AUBE
Et l'aube m'a surpris en songeant à tes yeux. Tes yeux où je me plais à mirer ma folie, Et dont la pureté me rappelle les cieux. Saints flambeaux éclairant ma jeunesse pâlie !
Et tandis qu'une flamme étrange se levait A l'horizon blafard, lourd d'une nuit croulante, Mon cœur plein de ton cœur exquisement rêvait Au bonheur de t'avoir, docile et frissonnante.
O Femme, ta tendresse enveloppait mon cœur Frémissant au baiser des pourpres matinales, Et les cloches de fer du sein des cathédrales Lançaient dans les faubourgs leur angélus vainqueur !
Aube, réveille-moi. D'un sourire charmant Eclaire ma chimère et guéris la fêlure D'un cerveau rajeuni par le rayonnement De ton âme amoureuse et de ta chevelure !
A "Jean Bertheroy