partant de ce fait que, tandis que les cas bénins guérisssent en règle générale spontanément, les autres (graves, très graves et foudroyants), livrés à eux-mêmes ont une mortalité de 100 %, Baccelli analyse ces 190 cas et conclut à une mortalité globale de 17,36 % avec 98 % de guérisons de cas graves (2 morts sur 94 malades) et 81 à 85 % de guérisons de cas très graves (5 morts sur 27 malades). - De telles statistiques rapportées par un maître tel que le Professeur Baccelli et appuyées en outre sur l’autorité de nombreux autres médecins de tous pays,

sont bien faites pour, retenir l'attention lorsqu'il s’agit d'une maladie aussi grave que le tétanos qui guette toujours le moindre blessé comme l'expérience de la guerre autant que celle de la vie civile nous l'apprennent à chaque instant.

C'est pourquoi nous. avons cru utile de développer cette question dans notre thèse inaugurale en y apporant notre modeste contribution sous la forme, principalement, d'observations inédites, de résultats expérimentaux dus à notre éminent président de jury, et d'idées peut-être un peu hardies.

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Rapide exposé historique sur la méthode de Baccelli

Comme nous venons de le voir, c’est en 1888 que fut publié le premier cas de guérison d'un tétanique par la nouvelle méthode que le professeur Baccelli venait de préconiser à la suite de ses diverses expériences ; celles-ci lui avaient été suggérées par les nombreux cas de maladies infectieuses (telles que érysipèle, charbon, furonculose et rhumatisme) guéris par les injections d'acide phénique, corps à la fois antiseptique, antitoxique et sédatif du système nerveux ainsi que l'avaient notamment reconnu en France le docteur Déclat en 1865 et Faivre dans ses recherches en vue de la thèse qu'il devait soutenir en 1888.

Ce premier cas de guérison de tétanos était publié par Tito Gualdi, un élève du maître, au 1* Congrès de la Société Italienne de Médecine, à Gênes.

Baccelli lui-même annonça le second cas deux ans plus tard, en 1890.

Dès lors, en Italie, la méthode se répand et lorsqu’en 1897, dans le « Supplemento al Policlinico » de Rome,

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Zéri en fait une étude détaillée, il peut citer à l'appui de ses affirmations 27 cas traités et tous guéris.

Un an après, à l’Académie de Médecine de Rome, Ascoli rapporte à son tour 33 cas avec 32 guérisons.

Ces résultats furent publiés et répandus dans toute l'Italie, puis à l'étranger. Ils suscitèrent la curiosité de beaucoup de médecins qui voulurent expérimenter la méthode ou l'appliquer à des cas humains. De nouveaux succès furent enregistrés.

Cependant en France on resta sceptique et peut-être: faut-il en chercher la cause, pour une grande partie tout au moins, dans les trop brillantes statistiques publiées un peu partout. Une phrase de la communication que fit, en 1902, M. Vallas (de Lyon) au XV° Congrès français de Chirurgie, semble bien résumer cet état d'esprit : — il se demande si les beaux succès obtenus par la méthode de Baccelli et qui sont surtout de provenance italienne, ne sont pas dus surtout à un véritable enthousiasme qui poussa à ne publier que les résultats favorables, et peut-être aussi en partie à une virulence moindre du bacille de Nicolaïer dans la Péninsule romaine.

Toujours est-il que jusqu'au début du XX° siècle les cas de guérison connus chez nous sont rares. C’est alors que parut, en 1911, l'article publié par Baccelli luimême; son autorité, les précisions qu'il apportait sur l'emploi de sa méthode firent que de nouvelles applications en furent tentées et particulièrement lorsque des cas nombreux vinrent malheureusement offrir un champ trop vaste au cours de la guerre européenne, au début principalement et dans les offensives finales. A ces

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