I. — RÉGIME ALIMENTAIRE GLOBAL
Pour la plupart des cancérologues, le régime alimentaire global quel qu'il soit, carné, végétarien ou mixte, ne joue aucun rôle important parmi les facteurs de prédisposition générale au cancer. L'existence du cancer chez les différentes espèces d'animaux semble avoir ruiné une thèse, soutenue d’ailleurs plus encore en médecine humaine qu'en pathologie comparée.
Les premières observations du cancer des oiseaux faites par Loyer et Rousseau, en 1843, sur les aigles et les vautours, la fréquence du cancer chez les carnivores, avaient frappé les chercheurs. Et, avec LEBLanc (97), Trassor notamment, ils incriminaient l'alimentation carnée comme cause prédisposant au cancer. VERNEUIL (98), accusaleur convaincu de l'alimentalion carnée, se demandail même si la viande de porc n'était pas spéciale-
ment nocive pour l'homme.
Malheureusement pour celte hypothèse, Lous savent aujourd'hui que les herbivores sont atteints comme les carnivores. Chez ces derniers même le cancer ne frappe pas plus souvent ceux recevant une nourriture presqu” exclusivement carnée que les autres.
De fait, 1l a été impossible de rendre les animaux cancéreux en les soumettant à des régimes alimentaires spéciaux. À cet égard, rien n'est plus faux que la remarque de LEBLANC, à savoir que les chiens soumis à une alimentation carnée el privés d'exercice, tenus à l’attache ou séquestrés sont plus souvent que les autres atteints de tumeurs.
Aucun fait n'appuie non plus l'hypothèse suivant 1aquelle le chlorure de sodium des aliments expliquerait le cancer du tube digestif ; l'eau, les crudités (Merci KOFF) Joueraient un certain rôle. Au contraire, tout ce que nous savons en pathologie comparée s'inscrit contre. Pour ne donner qu'un argument, qui n'aurait observé fréquemment sans cela le cancer de la caillette chez les
ruminants, si friands de sel gemme ?