‹ Sur les causes du cancerChapitre 87 sur 114 · I. — MICROBES DIVERS · texte numérisé non relu

I. — MICROBES DIVERS

Il va sans dire que les microbes étudiés par ces auteurs sont de vulgaires saprophytes et que jamais leur inoculation n’a fait naître une tumeur. Ainsi en est-il notamment, pour les tumeurs de la souris, du staphylocoque blanc que Doyen (223) nommait micrococcus neoformans, des spirochèles recueillis par BorreLz (224) GayLorp (225), Cazrivs (226), Tyzzer (227). Les spirochètes existent tout aussi bien d’ailleurs chez les souris normales (Wexxox, 1906) (228). Aussi est-il vraiment

bizarre que NeGre (146) soulienne encore que l'infection spirillaire des souris semble avoir une action favorisante sur le développement du cancer.

RoGER (229) a prétendu que le microbe du cancer élail très répandu dans la nature et que les animaux présentaient une certaine immunité à son égard.

En 1925, Ocusxer, Lonpox et Mc CorMAcK ont incriminé le microcoque de Nuzum (230), le microbe de Glovers (231). BLUMENTHAL (232) isole, dans la !ymphe cancéreuse de l'homme et du chien, dix espèces de bactéries, dont l'inoculation produit des tumeurs chez le rat.

Tous ces agents infectieux sont des saprophytes. Pour être probantes, les expériences de BLUMENTHAL eussent dû être réalisées sur d’autres animaux que le rat. Celuicl, qui présente fréquemment des tumeurs spontanées, fait, au surplus, du cancer sous les causes les plus diverses et les plus banales, de sorte que l'on ne peut jamais induire d'un fait observé sur le rat, une loi pour l'ensemble des espèces animales. C'est assez dire que nous ne croyons pas à l'hypothèse émise par REICHERT, GxE et BarNarD (232) d'un virus invisible attaché aux bactéries de BLUMENTHAL, et qui serait l'agent principal humorigène.

Enfin, en mai 1926, GrumBacu (72) détermine, à l'aide d'un corynébacille, chez les cobayes qui survivent 200 ]. à son injection sous-culanée, intra-veineuse ou intrapérilonéale, des tumeurs bénignes pulmonaires (adénomes, adéno-chondromes) dont quelques-unes ont tendan-

ce à prendre les caractères du cancer.

« Mais 11 a soin de faire remarquer qu'il ne s'agit là nullement pour lui d'un « bacille spécifique » de ces tumeurs, mais bien d'une réaction de l’épihélium bronchique ou alvéolaire du cobaye à l'égard d'une irrita- Lion chronique appropriée. Il manque aux tumeurs provoquées par M. GruüMmBAcH, pour permettre d'affirmer leur nature cancéreuse, le critérium biologique que l'on est en droit d'exiger en matière de cancer expérimental : la possibilité de la reproduction à distance ou des greffes en série dans la même espèce animale » (Rapport de M.

le Prof. G. Roussy) (72).

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