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LES TROIS CADETS

" Quels sont ces trois soldats poudreux " Qui galopent sans perdre haleine " Sur la grand' route ? dit la Reine, " Sont-ils jolis, jeunes ou vieux ? " Et l'Amour enivrait la Reine, Un amour plus grand que les cieux !

" Ce sont des cadets du pays

" De Gascogne ou de l'Aquitaine,

Dit le page avec un souris,

" Chacun vous porte un cœur, ma Reine.

Lors, les trois, franchissant les ponts. Vinrent s'incliner devant Elle.

Ils étaient fiers et leurs haillons Drapaient d'orgueil leur haridelle ;

Ils étaient trois jeunes lurons Amoureux, auprès de la Belle.

Le premier d'amour fit chanson, Il venait du pays des fées ; Le second rugit sans façon La gloire forte des épées ; Le dernier, muet, eut raison :

L'amour se rit des épopées !

Bartas, de Luz et d'Argenfleur, Aimant également la brune, Jurèrent d'être son vainqueur Ou de mourir au clair de lune.

On les vit, un trou dans le cœur.

Tomber, frappés par la Fortune !

Plus ne vinrent les chevaliers Sur la route de l'Aquitaine ; Mais, dans l'azur, trois cœurs liés, Comme une gerbe souveraine, Au-dessus des hauts peupliers.

Se montraient aux yeux de la Reine

Mis en musique par Robert Montfori.

A M. et Mme Henri Thibon

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