‹ Sur les causes du cancerChapitre 5 sur 114 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

M. le P' Canior (2) à fort justement écrit : « Jusqu'à la fin du 18° siècle, les savants ont douté de l'existence du cancer chez les animaux. Et, dans son mémoire sur les « Maladies communes aux hommes et aux animaux », paru en 1783, Camper, en reproduisant l'opinion généralement acceptée : « Les animaux ne paraissent pas sujets au cancer », pense que ce privilège doit tenir à la brièveté de leur vie »

Ce n'est pourtant pas que l'existence, chez les animaux, de tumeurs comparables à celles de l'homme, n'ait été reconnue par les plus anciens auteurs qui se sont occupés de Pathologie Comparée. Mention en est faite dans les écrits des Grecs et des Latins, et dans les travaux des premiers auteurs français et italiens, des hippiâtres : Garsault, Solleysel. Mais c'est exclusivement à Huzard, au 18° siècle, que revient le mérite d'avoir fourni, à leur sujet, quelques notions exactes, et d'avoir montré leur fréquence chez les carnivores, le chien notamment. Ainsi le premier travail précis sur le cancer animal apparlient à l'Ecole francaise qui peut re-

vendiquer, du reste, l'essentiel de Fœuvre importante du 19° siècle.

A l'orée du 19° siècle, FRomMAGE DE FEUGRÉ, FAILLARD, 3.-B. Gonrer (1813) signalent plusieurs cas de tumeurs. Les néoplasmes indéterminés, observés par GOHIER, siégeaient l’un dans les cavités nasales, l'autre dans lestomac d'un chien.

En 1817, Dupuy, de l'Ecole d'Alfort, fait une étude des tumeurs chez les animaux domestiques en les distinguant de la tuberculose avec laquelle la plupart étaient jusqu'ici confondues. Vers celle même époque, Gaspa- RIN (3) en donne une descriplion anatomo-pathologique assez complète. LAFOSsE, GomtER, CRÉPIN publient quelques vagues observations de tumeurs. En 1826, Hur- TREL DaARBovaL développe, dans son Dictionnaire, la symplomalologie des néoplasmes. DELAroY (4) décrit un cancer énorme du colon du cheval. U. LeBLaxc (5) (1826). LAFoRE (6) appellent ostéo-sarcome l'ostéite actinomycosique du maxillaire inférieur des bovidés.

Ce durant, en Angleterre, DELABARE, BLAINE, Wire, PERCIVAI, YowaLT constatent, sans les décrire, l'existence de cancers du cheval, du bœuf, du chien.

Dès lors la question est reprise par un grand nombre d'observateurs : Trousseau et U. LEBLANC (7) (1828), Ax- DRAL ; en Allemagne, GErraAcu (1842) ; H. BouLey, Bro- CA, C. LEBLANC (8) (1863), Trasbor, PLicQuE (9) (1889)... entre aulres. ANDRAL, GERLACH (10) décrivent la pathologie et de la thérapeutique du cancer. H. BouLey (11) publié, en 1844, une observalion très détaillée de tumeurs du foie. Le 31 août 1852, U. LeBLanc lit à l'Académie de Médecine son important mémoire : « Des recherches

sur les cancers: », {ravail considérable où se trouve, en plus de 60 observations personnelles, lou ce qui a élé écril sur ce sujet, et où est faite, pour la premiere fois, en Pathologie Comparée, une étude histologique sérieuse. En 1857, Broca, résumant ses immenses travaux dans l'article Cancer du Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie Vétérinaires de BouLey et REynar, détaille, avec minutie, tout ce qui se rapporte au cancer, et notamment l'anatomie pathologique macroscopique et microscopique. Il distingue des cancers (carcinomes) et des pseudo-cancers (sarcomes, chondromes, fibromes, adénomes, épithéliomes).

Parmi les travaux d'ensemble, l'un des plus importants et des plus instruclifs est la Pathologie des tumeurs animales qu'UrBaN LEBLANcC (12) publie en 1858. S'appuyant sur plusieurs centaines d'observations personnelles et sur 62 cas relatés dans les Journaux vétérinaires, U. LEBLanc signale notamment que le cancer, assez rare chez les solipèdes et les bovidés, mentionné une seule fois chez le porc, inconnu chez les oiseaux, frappe avec prédilection les carnivores. El chez ces derniers, sa marche est, en général, plus rapide que chez les herbivores.

DELAFoND, dans ses Lecons et devant l'Académie de Médecine, Gourpox dans son ouvrage de chirurgie, La- FOSSE parlent des tumeurs des animaux domestiques. Gourpox et Larosse classent, avec LEBLANC, les tumeurs en squirrheuses, encéphaloïdes et colloïdes,.

En Ilalie, P. ORrEsTE et S. FarconIA donnent, en 1866, une description des différentes tumeurs animales, dans lesquelles ils englobent le tubercule.

co

Enfin TrasBor (13), en 1869 et 1870, rédige avec ses observations personnelles un historique très complet du cancer animal.

Maintes des remarques anciennes au sujet de Ja fréquence du cancer animal, de ses localisations, de ses caractères el de sa marche, ont été depuis rectifiées par les savants nombreux qui ont étudié systématiquement les tumeurs animales. CADIoT, GizBErr et Rocer (14) ; CapéaAc (15), G. PerTir, V. Bazx, en France — Gran et laëNaux (16) en Belgique — Rocer WicLiams (17), Basn- FORD, Murray (18), en Angleterre — Casper (19), FRon- NER (20), STicKER, en Allemagne — qui ont publié une série d'importantes recherches sur la question.

Tout récemment, Roussy et Worr (21) ont consacré plusieurs études remarquables au cancer animal, spontané et provoqué.

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