IV. — GASTRITE ET TUMEURS
A. Polyadénome.
1° Descriplion des lésions. — L'estomac des vieux chevaux présente souvent des lésions inflammatoires au niveau du cul de sac droit. La muqueuse grisâtre, exagérément épaissie, a une surface irrégulière et plissée : les plis muqueux, pressés les uns contre les autres et séparés par des sillons, sont recouverts d'une couche épaisse de mucus très adhérent.
À l'examen microscopique, l'allongement extraordinaire des glandes atlire l'attention. Par suite de la mulüplication des cellules glandulaires vers le fond des glandes, celles-ci s’allongent et leur extrémité borgne se contourne au contact de la muscularis mucosæ 1inacte. Les cellules à pepsine ont disparu.-Le tissu conjoncif interglandulaire, plus abondant qu'à l'état normal, est infiltré de pelites cellules rondes embryonnaires.
2° Diagnostic el Palhogénie. — Ces lésions, tout à
fait comparables à celles décrites par MÉXÉTRIER (192) chez l'homme, sous le nom de polyadénome en nappe, ont d’ailleurs reçu de V. Bazz (193) en 1906, la même appellalion, en pathologie comparée, MaroreL. (27) les a décrites sous le nom d’ « hypertrophie glandulaire simulant des tumeurs de l'estomac ».
En 1907, G. Perir et R. GErMAN (194) qui en font une description minutieuse, les dénomment, avec Krrr (195) : gastrite chronique hypertrophique, attestant par là qu'elles relèvent seulement de phénomènes inflammatoires et non d'un processus tumoral. d
À vrai dire, si la lésion semble bien constituer une tumeur (adénome tubulé à cellules cylindriques), il est logique de penser, avec Haye, que la gasirite peut être favorable à son développement. G. Perrr et R. GrrxaIN (194) n'ont-ils pas écrit d'ailleurs que les adénomes de l'estomac (adénomes polypeux) du cheval, d’une manière générale, étaient des productions sûrement inflammatoires et qu'ils coexistaient toujours avec la gastrite chronique ?
Ces adénomes sont diffus (polyadénome er nappe) ou localisés (adénome ou polyadénome polypeux). Ils peuvent subir — et nous intéressent par là — l'involution
cancéreuse.
B. Phlegmon et cancer.
Signalons enfin que G. Perir (196) a observé le cas curieux d'un cancer du cul de sac gauche, développé aux
dépens d'un phlegmon ancien.