LE CHARDON
Comme il est fier, comme il est triste, Malgré le soleil, le chardon Effeuillant ses fleurs d'améthyste Aux quatre vents de l'abandon...
Il est semblable à l'hérétique Que des soudards ont pourchassé Et qui mourra sans viatique, Mais debout, aux bords d'un fossé...
Le chardon griffe qui le touche, Rien n'émousse sa fermeté.
Il sent l'orgueil et la cartouche.
Montre ses crocs au ciel d'Eté.
C'est l'amant de la solitude,
Et, quand l'Hiver l'attaque, rude.
Et le déchire par lambeau.
Il claque au vent, comme un drapeau !
A Louise de Lapeyrome