‹ Sur le vieux clavier; poèmesChapitre 59 sur 63 · BALLADE DE L'ESPERANCE · texte numérisé non relu

BALLADE DE L'ESPERANCE

Me connais-tu ? J'ai les yeux pers, Ma robe est verte et je suis belle.

Je reviens, comme l'hirondelle, Bercer le cœur las des hivers.

Mon baiser calme la souffrance, Et je n'ai jamais déserté Le logis du déshérité.

Je suis l'éternelle Espérance !

Je parais dès que naît le jour.

Toute vierge m'aime et soupire. Car dans son âme je sais lire, Et je la mène vers l'Amour.

J'ai toujours vaincu l'impuissance, Et l'homme faible, révolté.

Me suivra quand j'aurai chanté...

Je suis l'éternelle Espérance !

Protectrice de l'univers, Fantôme bleu des agonies, Je dis des chansons infinies A l'âme qui brise ses fers.

Fontaine claire de Jouvence, Je verse des flots de beauté Au gueux que l'amour a tenté, Je suis l'éternelle Espérance !

Du ciel je suis fille et partout Je descends, fouillant les galères Où l'homme étouffe ses colères..

Oui, je suis le dernier atout Dans le jeu brutal de la chance.

Et je conduis l'Humanité Au seuil de l'Immortalité.

Je suis l'éternelle Espérance !

— Envoi —

Folie, agite tes grelots ; Victime, raille ta souffrance ; Mon rire chasse les sanglots.

Je suis l'éternelle Espérance.

A Léonïe et Lia Truilhé

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