‹ Sur Le Volvulus Chronique Du Côlon SigmoïdeChapitre 6 sur 18 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Du point de vue clinique, on peut définir le volvulus

sigmoïdien : l'ensemble des troubles auxquels donne

lieu la torsion de lanse sigmoïde autour de son axe

vasculaire. | | Les nombreuses études qui ont été faites sur cette

question ont montré d’une façon définitive quelles étaient

les conditions qui prédisposaient au volvulus, autrement

dit : qui le rendaient possible. La première de ces condilions, qui est évidemment indispensable, c'est une longueur anormale de l’anse sigmoïde et de son méso, La

seconde, qui, celle-là, n’est pas indispensable, mais qui joue tout de même un rôle considérable, c’est la mésosig-

moïdite rétractile, qui rapproche les deux pieds de anse. (1)

(1) C'est, en effet, depuis longtemps un lieu commun que d'admettre la mésosigmoïdite rétractile comme une des conditions prédisposantes du volvulus. Mais quelle est la cause de la mésosigmoïdite rétractile elle-même ? Sigmoïdite ; — inflammation de voisinage : Lelles sont les deux explications proposées ordinairement. Cependant nous trouvons dans l’article que Roux a consacré à l'Occlusion intestinale dans la Revue Médicale de la Suisse Romande de 189% ce passage suggestif : «Or l'infiltration du mésentère persiste quelque temps [après une crise d'occlusion]; puis elle est suivie d’une rétraction cicatricielle perpendi-

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Le mécanisme de la torsion a également fait l'objet de

quelques essais. Voici, en particulier, ce qu’en dit Forgue : « A l’occasion d’une réplétion excessive du côlon pelvien [chez les constipés] l’anse, inégalement alourdie, tant à pivoter sur elle-même dans le sens de la plus grande charge ». |

Au point de vue de l’étiologie : le sexe ne joue pas un rôle considérable ; on note une légère prédominance dans le sexe masculin. On a fait justice depuis long-

temps du préjugé qui voulait que le volvulus fut Papa-

nage de la vieillesse. Les individus atteints sont presque

toujours des adultes, vieux ou jeunes ; mais on à ob-

servé des cas chez lPenfant et même le nourrisson. Enfin tout le monde est d'accord pour signaler la plus grande fréquence de cette affection dans les populations des bords de la Baltique, sans qu'on ait pu déterminer, d’ailleurs, s’il s’agit d’une question d’alimentation ou d’une question de race.

Ces points de pathogénie, de mécanisme, et d'étio-

logie ne nous ayant pas retenu, nous en arrivons main-

culaire aux vaisseaux mésentériques (en tous cas beaucoup plus intense dans cette direction, en sorte que toute l’anse interceptée pendant l'accès continue à flotter comme un bouquet à pédicule plus ou moins ténu, prête à se tordre de nouveau ou à capturer à la façon d'un lazzo une anse voisine, ou l’épiploon ou tout autre organe à sa portée ». D'où il ressort que la mésosigmoïdite rétractile fait apparaître non pas

comme une cause de volvulus mais bien plutôt comme une conséquence

d'un volvulus antérieur. Ainsi s’expliquerait qu’on puisse constater, ainsi que cela nous est arrivé à nous-mêmes (voy. Obs. III) de la mésosigmoïdite en l’absence de toute sigmoïdite et de tout reliquat d’affection inflammatoire voisine. Cette théorie n'est reproduite par aucun

des auteurs qui ont parlé depuis du volvulus et de la mésosigmoïdite,

C’est pourquoi nous la rappelons en passant,

2e tenant à nous poser la question suivante : La lorsion de

pe.

l’anse autour de son axe, de quelle façon survient-elle ? Est-ce inopinément, comme un accident inattendu et

entraînant d'emblée une oblitération complète et défini-

tive de la lumière intestinale, c’est-à-dire une occlusion intestinale aiguë avec toutes ses graves conséquences,

ou bien les individus atteints de « mobilité du côlon » ne souffrent-ils pas, pendant longtem ps, de petites crises

d’oblitération incomplète et passagère avant d’en venir

aux accidents graves ?

’ … : s . . . . , A en juger d après les descriptions faites jusqu'ici, on pourrait croire à la seule existence du volvulus accident

soudain, se manifestant d’emblée par locclusion aiguë.

Or rien n’est plus contraire à la vérité et le volvulus se

présente presque toujours pendant longtemps comme =

une affection chronique, avant d'aboutir aux accidents très graves qui sont seuls généralement décrits. Ces troubles d’ordre chronique, à la vérité, n’ont pas

échappé aux auteurs qui ont étudié la question d’un peu

près. C’est ainsi que Roux avait parlé de la « phase mé- dicale » de la maladie et que Forgue à décrit des «acoidents prémonitoires». Mais personne avant Lefebvre (1) (de Toulouse) n'avait eu (du moins à notre connaissance), l’idée, que nous reprenons à notre compte, de considérer l’ensemble des troubles d'ordre chronique auxquels peut donner lieu la torsion de l'intestin comme constituant la période d'état d’une maladie dont l'occlu-

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