‹ Sur les causes du cancerChapitre 51 sur 114 · I. — SOURIS · texte numérisé non relu

I. — SOURIS

A. Observations.

Maup SLYE (136), de Chicago, ayant observé en une dizaine d'années plus de 500.000 souris provenant de 3 souris saines, note qu'il est, à côté de lignées indemnes de cancer ou à cancer très rare, des lignées où toutes les générations en portent de toutes sortes, et surtout des séries atteintes de la même forme d'épihéliome ou de sarcome, réapparaissant à intervalles réguliers, tantôt sur le même organe, lantôt sur des organes différents, voire même que tel organe fait plulôt du cancer secondaire et fixe ses mélaslases à tel endroit. D'où Miss SLvE conclut, pour l'homme comme pour le règne animal, à une hérédité cancéreuse rigoureusement spécifique, quant au siège où à la nature de la tumeur. Et, d’après

ses expériences de croisement, elle affirme même, ce que confirme Lors, que cette ‘hérédité suit les lois de MENDEL..

Wezcs (137) insiste pareillement sur le rôle prédisposant du facteur héréditaire. Wacnrez (138) n'hésite pas — tout comme Miss SLYE — à appliquer les données fournies par les souris cancéreuses à la pathologie humaine.

B. Objections et Critique.

Malheureusement les lois tirées de l'observation des souris ne sont pas plus applicables à l'homme qu'aux animaux domestiques. Le cancer des souris est un cancer un peu spécial. Fütal assimilable à celui des autres animaux, que l'application aux seules souris des lois de l'hérédité cancéreuse conduirait à des conclusions non seulement fausses, mais absurdes.

Produisons, en effet,- par badigeonnage au goudron, le cancer de la nuque chez les souris. D'après la loi de l'hérédité de tissus et d'organes, ces souris « auraient eu, sans Intervention de l'expérimentateur des cancers de la nuque et leurs ascendants avaient eu des cancers de la nuque. Or on n'a pas encore observé de cancer spontané de la nuque chez la souris » (Prof. P. Der- BET) (96).

Du reste, Borrez (124) notait déjà, en 1907, que les expériences faites à l'Institut Pasteur sont contraires à la notion d'hérédité. « Des souris filles issues sûrement de mères cancéreuses, ont été gardées 2 et 3 ans dans des cages neuves ; elles ont pullulé en famille et jamais il ne fut possible de constater l'apparition de cancers

spontanés ». Or, la souris donne, en un an, trois généralions |

Si Ton en croit les statistiques du Midlesex Hospital les descendants de cancéreux seraient même mieux protégés contre le cancer que les descendants d'une souche non cancéreuse.

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