‹ Sur les causes du cancerChapitre 50 sur 114 · II. — LE CANCER SPONTANÉ · texte numérisé non relu

II. — LE CANCER SPONTANÉ

A. Expérience fondamentale.

Dès que l'on expérimente sur les animaux domestiques, du reste, 1l est bien facile d'établir que le cancer n'est pas contagieux. CaDIoT, GILBERT et RoOGER (14) font cohabiter, des mois durant, des chien âgés cancéreux avec des sujets sains. Et malgré que les épithéliones soient ulcérés, la niche étroite, la litière rarement renuvelée — toutes conditions favorables à la contagion du mal —, ils n'observent, même au bout d’un an, aucun fait de contagion.

B. Critique et explication de quelques faits.

Les assertions de Bupp (127) qui aurait vu: 1° un chien contracter un cancroïde en léchant les lèvres épithéliomateuses de son maître ; 2° un vieillard possédant un chien carcinomateux mourir d’un cancer de la vésicule biliaire ;

de BuLor (56) qui rapporte une observation semblable à la première relation de Bupp :

de Hazz (128) qui signale la transmission à un homme du sarcome d'un cheval qu'il soignait ;

de Kurm et Gross (129) qui citent deux cas où des bœufs auraient contagionné des hommes,

oi

ne sont que coïncidences, en admettant — ce qui n’est

pas du tout prouvé que le diagnostic de cancer soit exact.

Nombre de cancers endémiques des bovidés ont trait à l'aclinomycose (Canior). Quant aux papillomes contagieux, transmissibles entre animaux de même espèce (bœuf, chien [Capéac (130)]) ou d'espèces différentes, ce sont bien plutôt des lésions infectieuses que des néoplasmes. Et l'on s'explique alors la transmission des verrues du pis ou des trayons de la vache à la main de l'homme pendant l'acte de la mulsion.

C Contagion par les ingesta et par les rapports sexuels.

1° Ingesla. Depuis longtemps la science a fait fi de la contagion par les ingesta solides ou liquides. Et il n'y à plus qu'un intérêt historique à rappeler les faits dont on appuyait semblable thèse : près d'un foyer cancéreux, tel auteur mentionne qu'un propriétaire perdit coup sur coup deux chiennes de cancer de la vulve (CaDroT).

2°) Rapports sexuels. Il en est de même de la transmission du cancer par les rapports sexuels.

On sait bien aujourd'hui que le prétendu Iymphosarcome, étudié par STICKER (131), WasHBourN (132), et qui se transmet entre chiens par le coït, est une lésion très spéciale, rappelant plutôt la structure des végétalions inflammatoires que celle d'un lÿmpho-sarcome ou d'un sarcome. Et dès lors, rien d'étonnant à ce qu'un chien, à sarcome de la verge, transmette cette lésion à 11 chiennes sur 12 qu'il couvre, comme le relate Smrrn Wasupourn. Trois de ces chiennes, à tumeurs vaginales,

la Lransmirent à un fox-terrier. qui infecta, à son tour, 1 chienne sur 2 qu'il couvrit. Tous ces animaux moururent de cachexie.

Pour BasnrorDp, Murray et CraMER, ce serait d’ailleurs contrairement aux dires de Snicker (133), BEEene et ExuxG (134), une lésion infectieuse.

D. Contagion du chirurgien.

Faisons remarquer enfin qu'il n'existe aucun fait de contagion de chirurgien par le cancer animal.

Tout cela est fort instructif pour la médecine de l'homme ! C'est un argument éloquent contre les défenseurs des maisons à cancer ; contre ceux qui croient à la contagion professionnelle du chirurgien ou à celle de l'individu sain par des liquides cancéreux, à la transmission du cancer par les rapports sexuels |

Bazin (135) qui, ces dernières années, rapporta plusieurs observations de maisons à cancer, en faisant toutes réserves sur l'hypothèse de la contagion, remarqua que la durée de l'incubation, au cas où l’on admettrail la contagion, varie entre 2 et 12 ans. La tumeur pourrait donc n'être que la manifestation ultime d’une infection silencieuse dont les accidents primaires et secondaires auraient passé inaperçu (Bazn), ou plus généralement la conséquence d'une longue action des agents cancérigènes.

CHAPTFRE IX

Page 1