DÉFINITION DÉLIMITATION DU SUJET
Les tumeurs, a dit le Prof. P. Dezper, — toute définilion étant forcément incomplète, imprécise et provisoire — sont des néoformalion engendrées par une suractivité désordonnée, progressive où au moins permanente des éléments cellulaires.
Elles naissent aux dépens des tissus conjonctifs ou épithéliaux, s’accroissent localement et centralement si elles sont bénignes, S'infiltrent par des prolongements périphériques dans les tissus et se généralisent si elles sont malignes.
Ces tumeurs malignes : conjonctives (sarcomes) et épithéliales (épithéliomes), constituent les cancers. Nous comprendrons, avec Roussy et Wozr (1), sous ce terme : « les néoformations qui n'ont pas la structure des processus inflammatoires ou parasilaires connus, qui ont tendance à persister et à s’accroître, qui sont douées de propriétés envahissantes et destructives, qui font des métastases, qui récidivent après ablation, qui tuent par cachexie, et qui sont inoculables en série dans une même espèce animale ».
: Pour se développer, le cancer exige un ferrain favorable à la formation duquel contribuent, pour une part
variablement importante suivant les espèces et les imdividus : l’âge, le sexe, la race, l'organe... Ce sont là les facteurs de prédisposilion générale au cancer. Tout en consacrant à leur étude respective un chapitre propre, nous les avons groupés dans la deuxième parlie de ce travail qui content, au surplus, ce que nous savons sur la contagion du cancer.
Quand l'organisme est devenu cancérisable, le cancer n'éclate qu'autant qu'une ou plusieurs causes délerminantes vont agir sur une ou plusieurs cellules. Ces causes nous sont habituellement inconnues et le mécanisme pathogénique rigoureux de leur action nous échappe toujours. Mais nous connaissons quelques agents : mécaniques, physiques, chimiques, animés, susceptibles de créer des lésions inflammatoires qui subiront l'involution cancéreuse. Nous savons aussi que certaines tumeurs bénignes peuvent devenir malignes. Aussi ces lésions inflammatoires et tumorales portent-elles le nom d'élals précancéreux. Leur description constitue la troisième parle de cette étude.
La première partie à trait à l'histoire du cancer animal el aux rapports de fréquence des tumeurs entre elles.
Ce travail, qui n'est point un traité du cancer expéri- : mental, a pour base l'Anatomie Pathologique. Il ne con- Uent qu'autant qu'elles sont strictement utiles, les don-' nées de Bio-Chimie où de Physiologie pathologique.
Volontairement nous avons délaissé l'étude de tout facteur, par trop discutable, où qui n'eût point intéressé la Pathologie Comparée.