‹ Sur le vieux clavier; poèmesChapitre 54 sur 63 · LA PAYSE · texte numérisé non relu

LA PAYSE

Sur le sentier des pâquerettes, Des boutons d'or et des pavots, Reine parmi les plus coquettes, Elle allait sur le bord des flots.

Drapée en une robe grise, Faisant tressaillir tous les cœurs.

Sa grâce raillant les honneurs.

Humble payse !

Les gas un jour ne l'ont plus vue Près des gaves aux flots troublants, La bergère n'est plus venue Lorsqu'à souri le frais printemps.

La gloire vaine nous l'a prise, Elle a des robes de velours ; Elle est la reine des faubourgs, Riche payse !

Mais un beau soir sur la montagne, Tandis que la brise chantait, Ployant les blés dans la campagne.

Une femme blonde rêvait Mais n'était plus en robe grise, Et l'écho murmura chagrin :

" Enfant prodigue du Destin, " Reviens payse ! "

Lors, sur le vieux sentier, errante, La belle cueillit des bluets.

En fleurit son âme souffrante Devant les horizons muets ; Et ne pouvant vivre soumise Au lois du Vice, vers la Mort, Son âme vierge prit l'essor.

Pauvre payse !

A Colette Willy

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