POUR ELLE
M'entends-tu, vierge blonde, exquisement cruelle ? Toi, dont j'aime la voix, le geste, la langueur. Toi, qui pourrais bercer de ta tendresse frêle Mon cœur en l'appuyant doucement sur ton cœur.
M'entends-tu ? J'ai le cœur écrasé de richesses, Je voudrais te donner sa force et sa bonté Et guider ta candeur au verger des tendresses. Où sont les fruits du rêve et de la volupté.
Mais tu ne réponds pas. Je reste solitaire Et je sais tout le mal des larmes sans écho... L'être a besoin d'amour pour guérir sa misère. Il ne peut regarder la nuit sans un flambeau.
M 'entends-tu ? quel tyran t'empêche de comprendre Et de venir vers moi les mains pleines de fleurs ? Je veux la foi, je veux l'azur, viens me défendre Contre moi-même. Oh ! viens dissiper mes terreurs.
Mon être est dévoré d'une indicible envie ; Dans ton cœur, je voudrais être comme un secret, Ne jamais en sortir et vivre de ta vie Intérieure... En tes yeux briller comme un reflet.
A mon désir d'aimer répondras-tu .? - Peut-être... Ma détresse est pareille aux lents sanglots du soir, L'hiver... quand le soleil a fermé sa fenêtre... Et, tel un chemineau, j'erre sous le ciel noir.
A Moniteur Raymond Poincaré