‹ Sur les causes du cancerChapitre 73 sur 114 · OBJECTIONS · texte numérisé non relu

OBJECTIONS

Tels sont les faits qui militent en faveur de l'influence des causes irritantes dans la pathogénie du cancer. Nous nignorons certes pas les objections qu'on oppose à celte théorie.

Les mêmes agents irrilants: traumatiques, physiques, chimiques ou toxi-infectieux, que nous venons d'étudier, créent le plus souvent de simples lésions inflammatoires n'ayant aucune tendance à subir l'involution cancéreuse.

Il en est notamment ainsi de nombreuses cicatrices, fistules.... Pour Capror (46) même, le mors du cheval malgré ses pressions continuelies sur la langue et les lèvres, les frottements répétés des harnais, le collier des chiens... n'auraient Jamais fait naître une tumeur. Ce qu'ils engendrent d'ordinaire, ce sont de pseudo-tumeurs inflammatoires. Et elles sont fréquentes au niveau du bord antérieur de l'épaule et du métatarse chez le cheval. Le Musée d'Anatomie Pathologique de l'Ecole de Lyon recèle une de ces énormes productions inflammatoires mélatarsiennes.

N'est-ce pas également un fait plein de mystère, que la mamelle de la vache soumise à un travail intensif ct très exposée aux inflammations, soit rarement cancéreuse ? Aussi PELLER (197) a-t-1l pu écrire, à propos de et la remarque est vraie pour la vache —

la femme que l'allaitement et la mastile ne peuvent êlre considérés comme favorisant la production du cancer.

Il n'est pas d'exemple non plus que la cautérisalion si fréquemment employée dans la chirurgie des tares

osseuses des membres du cheval, ait jamais été suivie de l'apparition d'une tumeur.

La présence chez les carnivores de l'épithélioma de la lèvre, tout à fait assimilable à la même lésion de l'homme, n'écarte-t-elle pas la théorie irritative, soutenue en médecine humaine: à savoir que la syphilis et les brûlures déterminées par l'usage des pipes à court tuyau, créent une plaque de leucoplasie, prédisposant à ce cancer.

De même, l'ulcéro-cancer n'a jamais été observé en pathologie comparée. Et ce n'est pourtant pas que les ulcères simples stomacaux, comparables aux ulcères humains, soient rares, notamment chez le chien, et que des ulcérations plus ou moins profondes et étendues n'aient été signalées chez le cheval. Ici les faits semblent donner raison à TriPler (198) et PaTERsoN (199) qui, en médecine humaine, niaient tout rapport entre l’ulcère et le cancer.

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