LA VIEILLE MAISON
Sais-tu, passant, quelle est l'histoire Que renferment ces murs très vieux.
Murs que connurent tes aïeux, Dont tu gardes, fier, la mémoire ?
La maison, c'est l'Ame du monde Contenue en un cadre étroit ; C'est ta naissance, c'est ton droit, C'est ta compagne frêle et blonde.
C'est ton pays en qui tu crois.
C'est ton passé clair, sans orage.
Ensoleillant ton avenir.
Ressuscitant un souvenir Inoubliable du jeune âge.
Qui, dans ton cœur, ne peut mourir.
Ce sont mille chansons païennes ; C'est la gloire de l'un des tiens ; Ce sont les vieux noëls chrétiens, Ce sont des amours très anciennes, C'est ta vie et tu la retiens !
Que tu sois cet enfant prodigue, Dédaigneux du foyer béni Où naquit ton rêve infini.
Et que tu sentes la fatigue.
Ton cœur verra le toit jauni.
Et si ta course est vagabonde Et que tu meures loin des cieux De ta jeunesse et des aïeux.
Regarde ta chaumine blonde Qui se dresse devant tes yeux.
Ecoute l'âme solitaire De ton clocher plaindre ton sort Et, sonnant le glas de la Mort, Bercer ta suprême chimère, Compagne du dernier effort !
A M"^^ Olga Handerson