ARTICLE PREMIER GLANDE HÉPATIQUE I. — FOIE
A, Adénome trabéculaire,
Les adénomes du foie ne sont pas rares en pathologie comparée, surtout sous la forme trabéculaire, encore qu'il en soit fait mention seulement par V. Barz, Morer. L. BLaxc (27). Nous en avons recueilli de nombreux cas,
que nous nous proposons d'ailleurs de publier. Toutes nos observalions ont été faites sur des chiens âgés et, chose curieuse, nous avons constamment vu coexister ces adénomes, toujours multiples, avec d’autres tumeurs: le plus souvent avec des adénomes ou épithéliomes surrénaliens, mais aussi, 11 est vrai, avec un épithélloma cylindrique des cavités nasales, un sarcome de la cuisse droite, un épithéliome acineux du pancréas, une tumeur de la base de la queue, un néoplasme périnéal.
La plupart des sujets, cardiaques, présentaient dans un foie légèrement hypertrophié et graisseux, des nodules plus où moins nombreux, irrégulièrement disséminés sur les deux faces, à la surface et dans l'épaisseur de l'organe, du volume variable d’une pointe d'épingle à celui d'une grosse noix, de couleur rougeûtre, Jaunâlre, quelquefois piquetée de vert.
Notre observation N° 7 est, à cet égard, tout à fait lypique.
Observation personnelle N° 7.
Chienne très âgée, de taille moyenne, de race commune, en très bon état.
A l'autopsie: congestion des divers organes liée à des lésions de néphrite chronique double et d'endocardite chronique valvulaire tricuspidienne et mîtrale, Tumeur des surrénales et tumeur à la base de la queue.
Le foie: assez volumineux, congestionné, rouge orangé, présente sur sa face antérieure une douzaine de nodules adénomaîeux, plus où moins saillants pour la plupart, dont les dimensicns atteignent, au maximum, celles d’une grosse noix. Les petits, jaune rosé, non saillants, du volume maximum d'une tête d'épingle, sont irrégulièrement répartis dans le lobe gauche et le lobe môyen droit. Les plus gros, grenut, quelquefois tachetés de jaune, se trouvent dans les lobe gau-”
che et moyen gauche. Leur consistance est sensiblement égale à celle du parenchyme environnant.
Sur la face postérieure du foie se trouvent également quelques nodules rouge orangé, peu saillants, de la grosseur d'un petit haricot ou d’une noisette. Igæ lobule de Spigel est, en partie, transformé en un boudin jaune rosé, mou, dont la surface est creusée par de nombreux vaisseaux dilatés, noirâtres, très apparents.
A la coupe du foie, s'échappe une certaine quantité de sang. D'une manière générale, les adénomes apparaissent ovoides, de couleur lilas, plus clairs que le reste du parenchyme avec lequel leur périphérie se confond plus ou moins. L'un d’entre eux, le plus gros, est parsemé de 6 à 7 petits foyers verdâtres rétention biliaire). Certains moyens adénomes qui, extérieurement se distinguaient à peine du parenchyme par leur fon jaune rosé, s’en différencient avec netteté, sur la coupe, var leur couleur olive. Les petits nodules jaunâtres s’enfoncent à peine dans la profondeur de l'organe. Le lobule de Spigel sectionné a une couleur lilas et ne présente plus l’aspect du foie.
Microscopiquement l'adénome, distinct du tissu hépatique, xeproduit assez exactement la structure du foie. Seulement les travées sont plus larges que les trabécules normales, et la division du parenchyme en lobules de Kiernan n'existe plus. Entre les boyaux néoplasiques, les capillaires sanguins, dilatés à l’extrème, sont gorgés de sang. Certaines cellules contiennent des cristaux de bilirubine (infiltration biliaire).
Ce sont là les caractères que l’on peut étudier d'ordinaire. En aucun cas, nous n'avons observé l'involution cancéreuse de ces adénomes.
Ce n'est pourtant pas que, comme MÉXÉTRIER, nous n'ayons été frappé des liens qui semblent unir l'adénome ainsi décrit à l'épithéliome lrabéculaire. Nous avons no- 6, en effet, dans un foie de bovidé notamment, que les
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travées cancéreuses, tout comme des boyaux adénomateux, avaient conservé la plupart des caractères de Ja cellule hépatique normale, la distinction fondamentale entre ces deux lésigns lenant pour nous essentiellement à la minceur des trabécules épithéliomateuses, à Ia disparition complète de l'architecture hépatique, à la plus vive coloration de la cellule cancéreuse. Fait singulier, nous avons pu voir, dans le cas qui nous occupe, la tumeur maligne, tout comme un adénome trabéculaire, neltement délimitée, sertie même, par endroits, d'une capsule fibroïde.
En tous cas, si nous avons tenu à souligner ces faits, il n'en reste pas moins que l'existence de l'adéno-épithéliome trabéculaire, pour logique qu'elle paraisse, est
encore à démontrer.
B. Adénome de Sabourin.
Ce que nous vimes, c’est, malgré l'apparence bénigne de la lésion, l'effraction d'une veinule porte, par un noyau tumoral, dans le foie sclérosé et adénomateux du veau, dont nous avons donné la descriplion (voir page 111).
Observation V. Ball, Ch. Lombard. — Dans la lumière d'un gros rameau porte, on aperçoit la saillie d'un nodule adénomateux développé près du vaisseau. En un point de la paroi veineuse refoulée, il existe une petite perforation arrondie laissant voir le tissu néoplasique jaune sous-jacent,
Il peut donc sembler que celte pénétration des veinules du foie constitue suivant l'expression de Braurr et LeGry (111) « le caractère d’infectiosité » qui indique, en dépit de la conservation de la structure, la transformalion adéno-épithéliomateuse.
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Soulignons que les vieilles publications médicales décrivent sous le litre d'adéno-carcinomes des tumeurs observées dans le foie des solipèdes ou des bovidés, et parfois associées à la cirrhose. Il s’agit indiscutablement d'épithéliomas glandulaires et non d'adéno-épithéliomes.